Rencontre avec LUC BESSON

A l’occasion de la sortie en Finlande de « Arthur et les Minimoys », Luc Besson est venu présenter son film et, semble-t-il, à 47 ans, tirer sa révérence en tant que réalisateur. Il avait, en effet, annoncé qu’après dix films, il arrêterait sa carrière. Or « Arthur et les Minimoys » est son dixième long métrage et, après 30 ans de métier, il se dit fatigué : « La passion n’est plus la même qu’à 20 ans, et j’ai peur de me répéter. » Il ne renonce pas pour autant au cinéma puisqu’il continuera comme scénariste et producteur, et n’exclut pas l’idée de donner une suite aux aventures d’Arthur… peut-être même une trilogie (?)

Dans ce premier épisode, Arthur est un petit garçon fasciné par les histoires que lui raconte sa grand-mère. Il découvre dans un vieux grimoire laissé par son grand-père, disparu mystérieusement il y a quatre ans, des indices suggérant qu’un trésor est caché dans le jardin de la maison. Bien décidé à dénicher le trésor pour sauver la maison familiale menacée d’expropriation, Arthur va devoir pénétrer dans un autre monde, le royaume d’êtres minuscules appelés Minimoys, et, pour ce faire, rétrécir et devenir un Minimoy lui-même…

Bien qu’il n’y ait pas de chansons dans le film, Luc Besson a fait appel à de nombreux chanteurs pour le casting vocal. Et cela marche. « Ce qui est bien avec les musiciens, c’est qu’ils savent placer leur voix. C’est tellement facile de travailler avec eux. » Il a fait passer le mot à tous les distributeurs internationaux, et cela fonctionne bien dans un tas de langues.

Quand on demande à Luc Besson comment il a réussi à avoir tous ces grands noms tels que Madonna, Robert de Niro, David Bowie, Mia Farrow et Snoop Dogg pour la version anglaise, il répond tout simplement : « Il suffit de les appeler ! » Certains d’entre eux sont des amis, mais Luc Besson s’est fait aussi un nom de l’autre côté de l’Atlantique avec Le Grand Bleu (1988), Nikita (1990) et Léon (1994). Snoop Dogg, par contre, il ne l’avait jamais rencontré, mais « dans tous ces gangs rasta, je suis le roi. Mes films me valent un énorme fan-club là-bas. Je suis “supercool”. La seule chose qui les étonne, c’est que je sois blanc ! » Il n’en demeure pas moins très prudent lorsqu’il s’agit de business avec les Américains : « Je travaille avec eux, mais je ne travaille pas pour eux. » Il estime qu’il faut les maintenir à distance et, à ce propos, cite la Chine comme modèle : « En Chine, seulement 20 % de films étrangers sont autorisés par an. Ils défendent le cinéma chinois, et ils ont raison. »

Aline Vannier-Sihvola
Helsinki, mars 2007