Entretien avec GUILLAUME MAIDATCHEVSKY

Guillaume M.

Guillaume Maidatchevsky est un réalisateur français spécialisé dans les documentaires animaliers mais il préfère se définir comme un conteur d’histoire… animalière, en l’occurrence. Après avoir réalisé cinq films, il signe en cette fin d’année 2018 son dernier opus « Aïlo, une odyssée en Laponie », un conte animalier qui suit les aventures d’un petit renne, de la naissance à l’âge adulte, dans ses pérégrinations à travers les paysages grandioses de Laponie. Dans ce film, les animaux ne sont pas perçus comme les membres d’une espèce mais comme des personnages à part entière, des individus avec leur caractère propre, différents les uns des autres.
[« Ailo – pienen poron suuri seikkailu » – sortie en Finlande le 21 décembre 2018
« Aïlo, une odyssée en Laponie » – sortie en France le 13 mars 2019]

Vous avez réalisé à ce jour six longs métrages – y compris « Aïlo » –, tous des films documentaires animaliers, d’évidence votre spécialité. Quel a été votre parcours qui vous a orienté vers le genre documentaire, et plus spécifiquement le film animalier ?
J’ai fait beaucoup de documentaires animaliers – je ne filme, du reste, que de l’animalier – et, surtout, j’ai cherché à trouver un autre moyen d’intéresser un public plus large. Vu que le public de documentaires animaliers est déjà intéressé par le genre et ira donc voir le film, ce qui m’intéressait c’était de toucher une audience beaucoup plus large et, en ça, utiliser les codes de la fiction. Cela m’a paru intéressant pour toucher le plus de gens possible et sensibiliser le plus de gens possible à l’environnement et à la protection de la nature. Et donc, je pense et j’espère que le fait d’utiliser les codes du conte va attirer beaucoup plus de gens.

Quel est, dans la vie, votre rapport à la nature, aux animaux ?
Il est au quotidien. En tout cas, mon rôle dans la vie par rapport aux animaux, il est au jour le jour. Je vis à la campagne, entouré de moutons, de coqs, de chiens et de petits chevaux. Et donc, pour moi, le fait d’être entouré d’animaux est quelque chose de tout à fait naturel.

D’où vous est venue l’idée de « Aïlo, une odyssée en Laponie », de filmer un petit renne, de la naissance à l’âge adulte ?
L’idée de filmer « Aïlo » est une commande de mes enfants, leur commande au Père Noël. En fait, j’ai réalisé qu’ils connaissaient mieux la nature de l’Afrique, mieux les lions et les éléphants que, finalement, les animaux proches de chez eux. Les rennes, ce n’est pas si loin que ça de Paris. Toutefois, ils avaient des idées préconçues ou, du moins, ils ne connaissaient pas grand-chose sur les rennes. Donc, c’est pour cela aussi que j’ai voulu leur en apprendre plus par rapport à la vie sauvage tout près de chez nous, en utilisant les codes de la fiction.

Tournage Aïlo

Connaissiez-vous la Laponie, le Grand Nord, et était-ce la première fois que vous filmiez dans des conditions extrêmes ?
C’était la première fois que je filmais dans des conditions aussi extrêmes. J’ai beaucoup filmé en Afrique, par des températures très positives, très chaudes et passer, tout d’un coup, de l’Afrique à + 40° à la Laponie à – 40°, cela a été un vrai gap pour moi. Après, mes origines nordiques font que je préfère le froid au chaud, mais ça a été plus compliqué pour le matériel. De plus, je trouve que filmer dans des conditions extrêmes, ça apporte à l’image une émotion encore plus forte.

Le scénario – que vous avez écrit – a-t-il nécessité beaucoup de recherche, un séjour préalable sur place, une mise en condition ?
En fait, pour le scénario, je me suis beaucoup documenté avant, beaucoup informé sur les rennes, sur la façon dont ils vivent, sur le décor, sur la Laponie en général. Et, ensuite, j’ai écrit le scénario. Toutes ces recherches m’ont amené à écrire quelque 80 pages avant de tourner. Après, le maître-mot, c’est s’adapter. On s’adapte à la nature. J’ai beau avoir écrit le plus précisément possible, l’animal fait ce qu’il veut au final. Il vit sa vie, et c’était très important pour moi que l’animal vive sa vie. Je ne le contrains à aucun moment. Il vit dans son environnement et c’est lui qui m’invite dans cet environnement-là. Moi, je suis là pour capter sa vie.

Un conte animalier, un film familial, certes, mais ne compte-t-il pas, comme « Bambi », des scènes dures à voir ? Par ailleurs, le texte – qui évite l’écueil du commentaire anthropomorphique – est, par endroits, poétique, avec des réflexions philosophiques, et ne s’adresse pas forcément à un tout jeune public. Pourquoi ce choix ?
Comme c’est aussi le cas dans beaucoup de films d’animation, il y a, en fait, deux niveaux de lecture. En tant que parent, qu’est-ce que j’ai envie d’aller voir avec mes enfants ? Si c’est uniquement un film enfantin, je vais m’ennuyer pendant 1 heure 20. Donc, il fallait que je trouve des codes qui puissent intéresser à la fois les enfants, par la narration, par la façon de filmer, par le jeu des animaux et également intéresser les adultes par un texte peut-être plus philosophique, par plus de réflexions sur la nature. Mais les enfants ne sont pas stupides. Je pense que c’est important de leur montrer la nature telle qu’elle est, même si parfois elle est cruelle. Si on prend des Walt Disney, ils sont parfois très durs. L’enfant les voit à son niveau à lui, quand il a 4 ou 5 ans. Bien souvent, un enfant de cet âge-là ne perçoit pas forcément la cruauté. C’est plus tard qu’il va comprendre en fonction de ce qu’il a vu. C’est à mes enfants, d’abord, que je ne voulais pas mentir. Je voulais leur montrer que la nature, elle peut être cruelle, difficile, mais elle peut aussi être drôle, émouvante.

Le texte est lu par un narrateur – unique voix humaine du film – qui n’est autre que le chanteur Aldebert. Est-ce que ce choix s’est imposé dès le départ ? Et pourquoi ce choix ?
Non, il ne s’est pas imposé dès le départ. Mes enfants – toujours mes enfants – sont fans d’Aldebert. On connaît tous par coeur ses chansons, en tout cas à la maison, mais il ne s’est pas forcément imposé au départ. A vrai dire, c’est une commande de ma femme. Que des commandes, ce film ! C’est mon cadeau de Noël à la Laponie. Par contre, ce que j’ai aimé, c’est qu’Aldebert a aussi ce double niveau de lecture dans ses chansons. Je suis allé plusieurs fois à ses concerts et les parents ne s’ennuient pas. Ils ne sont pas assis en train d’attendre. Les parents dansent, chantent, car les parents connaissent aussi les paroles. J’aimais bien ce double langage. Il parle aux enfants, il parle aussi aux parents. Et je trouvais que c’était assez raccord avec le film.

La musique semble jouer un rôle important dans tous vos films. Dans « Aïlo », la musique est quasi omniprésente et fait partie intégrante du récit.
La musique, c’est un personnage. Elle n’est pas là pour appuyer, c’est vraiment un personnage de l’histoire. J’ai l’habitude de dire que le sound design, c’est-à-dire tout ce qui est bruitage, amène l’immersion dans le film, mais la musique amène l’émotion. C’est un personnage à part entière, comme l’est la narration, comme le sont les images, la façon de filmer. Je tenais vraiment à ce que la musique prenne cette place-là.

Aïlo + sa mère

Comment avez-vous fait pour apprivoiser tout d’abord la mère d’Aïlo – jusqu’à filmer au plus près la naissance du petit renne – et approcher d’aussi près tous ces animaux sauvages ?
Ce qui s’est passé pour la mère d’Aïlo, c’est qu’on essayait de filmer des naissances, ce qui est très compliqué parce que les femelles veulent garder leur intimité – ce que je respecte totalement –, mais on n’y arrivait pas. Elles mettaient bas assez loin de nous et je tenais à respecter cette distance parce qu’on appelle ça le cercle de confiance. On fait en sorte qu’il n’y ait pas de stress à la naissance pour la mère. Ethiquement parlant, c’est important pour moi et aussi, artistiquement parlant, si je filme un animal qui est stressé, ce n’est bon ni pour lui ni pour moi. Mais, tout d’un coup, une femelle qui depuis 6 jours nous suivait partout – limite elle dormait collée à la caméra ! – a décidé de s’éloigner de nous et est allée mettre bas à 20 mètres de la caméra. Ce qui est super, c’est qu’elle a transmis la confiance qu’elle avait en nous à son petit, à Aïlo, et ça m’a permis de filmer les scènes de naissance de façon très respectueuse. Elle n’avait pas de stress et le petit n’était pas stressé. Une confiance s’était vraiment instaurée à la naissance, parce que si la mère est stressée, le petit sera stressé, c’est sûr. Je ne sais pas si c’est pareil chez les humains, mais chez les animaux, c’est très présent. Et voilà, ça a été pour nous un moment de grâce, cette naissance, parce qu’elle a mis bas tout près de nous. Elle aurait pu mettre bas très loin, mais son choix était de mettre bas tout près, et on a pu filmer cette scène.

Certaines scènes sont assez incroyables, notamment lorsqu’Aïlo est poursuivi par des loups. Comment avez-vous fait, tout en vous attachant à ne pas déformer « la réalité naturelle », pour filmer cette course-poursuite dans la forêt ? Avez-vous du matériel très sophistiqué, des techniques spécifiques ?
On a des techniques spécifiques pour filmer ce genre de scène, tout en assurant la sécurité pour les animaux, pour les deux espèces – surtout pour Aïlo, parce qu’on n’a filmé qu’avec Aïlo. On tenait vraiment à ce qu’Aïlo soit le plus en sécurité possible. Donc, il y a des techniques, mais je ne vais pas tout dévoiler. On a un côté magicien, et je garderai mes « tricks » pour moi. En tout cas, Aïlo n’avait rien à craindre des loups par rapport à la scène que vous rapportez.

AÏLO tournage

De combien de personnes, de nationalités se composait votre équipe de tournage, que l’on imagine réduite et aguerrie aux conditions extrêmes ?
On était une équipe de cinq sur le terrain, cinq Français. Et, au quotidien, tous les jours, il y avait deux ou trois Finlandais, des techniciens, soit un assistant-caméraman finlandais, et Tuire qui était là pour nous aider, pour assurer la sécurité aussi des animaux quand on avait besoin d’elle. Du fait de son expérience de la nature, du comportement animalier, elle pouvait aussi nous prévenir si elle sentait quelque chose d’un peu angoissant pour l’animal. Donc, Tuire a été une vraie aide pour nous à ce niveau-là, parce que quand on se met à filmer – j’étais souvent à la caméra aussi – parfois on oublie qu’il y a peut-être quelque chose de dangereux pour l’animal, et donc Tuire était là pour s’assurer que l’animal n’avait pas de stress, était bien. Donc, en général, on était cinq, au mieux huit et au pire deux.

Combien de temps a duré le tournage ? Et quelles en ont été les principales difficultés comme les bonnes surprises ?
On a tourné plus de 125 jours, ce qui veut dire beaucoup plus si on compte le temps en transport et autres, comme les repérages. Les bonnes surprises, c’est l’animal, son comportement. Il faut dire que quand je suis parti tourner, il y avait quand même ce côté aléatoire. Qu’est-ce qu’on va voir ? J’avais beau avoir écrit un scénario de 80 pages, tout aurait pu exploser très vite. Et c’est là que l’on se rend compte, comme je l’ai déjà mentionné, que l’adaptabilité est primordiale. Je m’adapte à l’animal, comme un réalisateur de fiction s’adapterait à son acteur. Le comédien, il a un rôle et il est là pour ça ; il a une façon de jouer et le réalisateur ne va pas forcer le comédien à la changer. Je pense que c’est pareil pour un animal. L’animal, on le prend parce qu’il a son caractère, qu’il se différencie des autres. Je suis là pour capter. Je suis un grand voleur d’idées. Et un réalisateur a, selon moi, un peu ce côté-là.

Vous êtes-vous jamais senti en danger ?
Une seule fois. Alors que nous dormions sous la tente, j’ai entendu et senti le souffle de la mère ourse, tout près, sur la toile de la tente. Il aurait suffi d’un coup de patte, de griffe…

Comment, par exemple, survit-on pendant des mois sans sanitaires ? Comment se passent les nuits en hiver, l’approvisionnement en nourriture ? A partir de combien de degrés la technique commence à faillir ?
Les sanitaires, c’est important. Même si on est une équipe de garçons, à part mon assistante, c’est un problème au quotidien, surtout quand il fait très froid. C’est vrai que lorsqu’il fait – 30°/- 40°, la moindre petite envie devient cruciale, ça devient un gros problème. Il faut s’astreindre à ne pas boire de café et apprendre à se retenir. Pour la nourriture, on nous approvisionnait. Quant au matériel, des batteries qui tiennent normalement 1 heure, là, sous ces températures extrêmes, au bout de 10 minutes, il n’y avait plus de batterie. Il faut donc avoir de gros chargeurs et beaucoup de batteries. Pour ce qui est des écrans, on les a climatisés, c’est-à-dire qu’ils ont été mis d’abord en chambre froide pour les préparer. Je ne vous en dirai pas plus car je ne maîtrise pas bien cette partie technique.

Avez-vous filmé le même renne dans le rôle d’Aïlo du début jusqu’à la fin ? Vous dites dans le film que la moitié des rennes ne survivent pas à leur premier anniversaire. Avec tous ces prédateurs naturels, n’y avait-il pas un risque à parier au départ sur un seul renne ? Ou bien avez-vous joué un rôle de protecteur dans le processus du film ?
C’est un conte. Donc, on a eu des façons de travailler différentes de celles utilisées pour un documentaire. Dans le cas de figure d’un documentaire, je n’aurais pas pu faire ce film parce que j’aurais été obligé de filmer un grand nombre de rennes. C’est vrai qu’Aïlo aurait pu mourir très tôt, c’est pourquoi on a été obligés, du moins au départ, de filmer plusieurs petits rennes. C’était une obligation. Mais très vite, le choix d’Aïlo, notre petit renne, s’est imposé parce que, comme je le disais, il a un vrai caractère, il est tout de suite sorti du lot. Au départ, je voulais un renne tout blanc – une sorte d’idéal dans ma tête de Français – mais, en fait, il y a très peu de rennes blancs. Donc, par rapport à la couleur du pelage, on s’est retranchés sur des rennes marron. C’était tout aussi bien, car ils sont vraiment mignons, on dirait des petites peluches. Mais, au départ, forcément, on était obligés de filmer plusieurs rennes.

Aïlo4

Pour ce qui est des partenaires coproducteurs du film, comment convainc-t-on Gaumont de s’embarquer dans l’aventure et comment un producteur finlandais, Marko Röhr (MRP Mätila Röhr Prod.) s’est retrouvé associé au projet ?
On convainc Gaumont parce qu’il y a une histoire. Ils avaient vu mes précédents films qui étaient quand même assez mis en scène eux aussi, même si c’était étiqueté « documentaire ». Donc, on arrive avec une histoire. Je ne sais plus qui a dit ça, mais « un bon film, c’est une bonne histoire, une bonne histoire et encore une bonne histoire ». Si on avait dit à Gaumont qu’on allait faire un film sur les animaux en Laponie, ça n’aurait intéressé personne. Par contre, quand on leur dit qu’on va faire un film sur l’aventure d’un petit renne confronté aux épreuves de sa première année de vie, ils ont vu, tout d’un coup, que c’était une histoire avec un début, une fin, une narration particulière. J’ai vraiment construit ce film comme une fiction. C’est en ça qu’ils étaient intéressés. Quant à Marko Röhr, c’était parce qu’il avait fait « Tale of a Lake » et comme on cherchait un coproducteur nordique, c’est lui qui s’est imposé par rapport à son parcours et par rapport à sa sensibilité aussi. Je ne tenais pas à avoir un producteur juste pour les fonds qu’il pouvait apporter, je tenais à quelqu’un qui soit vraiment impliqué dans l’environnement, dans la nature, et il n’y en a pas beaucoup. Donc, Marko s’est imposé.

Combien avez-vous d’heures de rushes et comment s’est opérée la sélection ?
On a eu 600 heures de rushes. La sélection a été extrêmement compliquée. Pourquoi y a-t-il eu 600 heures de rushes ? Tout simplement parce que, quand je filme, je veux sentir le petit détail à l’image. Je veux me dire que ce regard-là m’intéresse, que cette attitude-là, ce petit mouvement de patte, il m’intéresse. Et tout ça implique qu’il faut beaucoup filmer. Je ne me suis pas contenté de faire un plan large, un plan serré, et puis de me dire que ça suffisait. Non. On a beaucoup filmé, de plein de façons différentes pour avoir justement ce petit détail qui fait qu’on rentre dans l’intimité de l’animal. Et le montage a été un moment à la fois jouissif et hyper compliqué parce qu’il faut passer 600 heures de rushes vraiment en un temps record par rapport au film, par rapport au temps qu’on a eu de tournage et de production. Mais je pense qu’on peut être hyper fiers – et c’est peut-être très prétentieux ce que je dis – mais, comparé à des documentaires plus classiques, je pense qu’ « Aïlo » est une sorte d’OVNI et moi, j’aime bien les OVNIs.

Le film est-il déjà vendu à l’étranger ? La sortie du film en Finlande est prévue le 21 décembre. Pourquoi le choix du mois de mars pour sa sortie en France ?
Le film est déjà vendu dans plus de trente pays. Quant à sa sortie en mars en France, je dirais qu’un conte, c’est universel, intemporel. Et on n’a pas filmé qu’à Noël, en hiver, on a filmé pendant toutes les saisons. La vérité aussi, c’est que, pour la période des fêtes, il y avait du lourd en face, de la concurrence, des gros blockbusters, et si on voulait se différencier et ne pas disparaître au bout de 15 jours, il fallait être stratège. Mais, en même temps, j’aurais aimé que « Aïlo » se confronte à « Superman ».

Hormis la promotion de « Aïlo, une odyssée en Laponie » en France et à l’étranger, travaillez-vous déjà à un autre projet de film ?
Oui, mais je ne peux pas en parler. Disons qu’il y aurait un projet de film potentiellement en Chine.

Propos recueillis par Aline Vannier-Sihvola
Helsinki, le 3 décembre 2018

FILMOGRAPHIE
J’ai marché sur la terre – Costa Rica (2014)
J’ai marché sur la terre – Inde (2015)
Le babouin qui voulait être roi (2015)
Une ferme sauvage (2016) – Green Award d’Or/Deauville (2016)
Vivre avec les loups (2016) – remporte le Prix de la protection des espèces animales ainsi que le Prix du meilleur montage au FIFA 2017 (Festival international du film animalier)
La bande originale du film, composée et interprétée par Julien Jaouen, est élue Meilleure bande originale de documentaire au Prix de la création musicale CSDEM (2017)
Aïlo, une odyssée en Laponie (2018)

POHJOLAN ENKELI de JEAN MICHEL ROUX nommé au GALA des JUSSI comme Meilleur film documentaire

POHJOLAN ENKELI / L’ANGE DU NORD, film documentaire en finnois du Français Jean Michel Roux, est nommé à la 71e cérémonie des Jussi (les César finlandais) dans la catégorie Meilleur film documentaire. Les prix seront décernés lors de la soirée de Gala des Jussi qui se déroulera le 23 mars 2018.

Ange blessé

Lire la suite « POHJOLAN ENKELI de JEAN MICHEL ROUX nommé au GALA des JUSSI comme Meilleur film documentaire »

« UNE HISTOIRE FINLANDAISE » de Olivier Horn

UNE HISTOIRE FINLANDAISE
Documentaire de Olivier Horn
Finlande / France / Allemagne (2017), 53 min

Dans le cadre du centenaire de la Finlande, Suomi 100, et à la veille de la célébration de la Fête de l’Indépendance de la Finlande, le 6 décembre, ARTE France et YLE Finlande diffusent quasi simultanément dans la soirée du 5 décembre le film documentaire « Une histoire finlandaise » / « Suomen tarina ranskalaisittain » du réalisateur français Olivier Horn.

Diffusion en Finlande
TEEMA : Le 05.12.2017 à 20 h 00
Rediffusion sur Areena jusqu’en 2022
En français, sous-titres en finnois

https://areena.yle.fi/1-3703411

Diffusion en France
ARTE : Le 05.12.2017 à 22 h 50

Il y a donc un siècle, le 6 décembre 1917, la Finlande proclamait son indépendance. Mêlant archives et témoignages, ce documentaire retrace avec justesse et sensibilité les grands événements qui ont marqué l’histoire de cette jeune nation européenne.

Rattachée à partir du XIIIe siècle au royaume de Suède, puis avalée au début du XIXe par le tsar Alexandre Ier, la Finlande, cinquième plus grand territoire de l’Union européenne, ne parvient à s’émanciper qu’après la révolution d’Octobre, en négociant sa souveraineté avec Lénine. Traumatisé dès son indépendance par une guerre civile meurtrière, puis ravagé pendant la Seconde Guerre mondiale par les combats entre les armées de Staline et celles d’Hitler, auquel il s’est rallié, le pays a payé un lourd tribut au cours de son premier demi-siècle d’existence. Sa dette réglée au vainqueur soviétique, la Finlande, retrouvant sa place dans le concert des nations, a été le pays hôte des Jeux olympiques de 1952 avant d’accueillir, en 1975, les représentants des trente-cinq États signataires des accords de Helsinki, qui régissent toujours leur coopération pacifique. Entamé après-guerre, le développement de son industrie l’a fait entrer, avec son champion des télécoms Nokia, dans la cour des grands de la mondialisation.

C’est au XVIe siècle, avec la traduction de la Bible en finnois, qu’a été posée la première pierre du « roman national » finlandais. Remontant le temps, Olivier Horn retrace les siècles de tutelles et de tragédies traversés par la Finlande avant et après sa conquête de l’indépendance. Historiens, journalistes, politiques – notamment l’ancienne présidente de la République Tarja Halonen (2000-2012) –, romanciers (Roman Schatz, Kjell Westö, Sirpa Kähkönen), mais aussi simples citoyens apportent leurs éclairages sur les événements marquants de l’histoire de la jeune nation. Puisant abondamment dans les archives, le documentaire rappelle également ses aspirations progressistes. Première en Europe à avoir institué, dès 1906, le droit de vote et l’éligibilité des femmes, la Finlande (5,5 millions d’habitants) continue de faire de l’éducation des jeunes la clé de voûte de sa réussite. Relativement épargné par la guerre froide, puis par l’effondrement de l’URSS, dont il a été un partenaire commercial privilégié, le pays, qui se remet à peine de la crise financière de 2008, redoute aujourd’hui l’appétit retrouvé de son voisin russe.

CANNES 2016 : HYMYILEVÄ MIES remporte le GRAND PRIX de la section UN CERTAIN REGARD

FESTIVAL DE CANNES MAI 2016
Le film Hymyilevä Mies / Olli Mäki, premier long métrage du réalisateur finlandais Juho Kuosmanen, a remporté ce samedi 21 mai 2016 le Prix de la section Un Certain Regard du 69e Festival de Cannes, attribué par le jury présidé par Marthe Keller. Produit par Aamu Film Company et coproduit par l’Allemagne et la Suède, Olli Mäki est vendu à l’international par la société française Les Films du Losange.

HYMYILEVÄ MIES / OLLI MÄKI (2016)
Film en noir et blanc (93 min) de Juho Kuosmanen, avec Jarkko Lahti (Olli Mäki), Eero Milonoff (Elis Ask) et Oona Airola (Raija).

Le Prix est donc revenu à un cinéaste finlandais, Juho Kuosmanen, qui concourt aussi pour la Caméra d’Or puisqu’il s’agit de son premier long métrage (en noir et blanc). L’action de Hymyilevä Mies / Olli Mäki, se déroule durant l’été 1962, quand Olli Mäki prétend au titre de champion du monde poids plume de boxe. De la campagne finlandaise aux lumières de Helsinki, on lui prédit un avenir radieux. Pour cela, il ne lui reste plus qu’à perdre du poids et à se concentrer. Mais il y a un problème – Olli est tombé amoureux de Raija.

Un Certain Regard est l’une des sélections officielles du Festival de Cannes, aux côtés de la compétition. Le Prix Un Certain Regard devance de 24 heures l’annonce du palmarès du Festival et la Palme d’Or.

Cannes 2016 – « Le Carosse d’or » est attribué à AKI KAURISMÄKI

Depuis 2002, les réalisateurs de la SRF (Société des réalisateurs de films) rendent hommage à un de leur pairs en lui remettant un prix, « Le Carrosse d’Or », pendant le Festival de Cannes, à l’ouverture de la Quinzaine des réalisateurs. Ce prix est destiné à récompenser un cinéaste choisi pour les qualités novatrices de ses films, pour son audace et son intransigeance dans la mise en scène et la production.
Cette année, la SRF a choisi d’honorer le cinéaste finlandais AKI KAURISMÄKI.

« Vos histoires sont des fables inspirées qui racontent les oubliés, les laissés pour compte, les excessifs, ceux qui n’ont pas le mode d’emploi.
Vous les filmez à chaque fois avec économie, précision et grandeur, sans jamais renoncer à la fiction, à la poésie, voire au burlesque.
En mettant en scène ces personnages vous leur donnez une place et vous les sauvez, car ceux qui ne sont pas racontés n’existent pas.
Vos films, souvent mélancoliques mais jamais accablants, finissent toujours par trouver un combustible qui éclaire les nuits les plus noires et les penchants les plus sombres.
Alcool, amour, amitié, gratuité ou hasard sauvent parfois vos personnages de l’ennui, du désespoir ou de la mort comme vos films sauvent les spectateurs de trop de normalité.
Pour cela, pour la langueur et l’insolence de vos films, pour leur salutaire et tranquille subversion, nous voulons vous mettre à l’honneur, au moment même où se tient le plus grand événement cinéphile au monde. »

Extrait de la lettre envoyée à Aki Kaurismäki par le Conseil d’Administration de la SRF.

Entretien avec XAVIER PICARD ET HANNA HEMILÄ

ENTRETIEN AVEC XAVIER PICARD ET HANNA HEMILÄ
A l’occasion de la sortie en Finlande du film d’animation « Les Moomins sur la Riviera », d’après la bande dessinée éponyme de Tove Jansson, créatrice des Moomins.
La sortie scandinave du film a coïncidé avec le centenaire de la naissance de Tove Jansson.
Xavier Picard a réalisé et co-produit le film pour Pictak, Hanna Hemilä l’a co-scénarisé, co-réalisé et produit pour Handle Productions.

En 2010, Xavier Picard, réalisateur et producteur de films d’animation français, et Hanna Hemilä, réalisatrice et productrice finlandaise, ont associé leurs forces et leurs talents pour réaliser et produire « Les Moomins sur la Riviera », film d’animation adapté de la bande dessinée éponyme de Tove Jansson. Le film, créé à partir d’images dessinées à la main, inspirées des planches originales d’un des comic strips publiés en 1954, est l’un des seuls, aujourd’hui, à avoir été réalisé sur papier.
Après son lancement en Finlande, « Les Moomins sur la Riviera » fait son avant-première internationale à Londres ce 11 octobre 2014. En France, sa sortie est fixée par Gebeka Films au 4 février 2015.

Lire la suite « Entretien avec XAVIER PICARD ET HANNA HEMILÄ »

Entretien avec KATHERINE PANCOL

ENTRETIEN AVEC KATHERINE PANCOL
Katherine Pancol, écrivain dont la renommée a dépassé les frontières de la France (traduite dans une trentaine de pays), était invitée, début octobre, au Salon du livre de Turku (Finlande) – dont le pays à l’honneur était la France – pour présenter son dernier ouvrage « Muchachas » traduit dernièrement en finnois sous le titre « Mimmit » (tome 1/Ed. Bazar). Sa venue annonçait également la sortie en salles à Helsinki, fin novembre, du film « Les yeux jaunes des crocodiles » réalisé par Cécile Telerman, adaptation du premier tome éponyme de sa trilogie sorti en 2006 et suivi des deux autres tomes « La valse lente des tortues » et « Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi ».

Lire la suite « Entretien avec KATHERINE PANCOL »

Entretien avec PASCAL GAIGNE

Le dernier film de Rax Rinnekangas « Luciferin viimeinen elämä » (The Last Days Of Lucifer), dernier volet de sa trilogie après « Matka Edenin » (A Journey to Eden – 2011) et « Veden peili » (Water Marked – 2012), sort actuellement en salles à Helsinki. Pascal Gaigne, compositeur français de renommée internationale résidant à Saint-Sébastien (Pays basque espagnol), a réalisé la musique de chacun des films de Rax Rinnekangas. Il était le mois dernier à Helsinki, accompagné de la mezzo-soprano Itziar Lesaka, pour la première de « Luciferin viimeinen elämä » et, à cette occasion, nous a accordé un entretien.

Lire la suite « Entretien avec PASCAL GAIGNE »

« Le roman fait de nouveau son cinéma » AU SALON DU LIVRE DE HELSINKI – 24.-27.10.2013

LE SALON DU LIVRE DE HELSINKI
24.-27.10.2013


Le Salon du livre de Helsinki 2013, Hall des expositions

La XIIIe édition du Salon du livre de Helsinki, qui s’est déroulée cette année du 24 au 27 octobre 2013, a été marquée, entre autres, par la parution d’un grand nombre de livres qui avaient pour thème le cinéma ou bien étaient adaptés, dans un avenir plus ou moins proche, au cinéma. L’auteur le plus prolifique en la matière est une fois de plus Peter von Bagh – réalisateur, historien du cinéma, écrivain, professeur, mais aussi directeur artistique des festivals de Bologne (Il cinema ritrovato) et de Sodankylä (Midnight Sun Film Festival) –, dont l’actualité littéraire en cette XIIIe édition du Salon du livre se résumait cette fois à pas moins de trois ouvrages :

« Chaplin » (Like) : un ouvrage essentiel dont le rôle principal est tenu par les films. Le livre contient des inédits des archives de Chaplin : des brouillons, des lettres, des photographies, des extraits de son journal, autant d’éléments d’approche du monde de réflexion et du processus de création de ce grand artiste.

« Cinefilia » (WSOY) : une compilation de plusieurs essais sur les plus grands cinéastes de l’histoire du cinéma écrits par Peter von Bagh et parus à l’étranger entre 1989 et 2012, traduits et publiés pour la première fois en finnois (trad. Sampsa Laurinen).

« Citizen Peter » (Like), de Antti Alanen et Olaf Möller : le livre examine la carrière riche et diversifiée de Peter von Bagh à partir de différents points de vue.

Mais aussi, cet automne 2013, une actualité cinématographique :

« Muisteja » (Souvenirs) : film documentaire de Peter von Bagh sur la ville de Oulu des années 50 – sa ville natale.
Actuellement en salles à Helsinki.

La littérature, c’est bien connu, est inspiratrice d’un grand nombre de sujets, source inépuisable d’autant d’adaptations au cinéma.
Ainsi, cette année, Katherine Pancol était attendue au Salon du livre pour présenter le dernier volet de sa trilogie traduit en finnois « Central Parkin oravat ovat surullisia maanantaisiin », paru chez Bazar (« Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi »), mais, pour des raisons personnelles, cette dernière n’a pas été en mesure de venir et a dû, bien malgré elle, reporter sa venue à l’année prochaine.

Katherine Pancol est l’une des romancières les plus talentueuses de sa génération. Sa trilogie, commencée avec « Les Yeux jaunes des crocodiles » en 2006 et suivie de « La valse lente des tortues » en 2008 (ouvrages également traduits en finnois), figure dans les listes des meilleures ventes depuis sa sortie.
Le premier volet de sa trilogie « Les yeux jaunes des crocodiles » va bientôt être porté à l’écran en France. La sortie du film est prévue au printemps 2014. La réalisation est signée Cécile Telerman, avec pour acteurs dans les rôles principaux Julie Depardieu (Joséphine), Emmanuelle Béart (Iris), Patrick Bruel (Philippe) et la jeune Alice Isaaz (Hortense).

A lire sur ce site l’interview de Katherine Pancol à l’occasion de la sortie des « Yeux jaunes des crocodiles »

Une autre adaptation de roman, « Betoniyö » paru chez Tammi (Concrete Night) de Pirkko Saisio, vient d’être portée à l’écran par la talentueuse réalisatrice finlandaise Pirjo Honkasalo, dont les films, pour la plupart documentaires, ont remporté de nombreux prix dans le monde entier.
« Betoniyö », fiction en noir et blanc, actuellement en salles à Helsinki.


Parfois, c’est l’inverse qui se produit et c’est le cinéma qui engendre un livre. Ainsi, « Luciferin viimeinen elämä » (The Last Days of Lucifer), film réalisé par Rax Rinnekangas, a donné naissance à un livre au titre éponyme et du même auteur paru chez Like. Le livre porte sur les différentes étapes de la conception et de la réalisation du film.
Sortie du film en salles le 8 novembre 2013.
A cette occasion, vous pourrez lire très prochainement sur ce site l’interview de Pascal Gaigne, compositeur français de renommée internationale, qui a réalisé la musique de chacun des films de la trilogie de Rax Rinnekangas, soit « Matka Edenin » (2011), « Veden Peili » (2012), « Luciferin viimeinen elämä » (2013).
A lire l’interview de Pascal Gaigne sur ce site très prochainement.

Entretien avec WARWICK ROSS

Les réalisateurs australiens Warwick Ross et David Roach se sont réunis pour réaliser un film documentaire sur Bordeaux et l’obsession des Chinois pour ses plus grands vins, « Red Obsession », narré par l’acteur australien Russell Crowe dont la voix a le velouté d’un grand cru.

Lafite, Margaux, Pétrus et Latour, autant de noms qui ont mis les Chinois en émoi, soudainement pris d’une fièvre frénétique pour les grands crus bordelais, notamment les millésimes 2009 et 2010.

« Quand le rouge devient plus précieux que l’or » – tel est le phénomène, l’extravagance qu’explore le film « Red Obsession », actuellement en salles à Helsinki.

Lire la suite « Entretien avec WARWICK ROSS »