Les films de cet automne à ne pas manquer à Helsinki !

kino regina
kino regina 1
Une nouvelle salle d’art et d’essai à Helsinki !
Bibliothèque Oodi / Keskustakirjasto Oodi
Töölönlahdenkatu 4 – Helsinki

KINO REGINA, situé dans l’enceinte de la nouvelle bibliothèque OODI, a remplacé la Cinémathèque ORION. Désormais, les projections des grands classiques et films cultes se déroulent dans cette nouvelle salle gérée par les archives audiovisuelles finlandaises KAVI. La salle porte le nom de la grande actrice Regina Linnanheimo (1915-1995) qui a notamment joué dans des films de Teuvo Tulio, Valentin Vaala ou encore T. J. Sarkka.

KINO REGINA comporte 251 places qui font face à un grand écran de 11 mètres (plus grand que celui de l’ancienne salle Orion).

Au programme, les films français de cet automne:

LE FILM D’ART (1908-1909)
L’assassinat du Duc de Guise [Guisen herttuan murha]
Le retour d’Ulysse [Odysseuksen paluu]
L’enfant prodigue [Tuhlaajapoika]
Mireille
Une conquête [Valloitus]
Moines et guerriers [Munkkeja ja sotilaita]
France, 70 min
CINÉ-CONCERT : au piano, Matias Tyni
Le 05.11. à 19 h 00

LA CHUTE DE LA MAISON USHER / USHERIN TALON HÄVIÖ
Jean Epstein
France (1928), 63 min
Le 03.11. à 16 h 00
Le 13.11. à 19 h 30

PARIS BRÛLE-T-IL ? / PALAAKO PARIISI?
René Clément
France (1966), 165 min avec entracte
Le 16.11. à 16 h 00

LE CRIME DE MONSIEUR LANGE / HERRA LANGEN RIKOS
Jean Renoir
France (1935), 79 min
Le 14.1. à 18 h 00

Dans le cadre de la RÉTROSPECTIVE JEAN COCTEAU, voir encore début novembre :
ORPHÉE / ORFEUS
France (1949), 102 min
Le 18.10. à 17 h 00
Le 07.11. à 18 h 35
LE TESTAMENT D’ORPHÉE / ORFEUKSEN TESTAMENTTI
France (1960), 80 min
Le 06.11. à 18 h 50
Le 08.11. à 17 h 00

http://www.kinoregina.fi
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FILMS FRANÇAIS ACTUELLEMENT EN SALLES À HELSINKI (1-7 novembre 2019)

CELLE QUE VOUS CROYEZ / OLEN KUKA HALUAT
Safi Nebbou
Kino Engel 2
****

Prochainement en salles :
GRÂCE À DIEU / JUMALAN ARMOSTA
François Ozon
*****
Sortie le 15.11.2019

QU’EST-CE QU’ON A ENCORE FAIT AU BON DIEU ? / RANSKALAISTA HÄÄHUMUA 2
Philippe de Chauveron
Sortie le 20.12.2019

PORTRAIT DE LA JEUNE FILLE EN FEU / NUOREN NAISEN MUOTOKUVA
Céline Sciamma
****
Sortie le 27.12.2019
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LA MUSIQUE S’INVITE AU CINÉMA !
A NE PAS MANQUER, DOCUMENTAIRES MUSICAUX À KINO ENGEL :


PAVAROTTI
Ron Howard
*****

MARIANNE & LEONARD: WORDS OF LOVE/SANOJA RAKKAUDESTA
James Gray
****

AMAZING GRACE
Sydney Pollack, Alan Elliott
****

http://www.kinoengel.fi

Coup de projecteur sur KINO REGINA – la nouvelle cinémathèque

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Une nouvelle salle d’art et d’essai à Helsinki !
Bibliothèque Oodi / Keskustakirjasto Oodi
Töölönlahdenkatu 4 – Helsinki

KINO REGINA, situé dans l’enceinte de la nouvelle bibliothèque OODI, a remplacé la Cinémathèque ORION. Désormais, les projections des grands classiques et films cultes se dérouleront dans cette nouvelle salle gérée par les archives audiovisuelles finlandaises KAVI. La salle porte le nom de la grande actrice Regina Linnanheimo (1915-1995) qui a notamment joué dans des films de Teuvo Tulio, Valentin Vaala ou encore T. J. Sarkka.

KINO REGINA comporte 251 places qui font face à un grand écran de 11 mètres (plus grand que celui de l’ancienne salle Orion).

Au programme, les films français de ce printemps :

– – – – – – – – – – – – – – –
RÉTROSPECTIVE ANDRÉ CAYATTE
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LES AMANTS DE VÉRONE / VERONAN RAKASTAVAISET
France (1948), 106 min
Le 07.05. à 17 h 00

NOUS SOMMES TOUS DES ASSASSINS / OLEMME KAIKKI MURHAAJIA
France / Italie (1952), 113 min
Le 10.05. à 17 h 00

AVANT LE DÉLUGE / ENNEN VEDENPAISUMUSTA
France / Italie (1953), 136 min
Le 14.05. à 18 h 00

LE DOSSIER NOIR / MUSTA KANSIO
France / Italie (1955), 112 min
Le 16.05. à 17 h 00
Le 22.05. à 18 h 30

LE PASSAGE DU RHIN / YLI RAJOJEN
France / Italie / Allemagne (1960), 125 min
Le 24.05. à 17 h 00
Le 26.05. à 19 h 15

LES RISQUES DU MÉTIER / RAISKATTU?
France (1967), 94 min
Le 31.05. à 17 h 00
Le 01.06. à 15 h 30

A CHACUN SON ENFER / ANTAKAA LAPSENI TAKAISIN
France / RFA (1976), 105 min
Le 04.06. à 17 h 00
Le 07.06. à 21 h 15

VERDICT / KATKERA VOITTO
France / Italie (1974), 95 min
Le 06.06. à 19 h 00
Le 08.06. à 18 h 30

LES CHEMINS DE KATMANDOU / KATMANDUN KIROUS
France / Italie (1969), 99 min
Le 12.06. à 21 h 00
Le 15.06. à 17 h 30

http://www.kinoregina.fi
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Paroles intemporelles – Entretien avec VALENTINE ROBERT

Valentine Robert

Valentine Robert est maître-assistante en histoire et esthétique du cinéma à l’Université de Lausanne. Spécialiste du destin filmique du tableau vivant et plus généralement de la relation entre peinture et cinéma, elle est l’auteur d’une trentaine d’articles et d’une vingtaine de conférences internationales sur la question, ainsi que d’une thèse de doctorat intitulée « L’origine picturale du cinéma. Le tableau vivant, une esthétique du film des premiers temps. » (Université de Lausanne – 2016). Elle a participé à l’exposition « Gustave Doré, l’imaginaire au pouvoir » au Musée d’Orsay et au Musée des beaux-arts du Canada, a codirigé plusieurs rétrospectives à la Cinémathèque suisse et a dirigé le programme « Tableaux vivants » au Festival du film muet de Pordenone en 2017. Valentine Robert est venue présenter le programme « Tableaux vivants » à la Cinémathèque Orion de Helsinki, une expérience visuelle qui permet au spectateur de comparer des films des premiers temps avec plus de trente toiles peintes. (voir détails des films à la suite de l’entretien)

Lire la suite « Paroles intemporelles – Entretien avec VALENTINE ROBERT »

VOYAGE À TRAVERS LE CINÉMA FRANÇAIS ce printemps à la cinémathèque ORION

BERTRAND TAVERNIER

Le réalisateur Bertrand Tavernier, également président de l’Institut Lumière, entreprend un voyage à travers le cinéma français en parlant des films et des cinéastes, mais aussi des acteurs et des compositeurs qui ont marqué sa vie. De Jacques Becker à Marcel Carné en passant par Jean Renoir et Jean-Pierre Melville, mais aussi Jean Gabin, il leur rend hommage et fait également part de son admiration pour les compositeurs Joseph Kosma et Maurice Jaubert, ce dernier ayant composé la musique de « L’Atalante »…

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LUMIÈRE !

LUMIÈRE ! à la Cinémathèque Orion
Eerikinkatu 15, Helsinki

La toute première projection cinématographique en Finlande a eu lieu à l’hôtel Seurahuone de Helsinki, en juin 1896. Les spectateurs réunis pour l’occasion ont pu voir une sélection des tout premiers films des frères Lumière, Louis et Auguste Lumière, qui avaient été projetés pour la première fois seulement 6 mois auparavant en France.

Lire la suite « LUMIÈRE ! »

Entretien avec SATU LAAKSONEN

ENTRETIEN AVEC SATU LAAKSONEN

Satu - Copy - CopySatu Laaksonen, programmatrice à la Cinémathèque de Finlande (KAVI) depuis plus de 30 ans, quitte ses fonctions cet automne 2016. On lui doit énormément de rétrospectives françaises, italiennes mais aussi – entre autres – des cycles arabes, africains, mexicains ou russes. Satu Laaksonen a su nous faire partager son amour du cinéma, sa passion. Mission accomplie !
Elle nous livre ici, dans cet entretien, les moments forts qui ont jalonné sa carrière, les rencontres, les événements qui ont compté pour elle. La Cinémathèque lui a accordé cet automne une Carte blanche (voir ci-dessous) et Satu Laaksonen nous parle de certains des 18 films sélectionnés – en grande partie des films français – pour le plus grand plaisir des cinéphiles français et francophones.

Lire la suite « Entretien avec SATU LAAKSONEN »

Deux CINÉ-CONCERTS exceptionnels à la cinémathèque ORION de Helsinki

Cinémathèque ORION
Eerikinkatu 15, Helsinki

CINÉ-CONCERTS
Léon Poirier
LA BRIÈRE
France (1924), 119 min
Avec José Davert, Laurence Myrga, Jeanne Marie-Laurent
Copie restaurée 4K DCP (KAVI 2015) – Musique : Narinkka Ensemble
Le 18.11. à 19 h 00, en présence de la Présidente Tarja Halonen

L’histoire (d’après une nouvelle de Alphonse de Chateaubriant) :
A la fin du XIXe siècle, Aoustin, garde-chasse du marais et des tourbières, refuse l’exode des Briérons vers les forges de Trignac. Trahi par sa fille qui veut épouser un vannier qui n’est pas du marais, notre héros la poussera au suicide et pardonnera à son séducteur, prenant la stature d’un héros de Dostoïevski.

Cinémathèque ORION esittää hyvin harvinaisen ranskalaisen elokuvan LA BRIÈRE (1924), joka on löytynyt KAVIn kokoelmista ja josta KAVI on nyt tehnyt 4K DCP:n. Elokuvan on sos.dem. puolue ostanut 1925 Suomeen ja esittänyt Punalyhty-teatterissaan Hakaniemessä! Siksi presidentti Tarja Halosen avaa näytännön. Ja Narinkka-yhtye on tehnyt uuden musiikin.

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Léonce Perret
L’ENFANT DE PARIS
France (1913), 118 min
Avec Maurice Lagrenée, Louis Leubas, Suzanne Privat
Piano : Joonas Raninen
Le 27.10. à 19 h 30 et le 02.11.à 19 h 00

L’histoire :
Après le décès de ses parents, une fillette se retrouve livrée à elle-même dans les rues de Paris. Après s’être échappée de l’orphelinat qui l’avait recueillie, elle est enlevée par un brigand qui veut l’utiliser pour réclamer une rançon.

Harvoin nähty elokuvahelmi Pariisin lapsi Orionissa 27.10. ja 2.11. Henri Langlois oli elokuvataiteen esitaistelija jolle filmien säilyttäminen ja esittäminen merkitsi elokuvan tulevaisuu- den mahdollistamista. Vahvana ja ristiriitaisenakin hahmona Langlois toimi suunnannäyttäjänä kaikille maailman elokuva-arkistoille. Hänen kaltaistensa pioneerien ansiosta voimme nauttia elokuvista koko taiteenlajin 120-vuotisen historian varrelta.
Ohjaaja Léonce Perret oli Belle Époquen valon ja varjon mestari. Vuosina 1910-1916 Perret ohjasi Gaumontille lähes 350 elokuvaa. Henri Langlois’n mielestä Perret oli yksi valkokankaan alkuaikojen mestareista. Pariisin lapsi (L’Enfant
de Paris, 1913) on yksi Ranskan ensimmäisiä pitkiä elokuvia ja sekä teknisesti että kerronnallisesti paljon aikaansa edellä. Marokon valloituksesta innoituksensa saanut, upeasti lavastettu orpotytön tarina oli syntyaikanaan tapaus sujuvankerronnan, luonnollisen näyttelemisen ja liikkuvan kameran käytössä.
Yhteistyössä: La Cinémathèque française, 125-vuotias Cercle Franco-Finlandais de Helsinki / Helsingin ranskalais-suomalainen yhdistys
Kunnioitamme 120-vuotiasta elokuvaa ja Ranskan cinemateekin legendaarisen johtajan Henri Langlois’n satavuotismuistoa esittämällä Léonce Perret’n elokuvan Pariisin lapsi (L’Enfant de Paris, 1913).

ANNA-LIISA (1922), grand classique du cinéma muet restauré et édité en DVD

ANNA-LIISA : mélodrame finlandais de 1922, inspiré par l’esthétique des films muets suédois de Victor Sjöström et produit par Erkki Karu, un des pionniers du cinéma finlandais. Grand classique du cinéma muet, le film Anna-Liisa, adapté de la pièce éponyme de Minna Canth publiée en 1895, est réalisé par Teuvo Puro.

Cette adaptation cinématographique de la toute dernière pièce de Minna Canth a été, à l’époque, plébiscité par le public. En effet, en 1922, Anna-Liisa était de loin le film finlandais qui a fait le plus d’entrées ; il a du reste été vendu, entre autres, en Suède, en Norvège et aux Etats-Unis. Par ailleurs, Anna-Liisa a été le premier film finlandais que la commission d’inspection cinématographique de l’Etat a interdit aux enfants. Le film raconte l’histoire de la fille aînée de la ferme Kortesuo, Anna-Liisa, qui s’est rendue coupable d’un infanticide.

Cette version restaurée a gommé les marques du temps et a permis au film Anna-Liisa de retrouver son éclat grâce au support DVD édité par les Archives nationales finlandaises (KAVI) et Finnkino. Des teintages ont permis d’imiter les teintes de la version originale le plus fidèlement possible. Le trio Welho en improvise la musique.

ANNA-LIISA (1922), 67 min
DVD : intertitres en finnois et suédois, sous-titres en anglais

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Anna-Liisasta (1922) uusi dvd-julkaisu ja näkökulma-artikkeli

Kansallinen audiovisuaalinen instituutti (KAVI) ja Finnkino julkaisevat 1920-luvun yleisömenestyksen Anna-Liisan dvd:llä 17.10.

Restauroitu mykkäelokuva on pyritty saattamaan siihen muotoon kuin se oli lähes sata vuotta sitten. Musiikkina dvd:llä kuullaan Welho-trion improvisoitua musiikkia, joka on taltioitu 2013 Forssan mykkäelokuvapäivillä.

Minna Canthin viimeiseen näytelmään perustuva, Teuvo Puron ohjaama filmatisointi oli yleisömenestys. Se oli vuoden 1922 ylivoimaisesti katsotuin kotimainen elokuva, ja se myytiin mm. Ruotsiin, Norjaan ja Yhdysvaltoihin. Anna-Liisa oli ensimmäinen suomalainen elokuva, jonka Valtion filmitarkastamo kielsi lapsilta. Elokuva kertoo Kortesuon talon vanhemmasta tyttärestä Anna-Liisasta, joka on syyllistynyt lapsenmurhaan.

Lisätietoja elokuvasta http://www.elonet.fi/fi/elokuva/117257
Näyte elokuvasta: https://vimeo.com/107449603

IN MEMORIAM : PETER VON BAGH (1943-2014)

PETER VON BAGH – In memoriam, mardi 30.09.2014, à 19 h 00, à la cinémathèque ORION
Muistamme Peter von Baghia tiistaina 30.9.

Né le 29 août 1943 à Helsinki, Peter von Bagh, ce grand homme de cinéma, nous a quittés le 17 septembre dernier.

Ecrivain, metteur en scène, scénariste, monteur, documentariste de ses propres oeuvres, il est aussi acteur dans Juha (1998), Au loin s’en vont les nuages (1995) et L’homme sans passé (2001), trois longs métrages réalisés par Aki Kaurismäki, son complice de toujours. Membre du jury cannois pour la Caméra d’or en 1999, Peter von Bagh récidive en 2004 en intégrant, cette fois, le jury officiel du 57e Festival de Cannes présidé par Quentin Tarantino.
Plus connu en Finlande comme historien et critique de cinéma (rédacteur-en-chef du magazine Filmihullu), il a aussi été directeur de la Cinémathèque finlandaise avant de devenir directeur artistique du Festival de Bologne (Il Cinema Ritrovato) ainsi que du Midnight Sun Film Festival qu’il a co-fondé avec les frères Kaurismäki en 1986 et qui se déroule chaque été dans le village de Sodankylä, en Laponie.
Peter von Bagh laisse en héritage une dizaine de films ainsi qu’une quarantaine d’ouvrages de référence dont se nourriront pour longtemps des générations et des générations de cinéphiles et cinéastes en devenir. Son opinion faisait et fait toujours référence. Il n’est pas vraiment parti…
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A voir les trésors du Cinema Ritrovato à la cinémathèque Orion, du 30 septembre au 16 novembre (www.kavi.fi)
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A voir également à Kinopalatsi 10, jeudi 2 octobre, à 18 h 50, « Muisteja » (Souvenirs) : film documentaire de Peter von Bagh sur la ville de Oulu des années 50 – sa ville natale.
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A lire ci-dessous un extrait de l’interview d’Alain Bergala, critique de cinéma et réalisateur français, réalisée en juin dernier à Sodankylä, à l’occasion de la 29e édition du Festival du film du soleil de minuit.
Vous êtes, semble-t-il, pour la deuxième fois au Festival du film du soleil de minuit de Sodankylä. Quel regard portez-vous, avec le recul, sur ce festival ?
C’est un festival qui ne ressemble à aucun autre… Parfois, je me dis que, peut-être, le seul endroit avec lequel on pourrait le comparer, c’est Lussas, le Festival du documentaire de Lussas, parce que c’est pareil : c’est un village-rue, il n’y a pas d’hôtels…et Sodankylä, ça ressemble à ça. Sinon, c’est un festival où il n’y a pas non plus de compétition, et je trouve que c’est très bien ; il y a des rétrospectives, et donc, du point de vue du patrimoine, c’est un très bon festival. Et puis, et surtout, il y a Peter von Bagh, et Sodankylä fait partie des festivals qui tiennent sur la présence, le travail d’un homme. Il y a plein de pays où il n’y a tout simplement pas quelqu’un comme lui. Peter von Bagh, c’est Monsieur Cinéma. C’est tout – les livres, les films, l’Université –, et maintenant qu’il s’arrête un peu, ça ne va pas être simple pour le pays. Non seulement il n’y a pas de relève, mais il n’y en a pas deux comme lui. Et, évidemment, le plaisir de venir ici également, c’est que l’on sait qui fait la programmation, et ça ne peut exister que dans un petit festival… Je trouve ça formidable. Ce qui est bien aussi, c’est que les gens sentent qu’il n’y a pas de hiérarchie, et ça, je dois dire, c’est tellement rare aujourd’hui… un festival simple. On retrouve ici encore le vrai esprit d’un festival où le public et les gens qui font des films sont ensemble. Et ça, j’apprécie beaucoup. C’est à peu près pareil à Lussas, mais comme c’est un festival du documentaire, les gens sont moins des stars, mais l’esprit est le même… à peu près. Et puis, il y a encore les bobines. C’est vrai que Peter est un peu bloqué sur ça, mais j’avoue que de revoir « Voyage en Italie » de Rossellini en 35mm, c’est mieux, objectivement, que de le voir même dans une copie parfaite numérique et, hier soir aussi, le film russe de Gleb Panfilov « Le début », c’était très beau.

[Lire l’intégralité de l’interview sur ce site]
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A lire ci-dessous l’entretien réalisé en mai 2004 à l’occasion de la nomination de Peter von Bagh comme membre du jury à la 57e édition du Festival de Cannes.
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PETER VON BAGH, MEMBRE DU JURY DU 57e FESTIVAL DE CANNES (2004)

Membre du jury cannois pour la Caméra d’or en 1999, Peter von Bagh récidive en 2004 en intégrant, cette fois, le jury officiel du 57e Festival de Cannes. Est-il besoin de présenter cet artiste aux multiples talents : réalisateur, scénariste, critique, acteur occasionnel pour son complice de toujours Aki Kaurismäki, écrivain, historien du cinéma, directeur du Festival de Bologne, il est encore – comme s’il lui était besoin d’ajouter une autre corde à son arc – directeur artistique du Festival du Soleil de minuit organisé chaque été dans la petite ville de Sodankylä, en Laponie.

Félicitations pour votre nomination au jury du Festival de Cannes. Quelle a été votre réaction à l’annonce de cette nouvelle ?
Naturellement cela a été une surprise, car je m’attendais à être membre, une fois de plus, du jury de la Caméra d’Or ou d’Un Certain Regard. A vrai dire, je n’ai jamais même rêvé de faire partie, un jour, du “grand jury”. Il n’est tout simplement pas habituel que quelqu’un de ma profession, que ce soit comme critique ou historien (même si j’ai plusieurs autres professions), soit choisi. En l’occurrence, c’est comme critique que je serai à Cannes. D’après les organisateurs, on a besoin de gens qui ont de solides connaissances du cinéma. Je dois dire que, pour moi, le Festival de Cannes est avant tout une affaire très sérieuse. Cela peut effectivement surprendre parce qu’on pense toujours, mécaniquement, que Cannes est le symbole du cinéma commercial. Même moi, avant cette expérience de Caméra d’Or il y a cinq ans, j’avais tendance à penser cela. Mais en voyant le système cannois de l’intérieur, on comprend qu’il y a des gens extrêmement sérieux qui n’ont d’autre objectif que l’excellence du cinéma mondial. Ils ont beaucoup de pouvoir, et c’est bien de l’utiliser pour donner une chance aux dizaines et dizaines de réalisateurs les plus importants du monde. Les Américains ont du reste constamment attaqué le système des organisateurs de Cannes, car ils pensent que des réalisateurs comme Kaurismäki, Chahine, Straub ou Akerman n’ont pas le droit de vivre, tout simplement parce qu’ils ne sont pas commerciaux. Il y a cette loi darwinienne qui est celle de Hollywood qui veut que le plus fort économiquement soit capable de laminer le plus créatif culturellement, et Cannes est vraiment contre ça.

Que pensez-vous de Quentin Tarantino comme Président du jury ?
C’est extrêmement prometteur, car c’est un grand cinéphile. Un cas très curieux, d’une cinéphilie dévorante. Mais, en l’occurrence, c’est plutôt le côté label « kiosque » qui m’interpelle : comme on sait, ce sont les films de séries B qui ont surtout intéressé Tarantino – grand maître du collage, du quotidien et du trash. Et c’est précisément cet aspect-là qui est intéressant : c’est, à mon avis, un point de vue très original dans le contexte de Cannes. En fait, je me réjouis que le président du jury soit Tarantino que je n’ai, au demeurant, jamais rencontré auparavant.

Pour ce qui est de la sélection officielle, estimez-vous que la cuvée 2004 est une bonne cuvée ?
C’est une bonne sélection mais, pour moi, les plus grands noms du cinéma d’aujourd’hui sont absents cette année. Par contre, je dirai qu’il est justifié que le cinéma asiatique soit bien représenté, car il est souvent supérieur. En Asie, on peut encore faire avec fraîcheur, avec force des films que pas même le cinéma de Hollywood ne peut faire aujourd’hui. Les Asiatiques peuvent réinventer les genres traditionnels, c’est pourquoi, en termes de compétition, c’est assez prometteur. Il est fort possible qu’avec Tarantino, qui est un grand fan du cinéma asiatique, et Sui Hark, qui fait également partie du jury, un des grands prix aille à la Chine.

Vous êtes l’inventeur du concept des films “Bigger than Life”, n’est-ce pas ? Croyez-vous qu’on puisse encore voir ce genre de chefs-d’oeuvre au XXIe siècle, à Cannes notamment ?
Oui, j’ai effectivement appliqué le concept « Bigger than Life » aux films. A l’époque, c’était une série de cent émissions de radio de 50 minutes chacune dédiées à un film très important qui a vraiment marqué le cinéma. Je pense qu’on verra probablement encore des chefs-d’oeuvre, mais beaucoup plus rarement qu’il y a, disons, quarante ans. Mais si on fait des films de grande classe, il est plus que probable de les voir justement à Cannes, car Cannes est supérieur aux autres grands festivals. Le rêve de tout producteur est que son film soit présenté à Cannes. Outre la reconnaissance, une sélection à Cannes est un véritable accélérateur de notoriété. Les autres grands festivals comme Venise ou Berlin sont secondaires.

Comment se fait-il que des films largement appréciés par le public finlandais, comme « Koirankynnen leikkaaja » de Pölönen, n’aient pas encore trouvé leur place au Festival de Cannes ?
Je peux répondre en me référant à une discussion que j’ai eue avec le directeur du Festival il y a cinq ans lorsque j’étais membre du jury de la Caméra d’Or. Je l’avais alors questionné sur quelques films qui avaient un succès considérable ici en Finlande, et la réponse était qu’on n’avait pas vraiment compris le langage narratif. Sans vouloir généraliser, j’ai bien peur que le cinéma finlandais ne soit devenu, d’une certaine façon, provincial, que les nouveaux cinéastes n’aient aucune connaissance du cinéma classique. Aki Kaurismäki est le tout dernier qui connaît vraiment le cinéma.
C’est pour lui une langue universelle, il peut raconter des histoires. En général, le cinéma finlandais est un peu plus lié maintenant au langage de la télévision, des séries télévisées. Cela signifie que ce n’est pas intéressant comme expression, langage du cinéma. Ce n’est plus inventif. C’est un cinéma très “middle-of-the-road”, et ça ne fonctionne pas avec les étrangers pour qui c’est peu compréhensible. Pölönen est à part parce que c’est un enfant de la nature ; il a une façon de raconter qui est naturelle, et je peux facilement imaginer qu’un jour un film de Pölönen fera son entrée dans les grands festivals.

A peine aurez-vous quitté le feu des projecteurs de Cannes que vous inaugurerez le Festival du Soleil de minuit de Sodankylä dont on a souvent dit, du reste, que c’était “l’anti-Cannes”. Quels sont les invités et les moments forts de ce XIXe Festival ?
Je crois que c’était le Times de Londres qui a une fois écrit que Sodankylä est sans aucun doute le meilleur festival du monde, et développé cet argument en disant que c’est l’anti-Cannes. Naturellement, il n’y a pas de compétition, pas de jury, et encore moins d’honneurs ou de glamour à Sodankylä. Ça fait une grande différence ; ça nous permet de montrer tous les films qu’on veut sans esprit de compétition. Pour ce qui est des quatre invités majeurs du festival, il est encore trop tôt pour se prononcer. Pour l’instant, nous avons seulement un nom qui est sûr : Nanni Moretti. Visages d’enfants de Jacques Feyder est, sans aucun doute, l’un des moments forts du festival. C’est l’un des plus grands films muets que je connais, avec un accompagnement musical interprété par le formidable Octuor de France qui sera dirigé par l’Italien Antonio Coppola.

J’ai toujours plus ou moins été “anti-festival”, et quand on pense au rapport que j’ai avec le cinéma, j’ai très rarement fréquenté les grands festivals. Mais par une curieuse ironie du destin, je me retrouve aujourd’hui directeur de deux festivals, Sodankylä et Bologne, et tous les deux de réputation mondiale.

Propos recueillis en français
par Aline Vannier-Sihvola
Helsinki, mai 2004