NI JUGE NI SOUMISE sacré Meilleur documentaire lors de la 9e cérémonie des MAGRITTE du CINÉMA

Ni juge ni soumise
La 9e cérémonie des Magritte du Cinéma – l’équivalent belge des César français, des Oscar américains ou encore des Jussi finlandais – s’est déroulée le 2 février 2019. Lors de cette cérémonie annuelle qui consacre les talents du cinéma belge, le film « Ni juge ni soumise » de Jean Libon et Yves Hinant, qui met en scène la juge d’instruction Anne Gruwez, a remporté le Magritte du Meilleur documentaire.

A cette occasion, lire ou relire :
ENTRETIEN AVEC YVES HINANT
DSC02873Yves Hinant, réalisateur belge, était l’invité du Festival international du film de Helsinki – Amour & Anarchie dont la 31e édition s’est déroulée cette année du 20 au 30 septembre 2018. Yves Hinant a réalisé de nombreux films pour l’émission culte de la télévision belge « Strip-tease », diffusée dans les années 80 sur la RTBF et France 3, qui a déshabillé la Belgique et la France pendant près de 25 ans. En 2008, il filmait « Le flic, le juge et l’assassin » qui entrouvrait les portes de la justice belge sous la houlette, entre autres, d’un personnage truculent qu’est l’atypique juge Anne Gruwez. Dix ans plus tard, Yves Hinant est venu présenter au Festival Amour & Anarchie « Ni juge, ni soumise », un premier long métrage fidèle à l’esprit Strip-tease avec Anne Gruwez comme personnage principal, qui suit de nouveau cette juge d’instruction bruxelloise anticonformiste et ébouriffante lors d’enquêtes criminelles, d’auditions de témoins et de visites de scènes de crime. Yves Hinant, avec son acolyte Jean Libon, pénètre les rouages de l’instruction comme personne n’avait réussi à les filmer jusqu’ici. Une incursion inédite au coeur du système judiciaire belge où se côtoient l’absurde, le comique et le tragique.

Vous avez accepté l’invitation du Festival Amour & Anarchie, mais que saviez-vous au préalable de ce festival et que connaissez-vous du cinéma finlandais, notamment des documentaires finlandais ?
Comme le film « Ni juge, ni soumise » tourne pas mal dans de nombreux festivals, je voulais venir ici parce que j’aime vraiment beaucoup la Finlande. J’y suis venu pêcher il y a trois mois avec un copain finlandais qui habite à Bruxelles mais qui est de Kuopio. En fait, je ne connais pas grand-chose du cinéma finlandais. De ce que j’ai vu des fictions, il y a quand même un côté surréaliste qui me plaît bien. Dans le cinéma nordique, comme dans la littérature, du moins de ce que j’en connais, il y a quelque chose qui me touche beaucoup plus qu’un autre cinéma. Par ailleurs, j’aime bien l’absurde et ça me rapproche sans doute des Finlandais.

Vous êtes, à l’origine, avec Jean Libon, de l’émission culte « Strip-tease » de la télévision belge, lancée en 1985 et diffusée en France à partir de 1992 (stoppée en 2012). Qu’est-ce qui a fait, au départ, que vous vous êtes lancé dans cette aventure ?
« Strip-tease » était une espèce de rendez-vous où le réalisateur venait apporter un regard souvent décalé sur le monde et, comme ça a disparu – parce que je crois que l’époque n’est plus à ce type d’écriture-là –, on s’est dit qu’on pouvait peut-être encore manquer à certains. Il se trouve qu’un producteur français est venu proposer de faire un film pour le cinéma et c’est toujours intéressant que quelqu’un vienne vous voir pour vous pousser à vous mettre au cinéma. On a, donc, fait un film pour ça, en se disant aussi que l’étiquette « Strip-tease » n’était pas morte et qu’il y avait un souvenir du magazine qui avait été lancé par Jean Libon et Marco Lamensch. Je les ai, pour ma part, rejoints assez vite, mais ce sont eux deux qui ont fait l’émission.

Pourquoi la série s’est-elle arrêtée après 27 ans ?
Elle s’est arrêtée parce qu’en Belgique on a changé et appelé l’émission « Tout ça ne nous rendra pas le Congo », et les films qu’on faisait étaient un  peu plus longs. On s’est arrêtés faute de combattants et faute d’énergie. En tout cas, la chaîne française a décidé de ne plus poursuivre les histoires de « Strip-tease » alors que ça fonctionnait très bien. France 3 a arrêté la diffusion de « Strip-tease » qui marchait bien et qui avait une audience assez régulière, mais je pense que c‘est un changement d’époque, en fait. Je crois qu’il y avait quelque chose qui grattait, qui peut-être dérangeait. « Strip-tease » a été lancée d’abord en Belgique. Il y avait une émission en France et une émission en Belgique. L’émission française nourrissait avec des programmes l’émission belge et l’émission belge nourrissait l’émission française avec des films belges. Donc, les productions se croisaient, en fait. L’émission était produite par France 3 et la RTB. Il y avait une émission qui était belge avec trois sujets belges et un sujet français, et l’émission française, c’étaient trois sujets français et un sujet belge.

Comment débusquiez-vous les personnages des sujets traités dans « Strip-tease », tous insolites les uns que les autres ?
En fait, c’est facile de les trouver en Belgique. La fameuse explication quant à ce qui différenciait un « Strip-tease » français d’un « Strip-tease » belge, soit la différence entre la France et la Belgique, c’était qu’en France on trouvait un chômeur qui allait dire que la situation économique était vraiment désastreuse mais qu’avec beaucoup d’abnégation et de patience on allait s’en sortir, alors qu’en Belgique un chômeur dans la même situation allait vous dire que c’était la merde complète. Avec ça, c’est quand même plus facile de créer des choses, même s’il y a de très bons films français. A mon avis, on essaie avant tout de trouver des histoires, indépendamment de la thématique. Pour ma part, j’aime bien la thématique, j’aime bien les contraintes. A l’époque, on avait fait un premier film avec la juge Gruwez qui intervenait comme un personnage secondaire. J’aime bien, en ce qui me concerne, avoir un accès dans une thématique quasiment impossible – la justice, c’est quand même un endroit fermé – puis on ouvre les yeux, on regarde et on cherche. Et Anne Gruwez, le personnage principal de « Ni juge, ni soumise », dépote. Je crois, en plus, que c’est une très bonne juge d’instruction, mais elle est particulière. Moi, j’aime bien la singularité, je n’aime pas le côté lisse. Et puis, surtout, elle est drôle. Et je trouve que l’humour, c’est un accélérateur de l’histoire. C’est quelque chose qui vous rapproche de l’histoire et qui l’accélère aussi. En fait, dès qu’on rit un peu, on a l’impression que le temps passe plus vite.

Fidèle à l’esprit Strip-tease, vous passez avec « Ni juge, ni soumise » – un premier format long métrage – du petit au grand écran. Comment avez-vous découvert ce personnage haut en couleur au caractère bien trempé qu’est la juge d’instruction Anne Gruwez, qui roule en 2 CV et vit avec un rat domestique ?
On avait fait un film avec Jean Libon pour « Strip-tease », une série policière en 3 x 52 minutes, et Anne Gruwez était juge dans ce film-là (« Le flic, le juge et l’assassin » – 2008), mais elle n’était pas le personnage principal. Et quand on nous a demandé de faire un film pour le cinéma, on a réfléchi à l’histoire qu’on devait raconter. On ne pouvait pas décevoir les gens, et donc on s’est dit qu’avec un polar à la belge au cinéma, ça allait le faire. Je connais de mieux en mieux les arcanes de la justice vu que j’y ai de plus en plus mes entrées, et la juge, qui n’était pas demandeuse de refaire un film avec nous, ne nous avait pas tout donné. Elle avait fermé les portes lors des précédents tournages. Je lui ai alors demandé de faire un film avec elle, ce qu’elle a accepté, mais à condition qu’elle ouvre toutes les portes, ce qu’elle a fait.

N’avez-vous pas dû obtenir des dérogations pour filmer des entretiens avec des prévenus qui se tiennent normalement à huis clos ?
Le culte du secret, c’est aussi fait pour être levé. Donc, je ne vois pas très bien pourquoi il y aurait des endroits qui seraient fermés. Je pense qu’il y a une espèce d’autocensure, parfois des réalisateurs ou des journalistes, qui se disent, dans certains cas, qu’ils ne vont pas essayer parce que ça va être impossible. J’aime bien ce qui est impossible, quelque part c’est un peu ma drogue. D’un côté, je pense qu’il faut aller dans des endroits qui sont interdits. Par ailleurs, l’attrait de la nouveauté a aussi quelque chose d’un peu plus excitant que de faire des choses qui ont été rebattues et rebattues. Et puis, pour ce qui est de l’accès par rapport aux personnes, ce sont elles-mêmes qui ont accepté et qui m’ont donné une autorisation écrite. On avait des contacts avec les avocats qui les représentaient. Quelque part il faut regarder le monde en face, et je trouve que « Ni juge, ni soumise » est simplement un film sur 2018 qui nous montre l’époque dans laquelle nous vivons. Et donc, forcément, on essaie d’ouvrir toutes les portes, et il faut le faire à livre ouvert et non pas à livre fermé. A l’ère de la communication, tout est sous contrôle et on est souvent, nous réalisateurs ou journalistes, et de plus en plus, confrontés à des communicants. On aimerait bien faire parler un film sur telle personne mais il y a une interface qui intervient et qui essaie de nous limiter déjà dans la manière d’aborder le sujet, en disant qu’il ne faut pas ces questions-là, pas ce thème-ci, pas ce jour, etc. Je pense, pour ma part, qu’au contraire il faut tout ouvrir. Et quand on s’étonne de filmer simplement un BTS quotidien (Behind the Scenes ou « derrière les coulisses » – NDLR), c’est donc que la période que nous vivons, 2018, est une période qui referme de plus en plus, qui rend secret des choses qui sont parfois  tout à fait absurdement simples et jolies à voir.

Dans votre film, le dossier fil rouge sur le meurtre de deux prostituées a-t-il été rouvert 20 ans après juste pour les besoins du film ? Et savez-vous si le cas est maintenant résolu ?
C’était une des premières histoires de la juge qu’elle n’avait toujours pas résolue et donc, quelque part, ça restait dans sa tête. Quant à nous, comme on cherchait forcément un fil rouge, elle nous a dit alors qu’elle avait toujours cette histoire-là qui lui trottait dans la tête, que ça l’énervait qu’aujourd’hui encore le cas n’ait toujours pas été résolu, qu’elle continuait à réfléchir et qu’elle rouvrait le dossier. Ce n’est pas pour les besoins du film, mais c’est l’occasion, disons, qui a fait le larron. Quant au cas, il n’a pas avancé et n’est toujours pas résolu. Il reste ouvert et la juge attend la réponse des Américains. Mais, pour ma part, j’aime bien les films qui restent ouverts et restent sur leur fin.

Est-ce que la présence de la caméra n’a pas altéré la spontanéité, l’authenticité des propos ?
Il y a un grand débat dans le cinéma du réel sur l’impact de la présence d’une caméra sur le réel. Le plus important, c’est ce qu’on filme, et nous les réalisateurs, on essaie à ce moment-là d’être dans les endroits chauds. C’est la technique de la caméra chaude, de la caméra froide. On essaie d’être là où les choses sont tellement importantes que la présence d’une caméra s’oublie. D’abord, il y a un repérage important avant qu’une caméra arrive, c’est-à-dire que je passe beaucoup de temps avec les gens, et puis, à un moment donné, quand je commence à pouvoir faire le café chez quelqu’un, je peux sortir la caméra. C’est un peu comme si j’amenais un copain, une copine. En fait, c’est le principe de la caméra chaude, de la caméra froide. Par exemple, si des parents décèdent et que les enfants ne s’entendent pas, une fois chez le notaire au moment de la lecture du testament, tous les protagonistes de la scène sont tellement tendus et concentrés que la présence d’une caméra ne va pas se voir. Elle va s’atténuer voire disparaître. Donc, on essaie de se mettre dans des endroits où la caméra est froide, c’est-à-dire qu’elle n’est pas regardée. Par contre, si je viens chez vous pour la première fois et que vous êtes toute seule avec votre fille, votre mari, que sais-je, ou votre canari, si je débarque avec une caméra, forcément vous allez tous vous tourner vers la caméra et attendre. Donc, on n’a rien à filmer. Quelque part, on n’a rien à faire là-bas.

Est-ce que votre film se rapproche plus du documentaire ou de la fiction ? Un docuvérité, un docufiction ou un « documenteur » dont l’invention du terme revient à Agnès Varda ?
Votre confusion, en fait, me réjouit. On a montré ce film-là à Saint-Sébastien pour la première fois. Nous, les Français, Belges ou Québécois, on connaît un petit peu l’écriture « Strip-tease », mais pas l’Espagne et, quand on a projeté le film au Festival de Saint-Sébastien, son formidable directeur n’a pas attribué la mention « documentaire » au film. Le festival de Saint-Sébastien sélectionne généralement des premiers ou deuxièmes films, et donc il ne l’a pas, intelligemment, distingué en tant que documentaire. Donc, on a fait la projection et la salle était sidérée. Il y a eu une ovation pour Anne Gruwez et puis elle a eu la mention spéciale Prix d’interprétation. C’est, d’évidence, un film dans lequel il y a des ambiguïtés et, en fait, chacun peut y trouver ce qu’il veut. Est-ce un documentaire ou une fiction ? De l’art ou du cochon ? C’est ce qu’on appelle le cinéma du réel.

Est-ce que vous-même vous arrivez encore à être surpris par telle situation, tels propos ?
C’est le grand débat que nous avons entre réalisateurs de films du réel et de fiction, et je pense que le réel est plus fort que la fiction. Je me souviens, par exemple, d’un film que j’avais fait – c’était en fait le film précédent – « Le flic, le juge et l’assassin » dans lequel une femme est retrouvée morte et la pièce à conviction est une frite qu’on retrouve dans son estomac. Si ça avait été scénarisé, si un scénariste idiot avait pondu cette idée que la pièce à conviction en Belgique, à Bruxelles, est une frite, on lui aurait dit que c’est complètement stupide et que ça ne marche pas. C’est pour ça que j’aime le réel et que forcément j’aime bien être surpris. Je trouve que le réel a quelque chose de surprenant. Dans le film « Ni juge, ni soumise », il y a une séquence sur une famille où se pose la question de la consanguinité. C’est abordé de façon tellement absurde que c’est impossible de la scénariser comme ça. Et c’est vrai que lorsqu’on doit se mettre à inventer des histoires, ce doit être particulièrement difficile. La manière dont je travaille avec Jean Libon, qui coréalise avec moi le film, c’est que, moi, je tournais et lui, il visionnait les rushes le soir ou au petit matin. En fait, on s’appelait pour voir son étonnement par rapport à ce que j’avais tourné. « Ecoute, Jean, j’ai filmé aujourd’hui un truc, regarde ! » Si j’avais un bon sentiment sur des rushes, bien souvent c’était confirmé par lui.

Le spectateur, lui, est confronté à ce que la vie a de plus dur. Je donnerai seulement les deux exemples qui m’ont le plus marquée : la scène au cimetière de l’exhumation d’un corps – enterré de fraîche date ! – pour un prélèvement d’ADN. Insoutenable également le récit de cette mère infanticide. Quelle est selon vous la limite – s’il y en a une – à ne pas franchir ?
Je pense qu’il y en a une, c’est quand on humilie des gens. Et je pense qu’il y a des films que je ne ferai pas, et donc il y a des personnages que je ne filmerai pas parce que le fait de les filmer les rendrait sympathiques. C’est-à-dire que je n’aimerais pas rendre sympathique quelque chose qui m’est absolument insupportable. Pour ce qui est de l’exhumation, on en voit quasiment dans tous les films de fiction, dans les séries, et quant à la scène insoutenable de la mère infanticide, je trouve que c’est justement important de le montrer parce qu’on a eu un précédent en Belgique, c’est l’affaire Lhermitte – Joachim Lafosse a, du reste, fait une fiction inspirée de cette affaire « A perdre la raison ». C’est une mère qui tue ses cinq enfants avec un couteau de cuisine et il y a eu un procès d’assises. Mais une mère qui tue ses enfants, je pense que c’est de l’ordre de la folie et ne relève pas de l’acte méchant en tant que tel. Et dans notre film, dans la scène qu’on a mise sur l’infanticide qui est une scène qui m’a aussi marqué, on montre quand même que la folie est humaine. Et donc, cette femme est humaine, même si elle a commis l’irréparable. Moi, ce que j’aime bien dans cette séquence-là, c’est qu’on la voit et quelque part on peut comprendre la folie parce qu’on l’écoute et on la voit. C’est la seule personne qui assume ce qu’elle a fait, c’est quand même étonnant. La folie fait partie de nous, et comme le dit assez justement la juge : « Qui n’a pas eu envie de tuer son voisin, de voler un objet, de chiper quelque chose… ». Donc, c’est toute une galerie de choses qu’on pourrait être. On peut être toutes ces formes-là, en fait. Et la folie, forcément ça me touche parce que qui peut dire qu’on ne sera jamais atteint par cette possibilité-là.

Est-ce que vous aviez beaucoup de rushes et est-ce que vous avez dû beaucoup coupé au montage ?
On a eu beaucoup de rushes mais je suis convaincu que si on avait fait le film ensemble et que si vous aviez visionné tous les rushes, vous auriez choisi les mêmes séquences que nous parce qu’elles ressortent du lot, en fait. Et je trouve que le film n’a pas été très difficile à monter. On avait ce qu’il fallait, et il n’y avait pas trois fois la matière. En fait, c’est assez simple : toutes les séquences se répondent quelque part et c’est, à mon avis, un film relativement assez équilibré.

Toujours dans cette idée que la caméra peut produire des distorsions, des exagérations, la juge dit à propos de l’un de ses clients : « Il était gentil comme tout. Il avait tué sa femme. Ce sont des choses qui arrivent. Il faut dire que c’était une emmerdeuse. » L’aurait-elle dit sans la caméra et, en tant que juge, n’a-t-elle pas eu des représailles ?
Je la connais assez bien. Elle est encore plus formidable que ça dans le réel. C’est une de ces personnes qu’on rencontre rarement, et la caméra, en fait, elle n’en a absolument rien à faire ; elle ne la voit même pas. Alors qu’elle ait eu des problèmes avec certains… (?) Ceux qui l’aiment bien l’aiment mieux, ceux qui la détestent la détestent encore plus. Elle a peut-être davantage sensibilisé les gens qui n’avaient pas d’avis. Je pense que c’est une personnalité assez attachante et sympathique parce qu’elle est cash, parce qu’elle a quelque chose d’un peu « brut de décoffrage ». Alors, est-ce qu’on aurait pu faire ce film-là en France ? Non, à mon avis. En France, il y a un certain sérieux dans le traitement du sujet, comme l’a fait, par exemple, Raymond Depardon… ou d’autres. Je pense que c’est une autre justice qu’on montre en France. En Belgique, heureusement, on a ce côté un peu décalé. Je pense que c’est quelque chose qui fait quand même du bien de voir l’humanité de la justice avec tout ce que ça comporte en termes de fragilité, de force ou de faiblesse.

Y a-t-il une censure cinématographique en Belgique ?
Non. Il faut, bien évidemment, respecter les droits et les devoirs qui vont avec le métier qu’on pratique. Dans ce film, on n’a pas évoqué des affaires de mineurs parce que c’est un accord qu’on avait à la base. Non, heureusement, on n’est toujours pas dans une dictature même si parfois on s’en approche. On a toujours une liberté… En tout cas, on a eu une expérience avec un producteur français particulièrement courageux, honnête, un super producteur qui est Bertrand Faivre de Bureau Films, qui nous a vraiment laissé faire ce qu’on voulait avec une boîte Artemis Productions en Belgique qui a travaillé formidablement bien. Il n’y a pas eu l’ombre d’un cri, d’une larme, d’une colère pendant le tournage qui a duré 3 ans.

Quelles ont été les principales difficultés durant ces 3 ans de tournage ?
La difficulté, c’est qu’on n’est pas maître du réel, en ce sens que le réel peut vous échapper. Dans une fiction, on peut se dire qu’on va arrêter maintenant, on va trouver cette fin-là pour arrêter maintenant. C’est scénariser le réel qui est compliqué, le scénariser c’est-à-dire le mettre en histoire. De ce fait, on essaie de partir d’une histoire qui est relativement forte et d’un personnage qui doit être particulièrement percutant, parce que justement on n’a pas toutes les clés sur le réel. L’angoisse, c’était celle-là : comment on allait pouvoir clôturer ce film-là. Le commencer, ce n’était pas un problème, mais comment le terminer parce qu’on n’est pas maître du réel, en fait. Dans la vie, il n’y a pas de grands bouleversements sinon liés à un événement tout à fait involontaire. C’est-à-dire que les gens qui disent qu’ils changent de vie, est-ce qu’ils en changent vraiment ? Donc, on est tributaire du réel, et l’angoisse c’était ça. Qu’est-ce qui va se passer pendant les 3 ans ?

Est-ce qu’il vous a été difficile d’obtenir les autorisations ?
Personnellement, j’ai déjà tourné avec la justice belge. Et si je me réfère à la Belgique, c’est parce que c’est un pays dont je viens et qui me fascine et où il règne un bons sens commun quand même assez génial. C’est-à-dire que c’est un monde beaucoup plus petit ; tout le monde peut devenir président en Belgique. Il y a une certaine proximité. On peut rencontrer les gens et il y a une grande facilité pour se parler. Ainsi, pour le premier film que j’avais fait, il fallait filmer, d’une certaine manière, le secret de l’instruction, et cela n’avait jamais été fait auparavant. Mais, quelque part, comme on a un petit peu de ténacité, et qu’on a surtout le temps (puisque je venais du service public, je travaillais aussi à la télévision), et le temps, c’est ça qui fait la force des projets. C’est-à-dire qu’on peut passer, comme sur les autres projets, parfois des années. En ce moment, on est en train de tourner une série avec Jean Libon et Manu Riche sur les tueurs du Brabant. A vrai dire, on tourne depuis 5 ans et les gens qu’on approche quand on leur parle de cette notion de temps, ils y sont très sensibles. C’est-à-dire que si on débarque une semaine pour boucler le projet, ça ne correspond pas vraiment à la réalité. Le fait de dire qu’on arrive et qu’on prend tout le temps qu’il faut, je crois que ça rassure beaucoup de personnes, d’interlocuteurs, d’autorités.

Vous a-t-il été difficile d’obtenir le financement du film ?
Je ne pense pas. Ce n’est pas moi mais le producteur, Bertrand Faivre, qui s’est occupé de ça. Comme c’était un producteur qui, à la base, avait envie, c’était déjà particulièrement réjouissant. Et Bertrand Faivre était motivé et motivant. On n’a pas écrit une ligne de traitement de dossier là-dessus ; on a juste envoyé Bertrand qui est allé voir les gens qui allaient financer le film avec une espèce de trailer de 10/12 minutes, une espèce de pré-tournage, et il a convaincu les gens avec des images et non pas du papier. Et moi, ça me rassure, en fait. Je pense que peut-être les coproducteurs – France 3 Cinéma, Canal+, VOO, la RTBF, etc. – étaient contents de financer autrement un film.

Est-ce que le fait de passer du petit au grand écran a changé quoi que ce soit dans votre manière d’aborder le cahier des charges « Strip-tease » (soit, entre autres, pas d’écrit préalable, pas de commentaires, pas de musique, pas d’interview) ?
Non, on n’a rien changé. On a fait peut-être un petit peu plus attention au cadre, à la caméra qu’on a employée, à installer un peu plus les choses. Je travaille avec Jean Libon et ça fait quand même un paquet d’années qu’il est dans le métier, et je pense qu’il a souvent raison, notamment quand il dit qu’il ne faut pas trop changer. Il ne faut pas bouger, en fait. Il faut rester dans les principes qui ont fait leurs preuves, il faut être patient. Il y a toujours le moment où on se dit qu’on a l’impression de ne rien inventer mais si on regarde autour ce qui se fait on est quand même, dans certains cas, à la limite du clip vidéo plutôt que du contenu à l’intérieur. Certes, il y a de la musique et des images magnifiques, mais où est l’histoire ? C’est un petit peu, parfois, ce que je me pose comme question. La forme peut être plus attrayante mais ma préoccupation va vers le contenu qu’il y a à l’intérieur.

Y aura-t-il d’autres longs formats « Strip-tease » ?
On y travaille. On a pour l’instant deux projets en cours. Je ne peux pas encore en parler mais ils nous semblent en voie d’être de bonnes prochaines réalisations.

Quels sont vos projets cinématographiques ? Vous avez mentionné précédemment une série sur les tueurs du  Brabant.
C’est une série télévisée avec la RTBF, la VRT (la partie flamande) et ARTE. C’est une histoire formidable. Dans les années 83/85, il y a des personnes armées qui sont entrées dans les grands magasins et il y a eu 28 morts. On n’a jamais réussi à résoudre l’énigme mais il y a toujours une juge d’instruction et des enquêteurs qui travaillent sur ce dossier-là. Et avec Manu Riche et Jean Libon, la RTBF et la VRT, on fait une série en suivant le quotidien de ces enquêteurs qui travaillent toujours. Je trouve ça formidable. Trente ans après, c’est formidable.

Propos recueillis par Aline Vannier-Sihvola
Helsinki, le 28 septembre 2018

https://www.youtube.com/watch?v=_DlC7-cclhI
« Ni juge, ni soumise » – actuellement disponible en DVD, Blu-Ray ou VOD

Entretien avec EMILY ATEF

EMILY ATEF
Emily Atef, réalisatrice franco-iranienne, était l’invitée du Festival international du film de Helsinki – Amour & Anarchie dont la 31édition s’est déroulée cette année du 20 au 30 septembre 2018. Elle est venue présenter son 4e long métrage, « 3 jours à Quiberon », qui relate les 3 jours qu’a passés l’actrice Romy Schneider en 1981 lors de sa cure à Quiberon où elle a accordé une interview exceptionnelle au magazine allemand Stern. Emily Atef signe un portrait émouvant de cette incroyable actrice, embelli par une magnifique photographie en noir et blanc. La caméra à fleur de peau nous permet de nous approcher au plus près de la femme sensible, fragile mais aussi lumineuse qu’était Romy Schneider à cette période de sa vie. Interprétée par Marie Bäumer, dont la ressemblance avec la star est troublante, on est pris dans l’illusion et l’émotion de voir revivre sans fard et sans filtre Romy Schneider à l’écran.

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Entretien avec YVES HINANT

DSC02873Yves Hinant, réalisateur belge, était l’invité du Festival international du film de Helsinki – Amour & Anarchie dont la 31e édition s’est déroulée cette année du 20 au 30 septembre 2018. Yves Hinant a réalisé de nombreux films pour l’émission culte de la télévision belge « Strip-tease », diffusée dans les années 80 sur la RTBF et France 3, qui a déshabillé la Belgique et la France pendant près de 25 ans. En 2008, il filmait « Le flic, le juge et l’assassin » qui entrouvrait les portes de la justice belge sous la houlette, entre autres, d’un personnage truculent qu’est l’atypique juge Anne Gruwez. Dix ans plus tard, Yves Hinant est venu présenter au Festival Amour & Anarchie « Ni juge, ni soumise », un premier long métrage fidèle à l’esprit Strip-tease avec Anne Gruwez comme personnage principal, qui suit de nouveau cette juge d’instruction bruxelloise anticonformiste et ébouriffante lors d’enquêtes criminelles, d’auditions de témoins et de visites de scènes de crime. Yves Hinant, avec son acolyte Jean Libon, pénètre les rouages de l’instruction comme personne n’avait réussi à les filmer jusqu’ici. Une incursion inédite au coeur du système judiciaire belge où se côtoient l’absurde, le comique et le tragique.

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Festival AMOUR & ANARCHIE 2018

Amour & Anarchie – 31e édition du Festival international du film de Helsinki
20.-30.09.2018

A&R 2018

Le Festival international du film de Helsinki – Amour & Anarchie a lieu chaque année, depuis 1988, en septembre. Il fête cette année sa 31e édition qui s’ouvrira avec le film du cinéaste polonais Pawel Pawlikowski « Cold War », et se clôturera avec « Leto » du réalisateur russe Kirill Serebrennikov. Invité d’honneur du Festival Amour et Anarchie, Spike Lee viendra présenter son dernier film, après 27 ans d’absence, « BlacKkKlansman », qui a obtenu le Grand Prix du Jury au dernier Festival de Cannes, avec l’acteur finlandais Jasper Pääkkönen dans l’un des rôles principaux. A noter aussi la venue de Margarethe von Trotta le dernier jour du festival pour présenter son dernier film documentaire « Searching for Ingmar Bergman ». Seront également présents au Festival, entre autres, la réalisatrice franco-iranienne Emily Atef avec son dernier film « 3 jours à Quiberon » qui dresse un portrait bouleversant de Romy Schneider, le réalisateur belge Yves Hinant de la série culte Strip-tease qui viendra présenter « Ni juge, ni soumise », un long métrage décapant sur l’état du crime et de la justice, ainsi qu’Antoine Desrosières et Annabelle Bouzom, respectivement réalisateur et productrice de « A genoux les gars », une comédie piquante sur la sexualité des jeunes.

Le Festival Amour & Anarchie – le plus grand festival du film de Finlande et, également, le plus accessible –, met en valeur de nouveaux films inventifs, visuellement étonnants et controversés, révèle les talents prometteurs de demain.
Parfois décoiffant, mais à voir !
Lire la suite « Festival AMOUR & ANARCHIE 2018 »

Entretien avec F. J. OSSANG

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J. Ossang – réalisateur, écrivain, poète, musicien – était l’invité du dernier Festival Amour & Anarchie qui s’est déroulé à Helsinki en septembre 2017. Cet artiste polymorphe hors normes, venu présenter son dernier film, faisait son grand retour, après six ans d’absence, dans le paysage cinématographique français avec son 5e long métrage « 9 Doigts », récemment récompensé du Léopard de la Meilleure mise en scène au Festival de Locarno.
« 9 Doigts » est un film noir d’anticipation, en noir et blanc, un film comme on en voit peu. A la suite d’un braquage, une bande de malfrats embarque sur un étrange cargo à destination du Nowhereland. Une expédition expérimentale en eaux troubles, qui vibre au rythme de MKB Fraction Provisoire, de quoi ravir les punks de la première heure et les amoureux du cinéma expressionniste… Et toujours en pellicule !

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Entretien avec JEAN MICHEL ROUX

Jean Michel Roux 2

Jean Michel Roux, réalisateur et scénariste français, était l’invité de la 30e édition du Festival international du film de Helsinki – Amour & Anarchie, qui s’est déroulée du 14 au 29 septembre 2017. Après avoir réalisé « Les mille merveilles de l’univers » (fiction – 1997) et « Enquête sur le monde invisible » (documentaire – 2002), Jean Michel Roux a présenté, à l’occasion du Festival, son dernier long métrage documentaire « Pohjolan Enkeli »/« L’ange du Nord » dont la sortie en salles à Helsinki est prévue le 14 novembre 2017. Cet « essai cinématographique » est un documentaire poétique assemblant confessions et visions symbolistes à partir de l’interprétation d’un tableau « L’ange blessé » (1903) du peintre finlandais Hugo Simberg.

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Entretien avec GILLES BOURDOS

Gilles Bourdos

Gilles Bourdos, réalisateur et scénariste français, était l’invité de la 30e édition du Festival international du film de Helsinki – Amour & Anarchie qui s’est déroulée du 14 au 24 septembre 2017. Gilles Bourdos est venu présenter en avant-première son dernier long métrage « Espèces menacées » – sortie en France le 27 septembre –, trois récits sur des relations familiales complexes au travers desquels il traite, avec finesse et pudeur, le sujet grave et sensible de la violence conjugale. Le film est porté par des acteurs remarquables de justesse, notamment Alice Isaaz, Vincent Rottiers, Grégory Gadebois, qui jouent tout en retenue et émotion.

Vous êtes sans doute pour la première fois en Finlande. Qu’est-ce qui vous a décidé à venir – pratiquement directement de La Mostra de Venise – au Festival Amour & Anarchie de Helsinki ?
C’est tout simplement la rumeur très positive des cinéastes français sur ce festival. C’est le bouche-à-oreille des cinéastes : on sait, les uns et les autres, les endroits où il est super d’aller et les autres dont on peut se passer. C’est aussi simple que ça.

Que connaissez-vous du cinéma finlandais ?
Comme tout le monde, Aki Kaurismäki. Toutefois, pour être tout à fait honnête, ce n’est pas totalement un langage cinématographique qui correspond à ma sensibilité, à mes goûts premiers mais, évidemment, je reconnais la poésie, l’humour, des tas de choses qui sont formidables dans son cinéma. Lire la suite « Entretien avec GILLES BOURDOS »

Entretien avec PEKKA LANERVA

ENTRETIEN AVEC PEKKA LANERVA

Pekka Lanerva

Pekka Lanerva est le directeur artistique du Festival international du film de Helsinki – Amour & Anarchie qui vient de célébrer, du 14 au 24 septembre, sa 30e édition. A cette occasion, la programmation a offert quelque 180 longs et 200 courts métrages (au total plus de 500 projections) au public qui était une fois de plus au rendez-vous et n’a pas manqué de remplir les salles obscures. En effet, on a dénombré au terme des onze jours du Festival plus de 60 000 entrées. Le Festival s’est clôturé avec « The Square », Palme d’or du dernier Festival de Cannes 2017, du réalisateur suédois Ruben Östlund (sortie en salles à Helsinki le 17.11.2017).
Au nombre des invités de cette 30e édition, Thierry Frémaux, directeur de l’Institut Lumière de Lyon et délégué général du Festival de Cannes, venu présenter son premier film « Lumière ! » (*), 108 films de 50 secondes signés des pionniers du cinéma, en hommage à l’oeuvre des frères Lumière. Egalement présents au Festival, le réalisateur français Gilles Bourdos avec son dernier film « Espèces menacées », ainsi que deux cinéastes français habitués du Festival Amour & Anarchie, J. F. Ossang avec « 9 doigts », film noir d’anticipation, et Jean-Michel Roux dont le dernier essai cinématographique en finnois « Pohjolan Enkeli » (L’Ange du Nord) était présenté en avant-première lors du Festival, dans le cadre de la célébration officielle du centenaire de la Finlande (sortie en salles à Helsinki le 14.11.2017).

Trente ans se sont écoulés depuis la 1ère édition du Festival Amour & Anarchie. Comment tout cela a-t-il commencé et d’où vient le nom du festival ?
Le nom du festival vient du film de Lina Wertmüller qui a été présenté lors de la 1ère édition du festival « Film d’amore e d’anarchia ». Moi et mes copains, qui du reste travaillent encore pour le Festival, nous n’étions pas dans la première édition qui s’est déroulée en 1988. C’est à Kulttuuriyhdistys Image, qui était une organisation très active à l’époque et qui avait lancé aussi le magazine « Image », que revient l’initiative du Festival. Comme il y avait beaucoup de photographes au sein du magazine, ils ont voulu faire un numéro spécial sur le cinéma, notamment sur Derek Jarman, et c’est alors qu’ils ont pensé qu’ils pourraient, dans le même temps, montrer les films de Jarman. Comme ils voulaient aussi d’autres films, ils ont pensé à une cinéaste femme, assez controversée, Lina Wertmüller. Au total, la programmation comportait une quinzaine de films. Une rétrospective de chaque auteur. On a, du reste, continué un peu le style rétrospective pendant quelques années, mais graduellement on a laissé ça au Festival de Sodankylä et surtout à la Cinémathèque. Tout s’est donc très bien passé lors de cette 1ère édition ; le public est venu en nombre et peut-être que c’était aussi le bon moment de faire ça. Ils ont pensé alors faire une 2e édition l’année suivante et c’est là qu’ils m’ont contacté, de même que Mikka Siltala, Matti Paunio et Eija Niskanen. On a alors continué avec ce Kulttuuriyhdistys pendant quelques années et, en 1993, on a racheté le titre pour nous et on a commencé notre propre société. C’était au début un passe-temps pour nous tous. Chacun de nous avait son propre travail et ne recevait pas d’argent du Festival. Tout ce qu’on gagnait, on le réinvestissait dans le festival suivant. Puis, le Festival s’est petit à petit développé, et on a commencé de recevoir un peu d’argent pour les voyages car, auparavant, je me rendais à des festivals comme Londres ou Berlin à mes frais. Dans les années 90, on a commencé à avoir un peu plus d’argent dans l’organisation et comme les films d’auteur semblaient intéresser les gens, on s’est engagés aussi dans la distribution avec Cinema Mondo. On a commencé avec quelques films de Takeshi Kitano et des films d’auteur français, qui sont devenus plus tard la tradition de Cinema Mondo. Et puis, nous avions aussi notre propre salle de cinéma à Museokatu : « Cinema ». Plus tard, dans les années 2000, vu qu’il y avait beaucoup à faire avec le Festival et autant avec la distribution, on a décidé que Mikka gérerait la distribution et moi, le Festival. Et c’est à partir de ce moment-là que c’est devenu un emploi à plein temps. Lire la suite « Entretien avec PEKKA LANERVA »

Entretien avec LUCILE HADŽIHALILOVIČ

ENTRETIEN AVEC LUCILE HADŽIHALILOVIČ

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Lucile Hadžihalilovič, réalisatrice et scénariste française, invitée du Festival international du film de Helsinki – Amour & Anarchie en septembre 2016, était venue présenter son deuxième long métrage, le très attendu « Evolution » (10 ans après « Innocence »), oeuvre atypique au climat onirique oscillant entre fantastique et science-fiction. La Cinémathèque Orion a choisi « Evolution » comme Film du mois dans sa programmation de février (5 séances – voir ci-dessous), film aussi rare qu’unique qui permettra au spectateur de vivre une expérience visuelle et sensorielle en totale immersion.

Est-ce là votre première visite en Finlande ? N’êtes-vous pas déjà venue pour présenter en 2012 avec Gaspar Noé « Enter the Void » dont vous avez co-écrit le scénario, voire même peut-être aussi précédemment pour présenter votre premier long métrage?
En effet, je suis venue pour présenter mon film « Innocence » il y a 10 ans qui était inscrit au programme de ce même festival. Donc, c’était ma première visite à Helsinki, au Festival Amour & Anarchie et en Finlande. J’avais fait un autre film 10 ans auparavant qui s’appelait « La bouche de Jean-Pierre », un moyen métrage qui avait également été présenté à Amour & Anarchie, mais je n’y étais pas présente. Donc, décidément, ce Festival est pour moi, et j’ai été très heureuse effectivement de ce voyage à Helsinki et à ce Festival il y a 10 ans, de même que je suis très contente de revenir et de montrer le film ici, que la première finlandaise se déroule dans ce cadre-là.

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Entretien avec SACHA WOLFF

Sacha Wolff, invité du Festival international du film de Helsinki – Amour & Anarchie, qui s’est déroulé du 15 au 25 septembre 2016, est venu présenter son premier long métrage « Mercenaire », qui vient de remporter le Label Europa Cinémas au dernier Festival de Cannes. Le film nous transporte en Océanie et nous décrit le parcours initiatique d’un jeune joueur de rugby wallisien. « Mercenaire » sort en salles en France le 5 octobre 2016.

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