Entretien avec GILLES BOURDOS

Gilles Bourdos

Gilles Bourdos, réalisateur et scénariste français, était l’invité de la 30e édition du Festival international du film de Helsinki – Amour & Anarchie qui s’est déroulée du 14 au 24 septembre 2017. Gilles Bourdos est venu présenter en avant-première son dernier long métrage « Espèces menacées » – sortie en France le 27 septembre –, trois récits sur des relations familiales complexes au travers desquels il traite, avec finesse et pudeur, le sujet grave et sensible de la violence conjugale. Le film est porté par des acteurs remarquables de justesse, notamment Alice Isaaz, Vincent Rottiers, Grégory Gadebois, qui jouent tout en retenue et émotion.

Vous êtes sans doute pour la première fois en Finlande. Qu’est-ce qui vous a décidé à venir – pratiquement directement de La Mostra de Venise – au Festival Amour & Anarchie de Helsinki ?
C’est tout simplement la rumeur très positive des cinéastes français sur ce festival. C’est le bouche-à-oreille des cinéastes : on sait, les uns et les autres, les endroits où il est super d’aller et les autres dont on peut se passer. C’est aussi simple que ça.

Que connaissez-vous du cinéma finlandais ?
Comme tout le monde, Aki Kaurismäki. Toutefois, pour être tout à fait honnête, ce n’est pas totalement un langage cinématographique qui correspond à ma sensibilité, à mes goûts premiers mais, évidemment, je reconnais la poésie, l’humour, des tas de choses qui sont formidables dans son cinéma. Lire la suite « Entretien avec GILLES BOURDOS »

Entretien avec PEKKA LANERVA

ENTRETIEN AVEC PEKKA LANERVA

Pekka Lanerva

Pekka Lanerva est le directeur artistique du Festival international du film de Helsinki – Amour & Anarchie qui vient de célébrer, du 14 au 24 septembre, sa 30e édition. A cette occasion, la programmation a offert quelque 180 longs et 200 courts métrages (au total plus de 500 projections) au public qui était une fois de plus au rendez-vous et n’a pas manqué de remplir les salles obscures. En effet, on a dénombré au terme des onze jours du Festival plus de 60 000 entrées. Le Festival s’est clôturé avec « The Square », Palme d’or du dernier Festival de Cannes 2017, du réalisateur suédois Ruben Östlund (sortie en salles à Helsinki le 17.11.2017).
Au nombre des invités de cette 30e édition, Thierry Frémaux, directeur de l’Institut Lumière de Lyon et délégué général du Festival de Cannes, venu présenter son premier film « Lumière ! » (*), 108 films de 50 secondes signés des pionniers du cinéma, en hommage à l’oeuvre des frères Lumière. Egalement présents au Festival, le réalisateur français Gilles Bourdos avec son dernier film « Espèces menacées », ainsi que deux cinéastes français habitués du Festival Amour & Anarchie, J. F. Ossang avec « 9 doigts », film noir d’anticipation, et Jean-Michel Roux dont le dernier essai cinématographique en finnois « Pohjolan Enkeli » (L’Ange du Nord) était présenté en avant-première lors du Festival, dans le cadre de la célébration officielle du centenaire de la Finlande (sortie en salles à Helsinki le 14.11.2017).

Trente ans se sont écoulés depuis la 1ère édition du Festival Amour & Anarchie. Comment tout cela a-t-il commencé et d’où vient le nom du festival ?
Le nom du festival vient du film de Lina Wertmüller qui a été présenté lors de la 1ère édition du festival « Film d’amore e d’anarchia ». Moi et mes copains, qui du reste travaillent encore pour le Festival, nous n’étions pas dans la première édition qui s’est déroulée en 1988. C’est à Kulttuuriyhdistys Image, qui était une organisation très active à l’époque et qui avait lancé aussi le magazine « Image », que revient l’initiative du Festival. Comme il y avait beaucoup de photographes au sein du magazine, ils ont voulu faire un numéro spécial sur le cinéma, notamment sur Derek Jarman, et c’est alors qu’ils ont pensé qu’ils pourraient, dans le même temps, montrer les films de Jarman. Comme ils voulaient aussi d’autres films, ils ont pensé à une cinéaste femme, assez controversée, Lina Wertmüller. Au total, la programmation comportait une quinzaine de films. Une rétrospective de chaque auteur. On a, du reste, continué un peu le style rétrospective pendant quelques années, mais graduellement on a laissé ça au Festival de Sodankylä et surtout à la Cinémathèque. Tout s’est donc très bien passé lors de cette 1ère édition ; le public est venu en nombre et peut-être que c’était aussi le bon moment de faire ça. Ils ont pensé alors faire une 2e édition l’année suivante et c’est là qu’ils m’ont contacté, de même que Mikka Siltala, Matti Paunio et Eija Niskanen. On a alors continué avec ce Kulttuuriyhdistys pendant quelques années et, en 1993, on a racheté le titre pour nous et on a commencé notre propre société. C’était au début un passe-temps pour nous tous. Chacun de nous avait son propre travail et ne recevait pas d’argent du Festival. Tout ce qu’on gagnait, on le réinvestissait dans le festival suivant. Puis, le Festival s’est petit à petit développé, et on a commencé de recevoir un peu d’argent pour les voyages car, auparavant, je me rendais à des festivals comme Londres ou Berlin à mes frais. Dans les années 90, on a commencé à avoir un peu plus d’argent dans l’organisation et comme les films d’auteur semblaient intéresser les gens, on s’est engagés aussi dans la distribution avec Cinema Mondo. On a commencé avec quelques films de Takeshi Kitano et des films d’auteur français, qui sont devenus plus tard la tradition de Cinema Mondo. Et puis, nous avions aussi notre propre salle de cinéma à Museokatu : « Cinema ». Plus tard, dans les années 2000, vu qu’il y avait beaucoup à faire avec le Festival et autant avec la distribution, on a décidé que Mikka gérerait la distribution et moi, le Festival. Et c’est à partir de ce moment-là que c’est devenu un emploi à plein temps. Lire la suite « Entretien avec PEKKA LANERVA »

Entretien avec LUCILE HADŽIHALILOVIČ

ENTRETIEN AVEC LUCILE HADŽIHALILOVIČ

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Lucile Hadžihalilovič, réalisatrice et scénariste française, invitée du Festival international du film de Helsinki – Amour & Anarchie en septembre 2016, était venue présenter son deuxième long métrage, le très attendu « Evolution » (10 ans après « Innocence »), oeuvre atypique au climat onirique oscillant entre fantastique et science-fiction. La Cinémathèque Orion a choisi « Evolution » comme Film du mois dans sa programmation de février (5 séances – voir ci-dessous), film aussi rare qu’unique qui permettra au spectateur de vivre une expérience visuelle et sensorielle en totale immersion.

Est-ce là votre première visite en Finlande ? N’êtes-vous pas déjà venue pour présenter en 2012 avec Gaspar Noé « Enter the Void » dont vous avez co-écrit le scénario, voire même peut-être aussi précédemment pour présenter votre premier long métrage?
En effet, je suis venue pour présenter mon film « Innocence » il y a 10 ans qui était inscrit au programme de ce même festival. Donc, c’était ma première visite à Helsinki, au Festival Amour & Anarchie et en Finlande. J’avais fait un autre film 10 ans auparavant qui s’appelait « La bouche de Jean-Pierre », un moyen métrage qui avait également été présenté à Amour & Anarchie, mais je n’y étais pas présente. Donc, décidément, ce Festival est pour moi, et j’ai été très heureuse effectivement de ce voyage à Helsinki et à ce Festival il y a 10 ans, de même que je suis très contente de revenir et de montrer le film ici, que la première finlandaise se déroule dans ce cadre-là.

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Entretien avec SACHA WOLFF

Sacha Wolff, invité du Festival international du film de Helsinki – Amour & Anarchie, qui s’est déroulé du 15 au 25 septembre 2016, est venu présenter son premier long métrage « Mercenaire », qui vient de remporter le Label Europa Cinémas au dernier Festival de Cannes. Le film nous transporte en Océanie et nous décrit le parcours initiatique d’un jeune joueur de rugby wallisien. « Mercenaire » sort en salles en France le 5 octobre 2016.

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Entretien avec DIASTÈME

ENTRETIEN AVEC DIASTÈME
FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM DE HELSINKI – AMOUR & ANARCHIE
Helsinki, 17-27 septembre 2015

Musicien, journaliste, écrivain, dramaturge, scénariste, metteur en scène… et réalisateur français, Diastème – de son vrai nom Patrick Asté – était l’invité du Festival international du film de Helsinki – Amour & Anarchie où il est venu présenter pour la première fois dans un pays européen son deuxième long métrage « Un Français », sorti en juin dernier en France. Le film raconte l’histoire et l’itinéraire sur trente ans d’un skinhead d’extrême-droite repenti.
[Sortie du film en DVD, Blu-Ray et VOD fin octobre 2015]

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Entretien avec LINA MANNHEIMER

ENTRETIEN AVEC LINA MANNHEIMER
Festival international du film de Helsinki – Amour & Anarchie
Helsinki, 17-29 septembre 2015


Lina Mannheimer, réalisatrice suédoise parfaitement francophone, était l’invitée de la 28e édition du Festival international du film de Helsinki – Amour & Anarchie qui s’est déroulé du 17 au 29 septembre 2015. Elle y présentait son premier long métrage documentaire, La cérémonie, qui nous fait découvrir le personnage de Catherine Robbe-Grillet –intellectuelle, écrivain, maîtresse de cérémonies sadomasochistes et, surtout, une femme d’une parole incroyablement libre.

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Entretien avec DAVID LAMBERT

ENTRETIEN AVEC DAVID LAMBERT

David Lambert, réalisateur et scénariste belge, était l’invité de la 27e édition du Festival international du film de Helsinki – Amour & Anarchie, qui s’est déroulé du 18 au 28 septembre 2014 à Helsinki. A cette occasion, David Lambert a présenté son deuxième long métrage « Je suis à toi », dans la continuité de « Hors les murs », dans lequel il aborde à nouveau un amour homosexuel à travers un triangle amoureux. Le film « Je suis à toi » met en vedette Nahuel Pérez Biscayart qui a reçu le Prix du Meilleur acteur (dans le rôle de Lucas) à la 49ème édition du Festival international du film de Karlovy Vary.

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Brève rencontre avec JACQUES AUDIARD

Jacques Audiard à Helsinki

Jacques Audiard, venu présenter en avant-première son dernier film « De rouille et d’os » au 25e Festival international du film de Helsinki – Amour et Anarchie, qui s’est déroulé du 20 au 30 septembre 2012, trompe bien son monde et surprend. On pourrait s’attendre à rencontrer un homme plutôt taciturne au vu des sujets de ses films, voire même de son look un peu sévère derrière lequel il semble se cacher : petit chapeau planté en haut du crâne, pipe et lunettes noires. Mais il n’en est rien. Bien au contraire, Jacques Audiard est quelqu’un de très agréable, pince-sans-rire, qui pratique très souvent l’ironie et l’autodérision. A son actif, six longs métrages, tous couronnés de succès et de prix : « Regarde les hommes tomber » (1994), « Un héros très discret » (1996), « Sur mes lèvres » (2001), « De battre mon coeur s’est arrêté » (2004), « Un prophète » (2009) et « De rouille et d’os » (2012).

Quelles que soient les affinités avec le cinéma de Jacques Audiard, on ne peut rester indifférent à « De rouille et d’os ». Bien qu’oublié du Palmarès de Cannes 2012, ce film surprend par son côté rugueux, mettant en scène deux individus dans un monde âpre, deux éclopés de la vie qui vont peu à peu s’apprivoiser l’un l’autre. Un film sur le handicap à la fois sentimental et physique, au ras de la peau, qui ne s’embarrasse guère de psychologie. On souffrira du peu d’émotions qu’il suscite tant il tranche dans le vif, mais on retiendra la belle performance de Marion Cotillard et Matthias Schoenaerts (« Bullhead »). A propos des acteurs, Jacques Audiard précise que, quand il écrit, il ne pense pas du tout aux comédiens, à qui va jouer tel personnage : « En revanche, quand j’ai fini d’écrire, ça va très vite. Marion s’est imposée très vite. Dans le cas de Matthias, c’est un peu plus particulier car, au départ, je ne pensais pas prendre un acteur professionnel. Donc, j’ai fait les salles de sport, les salles de boxe. C’est alors que j’ai pensé qu’un acteur non-professionnel avec Marion, ça allait être difficile… complexe pour l’acteur. C’est à ce moment-là que j’ai vu Matthias Schoenaerts dans “Bullhead” et que j’ai pensé à lui. »

Quand on est le fils de Michel Audiard, peut-on échapper au phénomène d’identification avec le père ? En tous cas, dans tous les films de Jacques Audiard, la relation père-fils est d’une importance capitale. Michel Audiard, grand scénariste et dialoguiste s’il en est, n’est plus et, au grand dam de son fils, n’aura pas pu voir les films de ce dernier. « J’aurais bien aimé que mon père voie mes films, qu’il voie mes enfants aussi… Je ne me pose pas la question en ces termes-là. Je regrette que mon père ne soit plus là – ce n’est pas une question de célébrité, c’est une question de manque », déclare-t-il. Grâce à son talent, sa rigueur et son audace, Jacques Audiard s’est imposé parmi les meilleurs réalisateurs français. Et aujourd’hui on ne dit plus que Jacques Audiard est le fils de Michel, mais plutôt que Michel Audiard est le père de Jacques.

« De rouille et d’os » /« Luihin ja ytimiin » (France, 2012)
Actuellement en salles. Distributeur : Cinema Mondo

Aline Vannier-Sihvola