Festival du film du soleil de minuit 2019 – Sodankylä

MIDNIGHT SUN FILM FESTIVAL / FESTIVAL DU FILM DU SOLEIL DE MINUIT
Sodankylä
12-16 juin 2019

LE RENDEZ-VOUS DES CINÉPHILES
A l’occasion de sa XXXIVe édition, le Midnight Sun Film Festival / Festival du film du soleil de minuit se déroule cette année du 12 au 16 juin 2019 à Sodankylä, village en plein cœur de la Laponie finlandaise, au nord du cercle polaire. Créé par les frères Aki et Mika Kaurismäki ainsi que Peter von Bagh – disparu en septembre 2014 –, ce festival au caractère d’exception, baigné par la lumière arctique de l’été et où le spectateur se retrouve en plein soleil au sortir d’une séance à 3 heures du matin ! (projections 24 h/24 h), a attiré au fil des ans les plus grands noms du cinéma international, entre autres : Chabrol, Sautet, Powell, Fuller, Léaud, Forman, Cissé, Kusturica, Kiarostami, Demy, Varda, Scola, Kieslowski, Wenders, Coppola, Tavernier, Béla Tarr, Assayas, Mike Leigh, Bonello, Hanna Schygulla, Carlos Saura, Bulle Ogier, Barbet Schroeder, Mahamat-Saleh Haroun… Pourtant, malgré tous ces invités prestigieux, le Festival du film du soleil de minuit demeure un festival anti-paillettes, sans compétition et sans soirée de gala, qui se célèbre en jeans et en baskets et où les cinéastes se mêlent aux spectateurs dans une atmosphère décontractée. Un festival simplement pour le plaisir du cinéma.

MFSS 2019 Affiche 2

Cette année, la XXXIVe édition du Festival a pour invité d’honneur le metteur en scène français Arnaud Desplechin, auteur d’une dizaine de longs métrages, dont « La sentinelle », « Comment je me suis disputé… (ma vie sexuelle) », « Rois et reine », « Trois souvenirs de ma jeunesse »… ainsi que deux films tournés en langue anglaise « Esther Kahn » et « Jimmy P. », tous sélectionnés à diverses reprises dans les plus grands festivals de cinéma. Arnaud Desplechin présentera, au cours du Festival du soleil de minuit, cinq de ses films dont le tout dernier « Roubaix, une lumière » , avec Léa Seydoux, Sara Forestier et Roschdy Zem, inspiré d’un fait divers se déroulant dans sa ville natale et qui nous arrive tout droit – avant même sa sortie en salles en France le 21 août – du 72e Festival de Cannes où il était présenté en compétition officielle.

Autres invités de ce festival : les réalisateurs brésilien Fernando Meirelles, américain Kent Jones, iranien Mohsen Makhmalbaf ainsi que l’actrice et réalisatrice suédoise Pernilla August et Shahab Hosseini, acteur fétiche du réalisateur iranien Asghar Farhadi.


Seront présentés aux festivaliers, en collaboration avec l’Institut français de Finlande, les films français et francophones suivants :

Mercredi 12 juin
Denis Côté
RÉPERTOIRE DES VILLES DISPARUES / GHOST TOWN ANTHOLOGY
Canada (2019), 1 h 37
Koulu / School – 16 h 00

Nadav Lapid
SYNONYMS
France / Israël / Allemagne (2019), 2 h 03
Ours d’Or – Berlin 2019
Koulu / School – 20 h 15

Agnès Varda
VARDA PAR AGNÈS / VARDA BY AGNÈS
France (2019), 1 h 55
Kitisen Kino – 20 h 30

Robert Bresson
MOUCHETTE
France (1967), 1 h 21
Koulu / School – 23 h 00

Kent Jones
HITCHCOCK / TRUFFAUT
Etats-Unis (2015), 1 h 19
En présence du réalisateur
Kitisen Kino – 23 h 00

Arnaud Desplechin
TROIS SOUVENIRS DE MA JEUNESSE / KOLME MUISTOA NUORUUDESTANI
France (2015), 2 h 03
En présence du réalisateur
Lapinsuu – 1 h 00

Jeudi 13 juin
Discussion avec / In Discussion With:
ARNAUD DESPLECHIN
10 h 00 – 12 h 00
Koulu / School

Agnès Varda
CLÉO DE 5 À 7 / CLÉO VIIDESTÄ SEITSEMÄÄN
France (1962), 1 h 30
Iso Teltta / Big Tent – 10 h 30

Arnaud Desplechin
ROUBAIX, UNE LUMIÈRE / OH, MERCY!
France (2019), 1 h 59
En présence du réalisateur
Koulu / School – 12 h 30

Arnaud Desplechin
COMMENT JE ME SUIS DISPUTÉ… (MA VIE SEXUELLE) / MY SEX LIFE… OR HOW I GOT INTO AN ARGUMENT
France (1996), 2 h 58
En présence du réalisateur
Lapinsuu – 17 h 45

Jean-Luc Godard
LE LIVRE D’IMAGE / THE IMAGE BOOK
France (2018), 1 h 24
Lapinsuu – 21 h 15

Denis Côté
RÉPERTOIRE DES VILLES DISPARUES / GHOST TOWN ANTHOLOGY
Canada (2019), 1 h 37
Lapinsuu – 3 h 30

Vendredi 14 juin
Arnaud Desplechin
UN CONTE DE NOËL / ERÄS JOULUTARINA
France (2008), 2 h 30
En présence du réalisateur
Lapinsuu – 15 h 00

Master Class de Kent Jones
Djibril Diop Mambéty
TOUKI BOUKI
Sénégal (1973), 1 h 25
Kitisen Kino – 18 h 00

Claire Denis
HIGH LIFE
France (2018), 1 h 53
Lapinsuu – 22 h 30

Samedi 15 juin
Arnaud Desplechin
ROIS ET REINE / KINGS AND QUEEN
France (2004), 2 h 30
En présence du réalisateur
Koulu / School – 15 h 15

Dimanche 16 juin
Guillaume Maidatchevsky
AÏLO, UNE ODYSSÉE EN LAPONIE / AILO – PIENEN PORON SUURI SEIKKAILU
France / Finlande (2018), 1 h 26
Narration en finnois
Iso Teltta / Big Tent – 10 h 30

Voir l’ensemble de la programmation sur :
https://msfilmfestival.fi/en/

Entretien avec OLIVIER ASSAYAS… sous le soleil de minuit

OLIVIER ASSAYAS
Olivier Assayas, cinéaste français, était l’invité du Festival du film du soleil de minuit de Sodankylä (Finlande) qui s’est déroulé du 13 au 17 juin 2018. Présent au Festival en 2014, il revient cette fois pour conduire une Master Class et présenter l’oeuvre d’Ingmar Bergman dont on célèbre cette année le centenaire de la naissance. Olivier Assayas a eu la possibilité d’interviewer le maître suédois en 1990 et, suite à cette rencontre, il a tiré de ces entretiens un livre intitulé « Conversation avec Bergman ».
De la quinzaine de longs métrages qui ont fait sa renommée – entre autres « Irma Vep » (1996), « Demonlover » (2002), « Carlos » (2010), « Après mai » (2012), « Sils Maria » (2014), « Personal Shopper (2016) –, Olivier Assayas est également venu présenter « L’eau froide » (1994), son cinquième film récemment restauré, rare en projection, et qui est finalement, après 24 ans, distribué aux Etats-Unis. Témoin de sa génération, Olivier Assayas nous donne à voir déjà avec « L’eau froide », dans une ambiance musicale rock post-soixante-huitarde, ce qui deviendra son univers de prédilection, à savoir une jeunesse sentimentale, désorientée et insoumise.

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Entretien avec MAHAMAT-SALEH HAROUN… sous le soleil de minuit

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Mahamat-Saleh Haroun, cinéaste tchadien, était l’invité d’honneur du Festival du film du soleil de minuit qui s’est déroulé du 13 au 17 juin 2018, en plein solstice d’été à Sodankylä (Laponie finlandaise), à 120 km au-delà du Cercle polaire. Mahamat-Saleh Haroun est né en 1961 à Abéché et vit en France depuis 1982 après avoir fui la guerre civile dans  son pays. Il réalise son premier long métrage « Bye-Bye Africa » en 1999 (Prix du Meilleur premier film à La Mostra de Venise) et devient ainsi le premier réalisateur tchadien de l’histoire. Suivront six longs métrages : « Abouna » (sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs – Cannes 2002), « Daratt » (Prix spécial du jury – Mostra de Venise 2006), le téléfilm « Sexe, Gombo et beurre salé » (2008), « Un homme qui crie » (Prix du jury – Cannes 2010), « Grigris » (Sélection officielle – Cannes 2013) et « Une saison en France » (2017). Tous ses films traitent de la tolérance et de l’amour. Mahamat-Saleh Haroun est un cinéaste humaniste, un conteur du réel de son pays. Il s’inscrit dans la lignée de ses pairs africains et son talent internationalement reconnu le place aujourd’hui en vaillant combattant solitaire qui porte – peut-être un peu malgré lui – toutes les promesses d’un continent.

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Entretien avec BARBET SCHROEDER… sous le soleil de minuit

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Barbet Schroeder, réalisateur et producteur d’origine suisse, était l’invité d’honneur du Festival du film du soleil de minuit de Sodankylä (Laponie finlandaise), dont la XXXIIIe édition s’est déroulée du 13 au 17 juin 2018. Cinéaste aux multiples facettes, Barbet Schroeder franchit toutes les frontières, voyageant d’un pays à l’autre, passant d’un genre ou d’un registre à l’autre, mêlant réel et fiction. Ainsi il aborde avec une égale maîtrise le documentaire, le cinéma d’auteur (« La vallée », « Maîtresse », « Tricheurs »), le cinéma hollywoodien (« Barfly », « Reversal of Fortune », « Single White Female »), le polar/thriller (« La Virgen de los sicarios », « Murder by Numbers ») ou la série télé (un épisode de Mad Men). Il a réalisé son premier long métrage « More » à Ibiza, en 1969, film culte de la génération hippie sur une musique de Pink Floyd, où il revient quelque 40 ans après tourner son dernier film de fiction « Amnesia » (2015). Il vient également d’achever sa « trilogie du mal » par son tout récent film documentaire « Le Vénérable W. » (2016), précédé de « Idi Amin Dada : autoportrait » (1974) et de « L’avocat de la terreur » (2007). En attendant le nouvel opus de l’oeuvre protéiforme de ce cinéaste aussi imprévisible que talentueux, on se prendrait à lui demander : « Où en êtes-vous, Barbet Schroeder ? »

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Paroles intemporelles – Entretien avec BULLE OGIER

BULLE OGIERInvitée d’honneur du Festival du film du soleil de minuit de Sodankylä (13-17 juin 2018), au-delà du cercle polaire en Laponie finlandaise, Bulle Ogier, actrice française au charme discret, a joué dans plus d’une centaine de films et son nom est associé aux cinéastes les plus illustres du Septième art. Egérie de Jacques Rivette et de Barbet Schroeder, son mari, elle restera fidèle à un cinéma d’auteur exigeant  tout au long du parcours qu’elle s’est tracé et dont elle ne déviera pas. Théâtre et cinéma sont étroitement liés dans la carrière de Bulle Ogier, puisqu’elle a joué également dans pas moins d’une trentaine de pièces. Elle est l’une des figures de proue du théâtre d’avant-garde des années 60, l’interprète et amie de Marguerite Duras avec qui elle collabore au théâtre comme au cinéma et elle revient actuellement sur les planches avec la pièce « Un Amour impossible », adaptée du roman de/par Christine Angot, dans une mise en scène de Célie Pauthe.

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Les invités du FESTIVAL DU FILM DU SOLEIL DE MINUIT 2018

SOLEIL DE MINUIT 2018La XXXIIIe édition du Festival du film du soleil de minuit, qui s’est déroulée du 13 au 17 juin 2018, accueillait cette année encore des cinéastes de talent, comme Barbet Schroeder, Mahamat-Saleh Haroun, José Luis Guerín, Dominik Graf, l’actrice légendaire Bulle Ogier, égérie de Jacques Rivette, ainsi que le réalisateur Olivier Assayas, qui revenait cette fois au Festival pour diriger une Master class sur Ingmar Bergman. La programmation offrait quelque 140 longs métrages au public qui était une fois de plus au rendez-vous et n’a pas manqué, malgré le soleil de minuit, de remplir les salles obscures (pas moins de 30 projections affichaient complet !). En effet, on a dénombré au terme des cinq jours du festival plus de 28 000 entrées toutes activités confondues – entre les séances de cinéma, les débats, les ciné-concerts et les ciné-karaokés –, chiffre qui se rapproche du record précédent de la XXXIIe édition de l’année dernière. Même si les files d’attente sont parfois un peu longues, cela participe de l’ambiance de partage entre cinéphiles. Once again, LONG LIVE MIDNIGHT SUN FILM FESTIVAL!

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FESTIVAL DU SOLEIL DE MINUIT de SODANKYLÄ – 13-17 juin 2018

Midnight Sun Film Festival / Festival du film du soleil de minuit
Du 13 au 17 juin 2018 – Sodankylä

LE RENDEZ-VOUS DES CINÉPHILES

A l’occasion de sa XXXIIIe édition, le Midnight Sun Film Festival / Festival du film du soleil de minuit se déroule cette année du 13 au 17 juin 2018 à Sodankylä, village en plein cœur de la Laponie finlandaise, au nord du cercle polaire. Créé par les frères Aki et Mika Kaurismäki ainsi que Peter von Bagh – disparu en septembre 2014 –, ce festival au caractère d’exception, baigné par la lumière arctique de l’été et où le spectateur se retrouve en plein soleil au sortir d’une séance à 3 heures du matin ! (projections 24 h/24 h), a attiré au fil des ans les plus grands noms du cinéma international, entre autres : Chabrol, Sautet, Powell, Fuller, Léaud, Forman, Cissé, Kusturica, Kiarostami, Demy, Varda, Scola, Kieslowski, Wenders, Coppola, Tavernier, Béla Tarr, Assayas, Mike Leigh, Bonello, Hanna Schygulla, Saura… Pourtant, malgré tous ces invités prestigieux, le Festival du film du soleil de minuit demeure un festival anti-paillettes, sans compétition et sans soirée de gala, qui se célèbre en jeans et en baskets et où les cinéastes se mêlent aux spectateurs dans une atmosphère décontractée. Un festival simplement pour le plaisir du cinéma.

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Entretien avec BERTRAND BONELLO… sous le soleil de minuit

Bertrand Bonello, réalisateur et scénariste français, était l’un des invités d’honneur du Festival du film du soleil de minuit dont la 32e édition s’est déroulée, cette année, du 14 au 18 juin 2017 à Sodankylä, en plein coeur de la Laponie finlandaise. Il est l’auteur d’une douzaine de films dont sept longs métrages mais il est surtout connu pour avoir signé la réalisation de « L’Apollonide – souvenirs de la maison close » (2011), « Saint Laurent » (2014) et « Nocturama » (2016). Musicien de formation, il compose également les bandes originales de pratiquement tous ses films. Bertrand Bonello est l’un des représentants talentueux de la nouvelle génération du cinéma d’auteur français.

Vous êtes sans doute pour la première fois en Finlande, tout au moins au Festival du soleil de minuit. Qu’est-ce qui vous a décidé à venir à ce festival ? Que connaissez-vous du cinéma finlandais, et plus particulièrement celui d’Aki Kaurismäki ?
En fait, ce qui m’a décidé c’est que j’entends parler de ce festival depuis longtemps, que je croise souvent des gens qui y sont allés, des réalisateurs, des amis… et tout le monde avait l’air de me parler de quelque chose d’assez extraordinaire. Donc, quand le directeur du Festival m’a invité pour être invité d’honneur, j’ai tout de suite accepté parce que j’avais envie d’y aller voir de plus près. Mais c’est un festival qui a une très bonne réputation chez les cinéastes, par exemple. Quant au cinéma finlandais, forcément on connaît un peu que le cinéma des Kaurismäki, un peu plus surtout Aki, mais aussi Mika dans les années 90 dont j’allais voir les films qui sortaient à Paris à cette époque-là. Le reste, c’est sûr qu’on connaît moins… à part, bien évidemment, le film récent « Olli Mäki » de Juho Kuosmanen [Prix « Un certain regard », Cannes 2016 – N.D.L.R.].
Y a-t-il un film d’Aki Kaurismäki qui aurait votre préférence ?
C’est sûr que, pour ce qui me concerne, j’ai découvert ses films à la fin des années 80. Donc, ce sont un peu ses premiers films qui m’ont le plus plu, après j’étais peut-être trop habitué. « La fille aux allumettes », par exemple… enfin, toute cette période-là. J’aime beaucoup les « Leningrad Cowboys » et aussi les films avec Jean-Pierre Léaud. C’est tous ces films de cette époque-là que j’aime. Mais je crois que peut-être « La fille aux allumettes » est plus mon préféré.

Vous avez plutôt une formation de musicien. A quel moment s’est opérée la bifurcation vers le cinéma et quelles en ont été les raisons ?
Les raisons, elles étaient que je m’ennuyais un peu dans la musique en France. C’était la fin des années 80/début 90. Je ne connaissais pas très bien le cinéma, mais je me disais que ce serait un territoire intéressant à occuper. J’avais gagné pas mal d’argent avec la musique et je me suis payé un court métrage qui a été, en fait, mon apprentissage, mon école. Et à partir du moment où je me suis mis à préparer ce film, j’ai vraiment commencé à m’intéresser au cinéma, à voir beaucoup de films. Et puis, après, c’est devenu vraiment une drogue. Lire la suite « Entretien avec BERTRAND BONELLO… sous le soleil de minuit »

Entretien avec STÉPHANE GOUDET… sous le soleil de minuit

Stéphane Goudet, critique et historien du cinéma, réalisateur, maître de conférences à l’université Paris-I, directeur du cinéma Art & Essai « Le Méliès » à Montreuil, considéré avec ses 6 salles comme le plus grand cinéma public d’Europe, était invité à la 32e édition du Festival du film du soleil de minuit (Sodankylä – 14-18 juin 2017) pour conduire une Master Class sur « Jour de fête » de Jacques Tati dont il est un éminent spécialiste. La projection était suivie d’un documentaire de Stéphane Goudet, « A l’américaine », qui fait partie d’une série de films d’analyse réalisés par ce dernier sur chacun des films de Jacques Tati, excepté « Trafic ».

Spécialiste de Jacques Tati s’il en est, vous semblez être déjà venu en Finlande en 2010 dans le cadre d’une rétrospective Jacques Tati et d’un séminaire à la cinémathèque Orion de Helsinki.
C’est exact. A cette occasion, en effet, j’avais pris la parole à un séminaire que nous animions ensemble avec Peter von Bagh à la cinémathèque Orion.

Par contre, c’est sans doute votre première fois au Festival du soleil de minuit de Sodankylä, bien que vous sembliez être aussi un spécialiste d’Aki Kaurismäki. En effet, on peut lire dans la revue Positif de novembre 2002 un article que vous avez écrit sur la filiation Kaurismäki/Murnau, en l’occurrence respectivement pour les films « L’homme sans passé » et « Le dernier des hommes ».
Je vais, du coup, raconter une blague. J’ai fait un long entretien avec Kaurismäki sur son rapport à l’histoire du burlesque à l’occasion de ma précédente visite en Finlande en 2010. Cela a été un moment formidable parce qu’on m’avait expliqué qu’il allait peut-être me consacrer trois minutes du fait qu’il était en fin de montage de son film « Le Havre », et que ça pouvait, du coup, être très, très court. En fait, on a commencé à parler ensemble de Tati, de Chaplin, de Keaton, et c’était tellement bien que j’en ai profité pour lui demander de glisser un petit mot pour les spectateurs du futur cinéma de Montreuil. Il a complètement joué le jeu. Il est allé chercher des accessoires pour se mettre en scène et, à un moment, il m’a dit : « Tiens, je vais te faire un cadeau. Si tu veux, tu me filmes à la table de montage ; je suis en train de finir le film. » Et, du coup, je l’ai accompagné une partie de l’après-midi et j’ai ainsi pu filmer Kaurismäki en train de finir vraiment la toute première version définitive du « Havre » dans ses bureaux de production. Je dois dire que c’était un moment un peu magique. C’est vrai que j’aime beaucoup son cinéma, mais c’est lié, entre autres, à une Finlandaise… cette même Finlandaise qui, du reste, m’amène ici, à ce festival. Je faisais, en effet, une thèse sur Tati à l’époque, à la Sorbonne et, pendant ce temps-là, une jeune Finlandaise, Satu Kyösölä, faisait une thèse sur Kaurismäki. On avait tous les deux le même directeur de thèse et il confondait les deux noms, car avant de faire une thèse sur Tati, je faisais un DEA sur Kiarostami. Et entre Kaurismäki et Kiarostami, je pense que jusqu’à la fin il n’a pas réussi à prononcer le nom de l’un sans le mélanger au nom de l’autre. Donc, ça donnait du Kiarosmaki ou du Kauristami, à peu près n’importe quoi. Et, du coup, cela a contribué à nous rapprocher, sachant qu’il y a effectivement un rapport au burlesque, mais aussi à d’autres formes de cinéma qui me sont chers, notamment « Le dernier des hommes ». Et, effectivement, Kaurismäki est un cinéaste que je suis de très près.
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Les invités du FESTIVAL DU FILM DU SOLEIL DE MINUIT 2017

SODANKYLÄ ET SON FESTIVAL DU SOLEIL DE MINUIT
La 32e édition du Festival du film du soleil de minuit, qui s’est déroulée du 14 au 18 juin 2017, était cette année encore marquée de l’empreinte bien vivace de Peter von Bagh (décédé à l’automne 2014), cofondateur avec les frères Aki et Mika Kaurismäki du festival, avec un film documentaire posthume « Lauluja utopiasta » (Songs from Utopia) que le réalisateur Jouko Aaltonen vient d’achever sur la base, entre autres, d’interviews réalisées par Peter von Bagh lui-même ce même été 2014 . Directeur artistique et maître d’oeuvre du festival, Peter von Bagh a attiré de 1986 à 2014 les plus grands noms du cinéma international. Cette année encore, à l’occasion de cette 32e édition, le Festival accueillait des cinéastes de talent, comme Carlos Saura, Bertrand Bonello, l’actrice Hanna Schygulla, et la programmation offrait quelque 140 longs métrages au public qui était une fois de plus au rendez-vous et n’a pas manqué, malgré le soleil de minuit, de remplir les salles obscures (pas moins de 24 projections affichaient complet !). En effet, on a dénombré au terme des cinq jours du festival plus de 28 000 entrées toutes activités confondues – entre les séances de cinéma, les rencontres et les ciné-concerts –, chiffre qui se rapproche du record précédent de la 31e édition de l’année dernière. Les files d’attente sont parfois un peu longues mais cela participe à l’ambiance de partage entre cinéphiles. Once again, LONG LIVE MIDNIGHT SUN FILM FESTIVAL!

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