FESTIVAL AMOUR & ANARCHIE 2021

Festival international du film de Helsinki – Amour & Anarchie
16-26 septembre 2021

Le Festival international du film de Helsinki – Amour & Anarchie a lieu chaque année, depuis 1988, en septembre. Il fête cette année sa 34e édition et se déroulera du 16 au 26 septembre 2021. Le Festival s’ouvrira avec « Annette », drame musical du cinéaste français Leos Carax et se clôturera avec « Bergman Island » de la réalisatrice française Mia Hansen-Løve.

Le Festival Amour & Anarchie – le plus grand festival du film de Finlande et, également, le plus accessible –, met en valeur de nouveaux films inventifs, visuellement étonnants et controversés, révèle les talents prometteurs de demain. Parfois décoiffant, mais à voir !

En raison de la pandémie du coronavirus, la vente des billets a été limitée à seulement 50% de la capacité normale des salles qui, bien évidemment, mettent tout en oeuvre pour assurer la sécurité des spectateurs. Certains films peuvent même être visionnés en ligne.

Les salles Bio Rex, Kinopalatsi, Kino Regina, Cinema Orion, Maxim, Korjaamo Kino, Kino Engel, Kino Tapiola, Riviera, WHS Teatteri Union, Kino K 13, Finnkino Itis et Tripla assureront un total de 600 projections.

Cette année, au programme des quelque 180 longs et 170 courts métrages du monde entier présentés lors des 11 jours de cette 34e édition, une sélection des meilleurs films français et francophones dernièrement sortis, dont :

ANNETTE (2021)
Leos Carax

France – 139 min
Film d’ouverture – Drame musical en anglais
16.9. à 17 h 15 – Bio Rex
16.9. à 20 h 45 – Bio Rex

SOUS LE CIEL D’ALICE / SKIES OF LEBANON (2020)
Chloé Mazlo

France – 107 min
17.9. à 16 h 15 – Cinema Orion
18.9. à 21 h 15 – Maxim 2
23.9. à 16 h 30 – Korjaamo Kino
24.9. à 20 h 45 – Maxim 2
26.9. à 18 h 45 – Cinema Orion

CIGARE AU MIEL / HONEY CIGAR (2020)
Kamir Aïnouz

Algérie/France – 100 min
17.9. à 18 h 00 – Finnkino Itis 7
18.9. à 18 h 15 – Kinopalatsi 10
20.9. à 18 h 30 – Kinopalatsi 10
22.9. à 20 h 45 – Korjaamo Kino

JOSEP (2020)
Aurel

France/Espagne/Belgique – 71 min
Film d’animation
17.9. à 18 h 30 – Kino Engel 2
19.9. à 11 h 30 – Cinema Orion
20.9. à 21 h 00 – Korjaamo Kino
21.9. à 18 h 30 – Kino Engel 1
26.9. à 15 h 30 – Kino Engel 1

LA NUIT DES ROIS / NIGHT OF THE KINGS (2020)
Philippe Lacôte

Côte d’Ivoire/France/Canada/Sénégal – 93 min
17.9. à 18 h 30 – Kino Regina
18.9. à 21 h 00 – Kino Regina
19.9. à 20 h 00 – Finnkino Itis 7
22.9. à 14 h 15 – Bio Rex
23.9. à 21 h 00 – Korjaamo Kino
25.9. à 18 h 45 – Cinema Orion

GAGARINE – KIERTORADALLA (2020)
Jérémy Trouilh, Fanny Liatard

France – 98 min
17.9. à 19 h 00 – Kinopalatsi 2
25.9. à 16 h 00 – Bio Rex

LE DERNIER REFUGE / THE LAST SHELTER (2021)
Ousmane Samassekou
Mali/France/Afrique du Sud – 85 min
Documentaire
17.9. à 20 h 30 – Finnkino Itis 7
19.9. à 21 h 00 – Korjaamo Kino
20.9. à 20 h 30 – Maxim 2
23.9. à 21 h 00 – Tripla Bio Rex 4

SLALOM (2020)
Charlène Favier

France – 92 min
17.9. à 20 h 45 – Kinopalatsi 10
18.9. à 18 h 00 – Kino Engel 1
19.9. à 20 h 45 – Kinopalatsi 10
21.9. à 20 h 30 – Kino Engel 1
22.9. à 18 h 00 – Kino Engel 1


SEIZE PRINTEMPS / SPRING BLOSSOM (2020)
Susanne Lindon

France – 73 min
17.9. à 21 h 15 – Maxim 2
18.9. à 18 h 30 – Korjaamo Kino
22.9. à 21 h 00 – Tripla Bio Rex 4
26.9. à 14 h 45 – Maxim 2

CALAMITY (2020)
Rémi Chayé

France/Danemark – 85 min
Film d’animation
18.9. à 11 h 45 – Bio Rex
22.9. à 21 h 30 – Kinopalatsi 1
23.9. à 18 h 30 – Tripla Bio Rex 5
25.9. à 15 h 30 – Kinopalatsi 8
26.9. à 16 h 15 – Kinopalatsi 2

DEUX / YHDESSÄ (2019)
Filippo Meneghetti

Belgique/France/Luxembourg – 99 min
18.9. à 14 h 00 – Korjaamo Kino
20.9. à 18 h 30 – Korjaamo Kino

UN TRIOMPHE / SUURTA TEATTERIA (2020)
Emmanuel Courcol

France – 105 min
19.9. à 18 h 30 – Bio Rex
24.9. à 21 h 30 – Kesäkino Engel (séance en plein air)

LA NOIRE DE… / BLACK GIRL (1966)
Ousmane Sembène

Sénégal/France – 65 min
22.9. à 21 h 00 – Maxim 1
24.9. à 18 h 45 – Kino Regina
Lire l’entretien avec Ousmane Sembène accordé en avril 2006 lors de sa venue à Helsinki, invité de la Cinémathèque finlandaise (www.cinefinn.com)

ADN / PERINTÖ (2020)
Maïwenn

France – 90 min
23.9. à 21 h 00 – Bio Rex
25.9. à 21 h 30 – Kesäkino Engel (séance en plein air)

BERGMAN ISLAND (2021)
Mia Hansen-
Løve
France – 112 min
26.9. à 18 h 30 – Bio Rex
26.9. à 21 h 15 – Bio Rex

Retrouvez l’ensemble de la programmation :
http://www.hiff.fi

ESPOO CINÉ 2021

FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM ESPOO CINÉ
23-29 août 2021


La XXXIIe édition du Festival international du film Espoo Ciné se déroulera du 23 au 29 août et s’ouvrira cette année avec le dernier opus du réalisateur finlandais Juho Kuosmanen « Hytti nro 6 », récompensé du Grand Prix au tout dernier Festival de Cannes 2021. L’édition Espoo Ciné 2021 se déroulera cette fois-ci encore à l’automne, non par choix mais pour cause de pandémie, et offrira une tout aussi belle programmation que les éditions précédentes.

Le Festival a pour vocation de mettre en valeur divers talents cinématographiques européens et de faire découvrir des films du moment, parfois inédits en Finlande. Il projetera à cette occasion quelque 70 longs métrages, dont une dizaine de films français et francophones (voir liste ci-dessous).

Les projections se dérouleront dans les salles de Louhisali et du Kino Tapiola à Espoo, du Finnkino Omena à Matinkylä, du Finnkino Sello de Leppävaara ainsi qu’au Cinéma Orion au centre de Helsinki. « Herself / Sama nainen », de la réalisatrice anglaise Phyllida Lloyd, racontant l’histoire de Sandra qui a fui l’emprise de son ex-mari possessif et entreprend de construire sa propre maison pour elle et ses filles, clôturera le festival. 

Films français et francophones au programme du Festival Espoo Ciné :

9 JOURS À RAQQA / 9 DAYS IN RAQQA
Documentaire de Xavier de Lausanne
France (2020), 88 min – Interdit aux moins de 16 ans
Langues : arabe, anglais, français, kurde
Sous-Titres : anglais

LE FABULEUX DESTIN D’AMÉLIE POULAIN / AMÉLIE
Film de Jean-Pierre Jeunet
France / Allemagne (2001), 123 min
Langues : français, russe, anglais
Sous-titres : finnois, suédois

Aurinkoterassi, samedi 28 août à 22 h 00
Projection en extérieur, entrée libre / Ulkoilmanäytös, vapaa pääsy

BANSKY MOST WANTED
Documentaire de Aurélia Rouvier & Seamus Haley
France (2020), 82 min
Langues : français, anglais
Le 26.08. à 18 h 00 – Keran Hallit

(Karamalmintie 2, 02630 Espoo)

DE NOS FRÈRES BLESSÉS / FAITHFUL
Film de Hélier Cisterne
France / Belgique / Algérie (2020), 92 min
Langue : français avec sous-titres anglais

MÉDECIN DE NUIT / THE NIGHT DOCTOR
Film de Elie Wajeman
France (2020), 82 min – Interdit aux moins de 16 ans
Langues : français avec sous-titres anglais

LA MIF / THE FAM
Film de Fred Baillif
Suisse (2021), 110 min
Langues : français avec sous-titres anglais

I COMETE – A CORSICAN SUMMER
Film de Pascal Tagnati
France (2021), 120 min
Langues : français, corse avec sous-titres anglais

SEIZE PRINTEMPS / SPRING BLOSSOM
Film de Suzanne Lindon
France (2020), 73 min
Langues : français avec sous-titres anglais

LES SORCIÈRES DE L’ORIENT / THE WITCHES OF THE ORIENT
Film de Julien Faraut
France (2021), 100 min
Langues : japonais, russe, français
Sous-titres : anglais

Pour le programme complet, consulter :
http://www.espoocine.fi

Des Finlandais s’invitent à la 74e édition du FESTIVAL DE CANNES 2021

FESTIVAL DE CANNES – 74e édition
6 – 17 juillet 2021

Compartiment n° 6 (Hytti Nro 6) est un film finlandais réalisé par Juho Kuosmanen, sélectionné en compétition officielle au nombre des 24 films en lice pour la Palme d’or de cette 74e édition du Festival de Cannes.
Avec Seidi Haarla, Juri Borisov, Dinara Drukarova

C’est l’adaptation du roman éponyme paru en 2011 de la Finlandaise Rosa Liksom (Prix Finlandia) et édité en France chez Gallimard.

Synopsis
Une jeune Finlandaise prend un train à Moscou pour se rendre sur un site archéologique en mer arctique. Elle est contrainte de partager son compartiment avec un inconnu. Cette cohabitation et d’improbables rencontres vont peu à peu rapprocher ces deux êtres que tout oppose.

Juho Kuosmanen a été précédemment remarqué notamment avec son premier long métrage, Olli Mäki/Hymyilevä mies, qui avait remporté le Prix Un Certain Regard en 2016.
A NOTER LA DIFFUSION DE Hymyilevä mies dimanche 11 juillet à 16 h 25 sur la chaîne finlandaise TV2
REDIFFUSION SUR AREENA jusqu’à fin septembre 2021 :
https://areena.yle.fi/1-2895541

Avant Compartiment No 6, seulement 6 longs métrages finlandais avaient été sélectionnés en compétition officielle du Festival de Cannes :
Le temps des moissons/Elokuu (1956), de Matti Kassila
Coeur de feu/Tulipää (1980), de Pirjo Honkasalo et Pekka Lehto
Au loin s’en vont les nuages/Kauas pilvet karkaavat (1996), de Aki Kaurismäki
L’homme sans passé/Mies vailla menneisyyttä (2002), de Aki Kaurismäki
Les lumières de la ville/Laitakaupunginvalot (2006), de Aki Kaurismäki
Le Havre (2011), de Aki Kaurismäki

Le jury des longs métrages en compétition sera présidé par le réalisateur, acteur, producteur Spike Lee. Son dernier film Blackkklansman (2018), Oscar de la Meilleure adaptation, sera diffusé sur ARTE le 14 juillet à 20 h 55 et le 15 juillet à 00 h 10. A noter l’excellente prestation de l’acteur finlandais Jasper Pääkkönen.

Les films en sélection officielle du Festival de Cannes 2021

  • Annette de Leos Carax (film d’ouverture)
  • Un héros d’Ashgar Farhadi
  • Tout s’est bien passé de François Ozon
  • Tre Piani de Nanni Moretti
  • Titane de Julia Ducournau
  • The French Dispatch de Wes Anderson
  • Red Rocket de Sean Baker
  • Petrov’s Flu de Kirill Serebrennikov
  • France de Bruno Dumont
  • Nitram de Justin Kurzel
  • Memoria d’Apichatpong Weerasethakul
  • Lingui de Mahamat-Saleh Haroun *
  • Les Olympiades de Jacques Audiard
  • Les intranquilles de Joachim Lafosse
  • La fracture de Catherine Corsini
  • Julie (en douze chapitres) de Joachim Trier
  • Hytti Nro 6 de Juho Kuosmanen
  • Haut et fort de Nabil Ayouch
  • Le genou d’Ahed de Nadav Lapid
  • Drive my car de Ryusuke Hamaguchi
  • Bergman Island de Mia Hansen-Love
  • Benedetta de Paul Verhoeven
  • L’histoire de ma femme d’Ildiko Enyedi
  • Flag Day de Sean Penn

Semaine de la critique

L’auteur-réalisateur Khadar Ayderus Ahmed, né à Mogadiscio en 1981, de nationalité finlandaise, a réalisé plusieurs court-métrages couronnés de succès, et The Gravedigger’s Wife/Guled & Nasra est son premier long métrage, le premier film finlandais à être sélectionné à la Semaine de la critique.

Le cinéaste d’origine somalienne Khadar Ayderus Ahmed filme Djibouti, lieu trop rare à l’écran dans The Gravedigger’s Wife. Un récit d’initiation qui narre la traversée du désert d’un homme pour sauver sa femme, atteinte d’une maladie des reins. 

CINEMA POUR LE CLIMAT

Invisible Demons du documentariste indien Rahul Jain, originaire de Delhi, est projeté dans la section spéciale Cinéma pour le climat.

Invisible Demons est un documentaire finlandais de 70 minutes sur les graves répercussions de l’expansion urbaine aveugle de Delhi et l’impact de la pollution de l’air et de l’eau sur la population la plus vulnérable de la mégapole.

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* A noter Lingui, les liens sacrés du réalisateur tchadien Mahamat-Saleh Haroun sélectionné en compétition officielle. Lingui (un mot tchadien qui signifie le lien) ouvre les portes de la compétition pour la troisième fois au cinéaste qui a décroché, en 2010, le prix du Jury pour Un Homme qui crie et présenté Grigris en 2013. Mahamat-Saleh Haroun a été également membre du jury présidé par l’acteur américain Robert De Niro en 2011. Auparavant, son deuxième long métrage Abouna (2002) avait été sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs.
Lire Entretien avec Mahamat-Saleh Haroun sur cinefinn.com

La 36e édition du FESTIVAL DU FILM DU SOLEIL DE MINUIT 2021… en ligne

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FESTIVAL DU FILM DU SOLEIL DE MINUIT DE SODANKYLÄ

17-21 juin 2021

Ô rage ! Ô désespoir ! Ô virus ennemi !
N’a-t-on donc attendu que pour cette infamie ?
Cet été, adieu aux nuits blanches de Laponie
Car point de Festival du soleil de minuit !

Mais, qu’on se le dise, le Festival de Sodankylä, organisé pour la première fois en 1986 et dont c’est la 36e édition, ne s’avoue pas pour autant vaincu. Le Festival aura bien lieu cette année en ligne, et le soleil de minuit sera… à l’horizon de votre salon (!)

Toutefois, dès à présent, vous pouvez retrouver la programmation du Festival sur le site :
wwww.msfilmfestival.fi
Liste des films et vente des billets à partir du 3 juin (billetterie accessible uniquement en Finlande)

Outre les légendaires débats du matin des non moins légendaires et prestigieux invités du Festival au cours de ces quelque dernières 35 années avec, entre autres, Jacques Demy, Chantal Akerman, Claire Denis, Robert Guédiguian et Bertrand Bonello, le Festival du soleil de minuit propose une soixantaine de films, dont certains français ou francophones :

DÉBAT AVEC JACQUES DEMY – 1987 (en français)
Réalisateur français
Jeudi 17 juin à 16 h 00

GLORIA MUNDI
Robert Guédiguian
France / Italie (2019), 1 h 46
Jeudi 17 juin à 18 h 30

DOCUMENTEUR
Agnès Varda
France / Etats-Unis (1981), 1 h 05
Documentaire
Jeudi 17 juin à 21 h 00

LES PARAPLUIES DE CHERBOURG / CHERBOURGIN SATEENVARJOT
Jacques Demy
France / RFA (1964), 1 h 31
Jeudi 17 juin à 23 h 00

LES SORCIÈRES DE L’ORIENT / THE WITCHES OF THE ORIENT
Julien Faraut
France (2021), 1 h 40
Documentaire
Langue : japonais / Sous-titres : anglais
Jeudi 17 juin à 23 h 00

DÉBAT AVEC ROBERT GUÉDIGUIAN – 2009 (en français)
Réalisateur français
Vendredi 18 juin à 9 h 00

A PAS AVEUGLES / FROM WHERE THEY STOOD
Christophe Cognet
France / Allemagne (2021), 1 h 50
Documentaire
Vendredi 18 juin à 12 h 00

ZOMBI CHILD
Bertrand Bonello
France (2019), 1 h 43
Vendredi 18 juin à 22 h 30

DÉBAT AVEC BERTRAND BONELLO – 2017 (en anglais)
Réalisateur français
Samedi 19 juin à 9 h 00
Retrouver sur ce site Entretien avec Bertrand Bonello (juin 2017)

HYGIÈNE SOCIALE / SOCIAL HYGIENE
Denis Côté
Canada (2021), 1 h 15
Samedi 19 juin à 15 h 00

AZOR
Andreas Fontana
Argentine / France / Suisse (2021), 1 h 40
Langues : français, espagnol, anglais / Sous-tires : anglais
Samedi 19 juin à 20 h 00

DÉBAT AVEC CHANTAL AKERMAN – 1991 (en français)
Cinéaste belge
DÉBAT AVEC CLAIRE DENIS – 2013 (en français)
Cinéaste française
Dimanche 20 juin à 9 h 00

BEAU TRAVAIL
Claire Denis
France (1999), 1 h 32
Langues : français, italien, russe / Sous-tires : anglais
Dimanche 20 juin à 12 h 00

LA FOLIE ALMAYER / ALMAYER’S FOLLY
Chantal Akerman
Belgique / France (2011), 2 h 07
Langues : français, anglais, khmer / Sous-tires : anglais
Dimanche 20 juin à 23 h 00

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PAR AILLEURS, LA CHAÎNE DE TÉLÉVISION CULTURELLE FINLANDAISE YLE TEEMA ET LE FESTIVAL DE SODANKYLÄ SE SONT ASSOCIÉS POUR VOUS PRÉSENTER TOUT L’ÉTÉ QUELQUES-UNS DES PLUS GRANDS FILMS JAMAIS RÉALISÉS  RIEN QUE DES CHEFS-D’OEUVRE !

RENDEZ-VOUS TOUS LES JEUDIS SUR TEEMA DU 27 MAI AU 21 JUIN À 21 h 00
Chaque film sera précédé d’une courte présentation.
Rediffusion de tous les films sur : areena.yle.fi

Sodankylän elokuvajuhlat online 17.-21.6.2021
« Sodankylän parhaat – 1987 » Yle Teema 27.5.-17.6.2021
« Sodankylän parhaat – 1987 » Kino Regina (HKI) 2.7.-7.8.2021

Le 3 juin
A Matter of Life and Death / Kysymys elämästä ja kuolemasta (Royaume-Uni – 1946)
Michael Powell
Ainutlaatuinen fantasian klassikko taistelulentäjästä, joka rakkauden voimalla aikoo huijata itse kuolemaa. O: Michael Powell & Emeric Pressburger. N: David Niven, Kim Hunter. (S)
Torstai 3.6. klo 21.00, Areenassa 90 päivää
Sodankylän parhaat

Le 10 juin
Down by Law (Etats-Unis – 1986)
Jim Jarmusch
Surullisen kaunis komedia työttömästä tiskijukasta, sutenööristä ja italialaisesta turistista, jotka joutuvat samaan selliin. (Down by Law/USA 1986) O: Jim Jarmusch. N: Tom Waits, John Lurie, Roberto Benigni. (12)
Torstai 10.6. klo 21.00, Areenassa 90 päivää
Sodankylän parhaat

Le 17 juin
La Chinoise / Kiinatar (France – 1967)
Jean-Luc Godard
Jean-Luc Godardin 1960-luvun Pariisiin sijoittama Dostojevski-sovitus ensi kertaa Suomen televisiossa! Viisihenkinen nuorisoradikaalien solu yrittää tehdä vallankumousta ja ottaa samalla yhteen keskenään aatteellisten erimielisyyksien merkeissä. (La Chinoise, Ranska 1967) N: Anne Wiazemsky, Juliet Berto, Jean-Pierre Léaud. (S)
Torstai 17.6. klo 21.00
Sodankylän parhaat

Pour consulter toute la programmation + billetterie :
https://msfilmfestival.fi

SUR NOS ÉCRANS avant la réouverture des salles prochainement !

Alors que les salles de cinéma ont été fermées de longs mois (pandémie oblige !) et sont sur le point de rouvrir prochainement à Helsinki, tout en sachant que rien ne remplacera jamais le grand écran, restent néanmoins les incontournables du petit écran qui, en termes de diversité, qualité et disponibilité, offrent de quoi se divertir !

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  • LOLA (1961)
    Un film de Jacques Demy
    Avec Anouk Aimée, Marc Michel
    Diffusion sur AREENA : https://areena.yle.fi/1-19465 (disponible jusqu’à fin juin 2021)

    Pour les nostalgiques du Festival de Sodankylä… et autres cinéphiles, à voir impérativement sur AREENA une vidéo de Jacques Demy à Sodankylä en 1987, invité du Festival du film du soleil de minuit – 10 minutes magiques !
    https://areena.yle.fi/1-50810867

À Nantes, la jeune Cécile, 14 ans, rencontre Michel, un aventurier qui repart en Amérique sans savoir que Cécile attend un enfant de lui. Des années plus tard, Cécile est devenue Lola, mi-danseuse, mi-entraîneuse à l’Eldorado, un cabaret du port de la ville. Elle est restée fidèle à l’amour du marin, et son petit garçon vit avec elle. Frankie, un marin de Chicago juste débarqué, lui rappelle le beau Michel, qui justement revient à Nantes, fortuné.

A voir également sur AREENA en rapport avec JACQUES DEMY :

  • LES PARAPLUIES DE CHERBOURG / CHERBOURGIN SATEENVARJOT (1964)
    Film de Jacques Demy
    Avec Catherine Deneuve, Nino Castelnuovo, Anne Vernon
    Palme d’or – Cannes 1964
    https://areena.yle.fi/1-92607 (disponible jusqu’à fin juin 2021)
  • MICHEL LEGRAND, SANS DEMI-MESURE / MICHEL LEGRAND, ELOKUVAMUSIIKIIN MESTARI (2018)
    Documentaire de Grégory Monro
    https://areena.yle.fi/1-50364551 (disponible jusqu’à fin 2021)
  • VARDA PAR AGNÈS / VARDA, AGNÈSIN SILMIN (2019)
    Le dernier film documentaire réalisé par AGNÈS VARDA qui nous a quittés en mars 2019
    https://areena.yle.fi/1-50268299 (disponible jusqu’à fin 2021)

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LES SÉRIES ET FILMS FRANÇAIS À VOIR SUR AREENA

  • COUP DE TORCHON / AURINGONPIMMENYS (1981)
    Un film de Bertrand Tavernier
    Avec Philippe Noiret, Isabelle Huppert, Stéphane Audran, Jean-Pierre Marielle (disponible
    https://areena.yle.fi/1-50361219 (disponible jusqu’au 17 juin)

    Lucien Cordier, unique policier d’une petite bourgade africaine, est un être faible. Sa femme le trompe, les proxénètes le provoquent ouvertement, le représentant de l’ordre est la risée du village. Rabroué par son supérieur, Lucien entre dans une folie meurtrière.

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MARIA BY CALLAS (2018)
Film documentaire de Tom Volf (France)
https://areena.yle.fi/1-4552082 (disponible jusqu’à fin mai)

« Il y a deux personnes en moi, Maria et La Callas… »
Maria Callas, la femme, l’artiste.
Montage d’archives exceptionnelles, enregistrements musicaux, images d’entretiens… Ce film documentaire de Tom Volf nous fait découvrir de nombreux documents inédits.

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LA GARÇONNE – KAKSOISELÄMÄÄ (2020)
Mini-série télévisée policière française en six épisodes de 52 minutes créée par Dominique Lancelot et réalisée par Paolo Barzman.

Rediffusions sur Areena jusqu’à fin juin 2021 :
https://areena.yle.fi/1-50724650

Paris dans les Années folles, Louise Kerlac (Laura Smet) est témoin du meurtre de Berger, un ami. Les tueurs sont des agents de l’État. Elle doit se cacher pour se protéger : elle se rend à la police pour se disculper, et prend l’identité de son frère jumeau…

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LES GRANDS MAÎTRES DE LA PEINTURE :

  • MATISSE VOYAGEUR, EN QUÊTE DE LUMIÈRE / MATISSE JA VALON LUMO (2020)
    Film documentaire de Raphaël Millet
    https://areena.yle.fi/1-50496936 (disponible jusqu’en août 2022)
  • RENOIR ET LA PETITE FILLE AU RUBAN BLEU / RENOIR JA TAULUN TARINA (2019)
    Film documentaire de Nicolas Lévy-Beff
    https://areena.yle.fi/1-50294245 (disponible jusqu’en 2022)
  • TOULOUSE-LAUTREC, L’INSAISISSABLE / TOULOUSE-LAUTREC, MONTMARTREN TAITEILIJA (2019)
    Film documentaire de Gregory Monro
    https://areena.yle.fi/1-50282039 (disponible jusqu’à décembre 2021)

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  • AMANDA (2018)
    Film de Mikhaël Hers
    Avec Vincent Lacoste, Isaure Multrier, Stacy Martin
    https://areena.yle.fi/1-50176599 (disponible jusqu’à mi-août 2021)
  • UNE HISTOIRE FINLANDAISE / SUOMEN TARINA RANSKALAISITTAIN (2017)
    Film documentaire de Olivier Horn
    https://areena.yle.fi/1-3703411 (disponible jusqu’en 2022)
    https://dailymotion.com/video/x7pbgqr (disponible aussi hors Finlande)
    (version originale en français avec sous-titres en finnois)
    Lire l’article UNE HISTOIRE FINLANDAISE de OLIVIER HORN (03.12.2017)

  • ISABELLE HUPPERT, MESSAGE PERSONNEL / LÄHIKUVASSA ISABELLE HUPPERT (2019)
    Dans un documentaire rare, réalisé par William Karel, l’actrice raconte son parcours artistique, mêlant souvenirs et anecdotes.
    https://areena.fi/1-50484152 (disponible jusqu’en 2022)
  • ALBERT CAMUS, L’ICÔNE DE LA RÉVOLTE / ALBERT CAMUS, IKUINEN KAPINOITSIJA (2020)
    Film documentaire de Fabrice Gardel et Mathieu Weschler
    https://areena.yle.fi/1-50591144 (disponible jusqu’à fin 2022)
  • LES PARAPLUIES DE CHERBOURG / CHERBOURGIN SATEENVARJOT (1964)
    Film de Jacques Demy
    Avec Catherine Deneuve, Nino Castelnuovo, Anne Vernon
    Palme d’or – Cannes 1964
    https://areena.yle.fi/1-92607 (disponible jusqu’à fin juin 2021)
  • MICHEL LEGRAND, SANS DEMI-MESURE / MICHEL LEGRAND, ELOKUVAMUSIIKIIN MESTARI (2018)
    Documentaire de Grégory Monro
    https://areena.yle.fi/1-50364551 (disponible jusqu’à fin 2021)
  • VARDA PAR AGNÈS / VARDA, AGNÈSIN SILMIN (2019)
    Le dernier film documentaire réalisé par AGNÈS VARDA qui nous a quittés en mars 2019
    https://areena.yle.fi/1-50268299 (disponible jusqu’à fin 2021)
  • LE HAVRE (2011)
    Film de Aki Kaurismäki
    https://areena.yle.fi/1-2133261
    (version originale en français avec sous-titres en finnois !)
    Lire ENTRETIEN AVEC AUBERI EDLER (12.06.2015) sur cinefinn.com)
    N. B. : VOIR TOUS LES FILMS DE AKI KAURISMÄKI SUR AREENA !
  • DERBY GIRL (2020)
    Mini-série télévisée française en 10 épisodes d’une vingtaine de minutes, créée par Nikola Lange et Charlotte Vecchiet.
    Genre : Comédie
    https://areena.yle.fi/1-50572799 (disponible jusqu’à décembre 2021)


    Retrouvez toute la programmation sur :
    https://areena.yle.fi/tv

La 9e édition de SEASON FILM FESTIVAL 2021

La 9e édition de SEASON FILM FESTIVAL, qui se déroulera cette année du 5 au 9 mai 2021 en salles et en ligne (en raison de la situation sanitaire), se situe dans le prolongement du Festival Artisokka – Helsinki Woman Film Festival (Artichaut), lancé en 2001. SEASON FILM FESTIVAL, bien que continuant d’offrir un lieu de reconnaissance à des réalisatrices, scénaristes, actrices du monde entier – cette année, les trois-quarts des films présentés sont réalisés par des femmes – et réservant une place particulière aux thématiques concernant les femmes, s’enrichit aussi d’autres films de qualité. Pour sa 9e édition, le Festival a sélectionné 17 longs métrages (dont 10 peuvent être visionnés en ligne), des œuvres pour la plupart originales dont les talents ont souvent été sinon récompensés, comme Promising Young Woman (Lupaava Nuori Nainen) de Emerald Fennel qui vient de remporter l’Oscar du Meilleur scénario original et Minari de Lee Isaac Chung récompensé de l’Oscar de la Meilleure actrice dans un second rôle, du moins remarqués et sélectionnés dans les festivals les plus prestigieux.

Au programme, entre autres, une sélection de films français et francophones :

SLALOM
Charlène Favier
France (2020), 92 min
Avec Marie Denarnaud, Jérémie Renier, Noée Abita
En ligne
Synopsis
Lyz, 15 ans, vient d’intégrer une prestigieuse section ski-études du lycée de Bourg-Saint-Maurice. Fred, ex-champion et désormais entraîneur, décide de tout miser sur sa nouvelle recrue. Galvanisée par son soutien, Lyz s’investit à corps perdu, physiquement et émotionnellement. Elle enchaîne les succès mais bascule rapidement sous l’emprise absolue de Fred…

DEUX / YHDESSÄ
Filippo Meneghetti
Belgique / Luxembourg / France (2019), 99 min
Avec Léa Drucker, Martine Chevallier, Barbara Sukowa
Le 08.05. à 14 h 00 – Bio Rex
Le 08.05. à 14 h 00 – Tennispalatsi 9
Le 08.05. à 14 h 00 – Cinema Orion
Le 08.05. à 14 h 15 – Tennispalatsi 10
Le 08.05. à 16 h 15 – Cinema Orion

Synopsis
Nina et Madeleine sont profondément amoureuses l’une de l’autre. Aux yeux de tous, elles ne sont que de simples voisines vivant au dernier étage de leur immeuble. Au quotidien, elles vont et viennent entre leurs deux appartements et partagent leurs vies ensemble. Personne ne les connaît vraiment, pas même Anne, la fille attentionnée de Madeleine. Jusqu’au jour où un événement tragique fait tout basculer…

FAMILLE NUCLÉAIRE
Faustine Crespy
Belgique (2020), 19 min
Court métrage regroupé sous le titre IHME ÄIDIT (FORMIDABLES MÈRES)
Le 09.05. (jour de la Fête des Mères !) à 14 h 00 – Bio Rex

A LA MER POUSSIÈRE
Héloïse Ferlay
France (2020), 12 min
Court métrage regroupé sous le titre IHME ÄIDIT (FORMIDABLES MÈRES)
Le 09.05. (jour de la Fête des Mères !) à 14 h 00 – Bio Rex

Pour retrouver toute la programmation des films en salles et en ligne, consulter :
http://www.seasonfilmfestival.fi

UN OSCAR AU GRAND RETENTISSEMENT pour l’ingénieur du son NICOLAS BECKER dans « SOUND OF METAL »

Les Français récompensés à la 93e CÉRÉMONIE DES OSCAR 2021

Hormis le réalisateur français Florian Zeller, récompensé pour The Father (*) de l’Oscar du Meiilleur scénario adapté – sans oublier Anthony Hopkins sacré Meilleur acteur pour son rôle dans ce même film – et la productrice Alice Doyard pour Colette, Meilleur court métrage documentaire, un autre Français a été sacré à cette 93e cérémonie des Oscar : l’ingénieur du son et bruiteur Nicolas Becker, récompensé de l’Oscar du Meilleur son pour son impressionnante conception sonore du film Sound of Metal de Darius Marder.

Nicolas Becker a été deux fois lauréat du Golden Reel Award, et cet Oscar vient couronner une carrière d’une trentaine d’années au cours desquelles il a travaillé sur de nombreuses productions des deux côtés de l’Atlantique, notamment sur des films qui ont marqué le cinéma tels que La Haine (1995) de Mathieu Kassovitz, Le Pianiste (2002) de Roman Polanski, The Constant Gardener (2005) de Fernando Meirelles, 9 mois ferme (2013) d’Albert Dupontel ou encore Gravity (2013) d’Alfonso Cuarón et Arrival (2016) de Denis Villeneuve.

Nicolas Becker était également l’invité de la XXXIIIe édition du Festival du film du soleil de minuit de Sodankylä (Laponie finlandaise) qui s’est déroulé en juin 2018. A cette occasion, un ciné-concert a été organisé sous le grand chapiteau qui a réuni plus de 1500 spectateurs pour voir The Ring / Ratkaisu nyrkkeilykehässä, film muet réalisé par Alfred Hitchcock en 1927. Epaulé du bruiteur finlandais Heikki Kossi (Olli Mäki – 2016 / Ad Astra – 2019), Nicolas Becker a composé en direct derrière sa table de mixage (musique, sons, bruitages) une partition d’accompagnement unique et très originale, tissant ainsi un réseau de correspondances sonores et visuelles qui ont comblé les spectateurs.

Voir sur cinefinn.com : Les invités du Festival du film du soleil de minuit 2018

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« Sound of Metal »
Etats-Unis (2019), 121 min
Réalisé par Darius Marder
Avec Riz Ahmed, Olivia Cooke, Lauren Ridloff
Oscar 2021 du Meilleur son pour Nicolas Becker
Sortie le 26 mai, à 19 h 30 et le 28 mai, à 19 h 30 – Kino Tapiola

Premier long métrage de Darius Marder, Sound of Metal raconte l’histoire d’un musicien/batteur de heavy métal, incarné par Riz Ahmed, qui perd progressivement l’ouïe.

Un film où il est question de sons et de silences, une véritable expérience sonore qui confronte le spectateur dès l’ouverture du film à de puissants décibels pour le faire progressivement pénétrer dans l’univers ouaté mais inquiétant des sons en perdition jusqu’à une possible surdité.

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(*) « The Father »
Sortie en salles prévue le 13 août 2021

Coup de projecteur sur OLIVIER ASSAYAS

PERSONAL SHOPPER (2016)
Un film de Olivier Assayas
Avec Kristen Stewart, Lars Eidinger, Sigrid Bouaziz
Prix de la Mise en scène – Festival de Cannes 2016
FRII (Finlande) : Jeudi 29 avril à 21 h 00
FRII (Finlande) : Dimanche 2 mai à 23 h 00

Maureen, une jeune Américaine à Paris, s’occupe de la garde-robe d’une célébrité.
C’est un travail qu’elle n’aime pas mais elle n’a pas trouvé mieux pour payer son séjour et attendre que se manifeste l’esprit de Lewis, son frère jumeau récemment disparu.
Elle se met alors à recevoir sur son portable d’étranges messages anonymes…

Un film troublant qui, à l’époque, n’a pas fait l’unanimité des critiques et n’a pas vraiment suscité l’intérêt des spectateurs. Toutefois, « Personal Shopper » a été récompensé du Prix de la mise en scène au Festival de Cannes 2016. A chacun de se faire une opinion. Dans tous les cas, c’est un film qui ne laisse pas indifférent.

L’occasion également de découvrir les multiples facettes de cet amoureux du cinéma, notamment celui de Ingmar Bergman, dans l’entretien réalisé en 2018 lors de la XXXIIIe édition du Festival du film du soleil de minuit de Sodankylä.

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ENTRETIEN AVEC OLIVIER ASSAYAS… sous le soleil de minuit

OLIVIER ASSAYAS
Olivier Assayas, cinéaste français, était l’invité du Festival du film du soleil de minuit de Sodankylä (Finlande) qui s’est déroulé du 13 au 17 juin 2018. Présent au Festival en 2014, il revient cette fois pour conduire une Master Class et présenter l’oeuvre d’Ingmar Bergman dont on célèbre cette année le centenaire de la naissance. Olivier Assayas a eu la possibilité d’interviewer le maître suédois en 1990 et, suite à cette rencontre, il a tiré de ces entretiens un livre intitulé « Conversation avec Bergman ».
De la quinzaine de longs métrages qui ont fait sa renommée – entre autres « Irma Vep » (1996), « Demonlover » (2002), « Carlos » (2010), « Après mai » (2012), « Sils Maria » (2014), « Personal Shopper (2016) –, Olivier Assayas est également venu présenter « L’eau froide » (1994), son cinquième film récemment restauré, rare en projection, et qui est finalement, après 24 ans, distribué aux Etats-Unis. Témoin de sa génération, Olivier Assayas nous donne à voir déjà avec « L’eau froide », dans une ambiance musicale rock post-soixante-huitarde, ce qui deviendra son univers de prédilection, à savoir une jeunesse sentimentale, désorientée et insoumise.

Invité du Festival du film du soleil de minuit en 2014 pour présenter votre film « Sils Maria », vous repassez la ligne du Cercle polaire en cette année du centenaire de la naissance d’Ingmar Bergman pour nous parler du maître suédois que vous avez interviewé en 1990 et conduire, ici, une Master Class, à la suite de laquelle sera projeté un de ses films « Nattvardsgästerna » / « Les communiants » (1962). Au vu de votre actualité cinématographique, on se demande avec tous ces projets réalisés ou en cours de réalisation, comment vous avez pu trouver le temps de vous offrir une petite récréation, ici, à Sodankylä ?
Je suis venu, effectivement, en 2014 au Festival, et Sodankylä fait partie de ces festivals où on a l’impression que les gens aiment non seulement le cinéma, mais aiment le cinéma pour de bonnes raisons. Et, comme on se trouve dans un environnement assez simple, mais chaleureux, vivant et original, j’en avais, du coup, gardé un très bon souvenir. Et, cette fois-ci, il se trouvait que je venais de finir la restauration d’un de mes films des années 90 qui est « L’eau froide », un film qui avait été bloqué pendant des années pour des questions de droits, qui n’était jamais sorti et qui vient de sortir finalement aux Etats-Unis. Donc, le film est montré un peu à droite et à gauche, notamment, ici, à ce festival. Et, comme c’est un film qui est marqué, voire très marqué par l’inspiration de Bergman dans le sens où j’avais quand même à l’esprit un film comme « Monika » quand je faisais « L’eau froide » – enfin, très modestement –, ou disons que le personnage de Harriet Andersson dans « Monika » a beaucoup inspiré le personnage de Christine dans « L’eau froide », je trouvais que c’était une bonne occasion à la fois de montrer ce film dans un contexte qui lui ressemble et de parler de Bergman… D’autant plus que j’ai écrit un essai sur Bergman qui va être publié dans Film Comment, dans leur prochain numéro de Juillet-Août, pour essayer de réfléchir à la place de Bergman dans le cinéma contemporain.

L’un de vos premiers films « L’eau froide », qui n’a pas été présenté au public finlandais depuis des années, est donc projeté au cours de ce festival. « L’eau froide » est votre premier film à être sélectionné à Cannes en 1994 ; il raconte la révolte, la fugue de deux adolescents désorientés dans les années 70. Est-ce qu’il raconte aussi en partie votre histoire ? Quelle est la part de vous-même que vous investissez dans vos films en général ?
Qu’on soit autobiographique ou qu’on soit dans la fiction, je crois qu’on parle de soi-même : soit on parle des faits matériels de sa vie, soit on parle de ses propres fantasmes, de son imaginaire. L’un et l’autre, me semble-t-il, renvoient à des choses assez intimes d’une certaine façon. Disons que « L’eau froide » est un mélange des deux, mais peut-être que c’est un film plus directement autobiographique que d’autres films. C’est dans le sens où je l’ai tourné au lycée où j’allais, dans les paysages qui sont ceux de mon enfance. Je me suis vraiment inspiré aussi d’anecdotes, de circonstances de mon adolescence de cette période-là. Donc, il y a des choses qui sont très directes. Et il y en a d’autres qui sont tout à fait exceptionnelles, évidemment, pour en faire une histoire, mais le film est quand même constitué de toutes sortes de flashs un tout petit peu autobiographiques.

Quel est, des 17 longs métrages d’Aki Kaurismäki qui vont faire prochainement l’objet d’une rétrospective au Festival de La Rochelle fin juin, celui qui a votre préférence ?
C’est une question difficile. D’abord, pour ce qui est du Festival de La Rochelle, c’est intéressant parce qu’ils vont justement faire aussi une rétrospective de Bergman. Et, donc, le texte dont je parlais précédemment qui va paraître dans Film Comment, je l’ai écrit, à l’origine, comme une présentation pour la rétrospective de Bergman au Festival de La Rochelle. J’ai beaucoup d’admiration pour Kaurismäki ; j’aime beaucoup ce cinéaste. J’ai envie de dire que j’aime moins les films avec les Leningrad Cowboys, disons les films qu’il a fait un tout petit peu de la main gauche, ou même les films français auxquels je suis moins attaché. Mais j’aime tous ses films finlandais. Et même si je les mélange un tout petit peu, je les mélange avec la même admiration. Ses acteurs sont formidables. Par ailleurs, j’aime beaucoup la liberté avec laquelle il fait ses films. Et puis je trouve que sous son ironie très mordante, il y a en réalité une sensibilité, une humanité très profondes. Les films que je préfère de Kaurismäki me touchent beaucoup, notamment « Au loin s’en vont les nuages » (« Kauas pilvet karkaavat » – 1996).

Vous avez coécrit un livre avec le cinéaste suédois Stig Björkman intitulé « Conversation avec Bergman », résultat d’une rencontre et d’une longue interview en 1990. Dans quelles circonstances avez-vous rencontré Ingmar Bergman mais, avant cela, qu’est-ce qui a provoqué cette rencontre ?
A cette époque, en 1990, c’est quand même quelques années après « Fanny et Alexandre » (1982) ou « Après la répétition » (1984), et donc c’est à un moment qui correspond à une période de silence de Bergman qui durait déjà depuis plusieurs années. Le dernier entretien qu’il avait donné en France, c’était sa rencontre avec Serge Daney, au moment de la sortie de « Fanny et Alexandre », soit au début des années 80. Et donc, en 1990, Serge Toubiana, qui était directeur des Cahiers du cinéma à cette époque-là, avait, par l’intermédiaire de Stig Björkman, obtenu une sorte de grand entretien avec Bergman pour les Cahiers. Si Bergman avait rencontré Daney pour Libération début 80, on peut dire qu’un entretien pour les Cahiers du cinéma avec Bergman remontait à très loin. Et, à l’époque, Serge Toubiana, au lieu de proposer de faire cet entretien à l’un ou l’autre des rédacteurs de la revue, s’est dit qu’au fond ce serait peut-être plus intéressant que ce soit un cinéaste. J’avais, pour ma part, écrit pendant plusieurs années aux Cahiers du cinéma mais, à cette époque-là, j’avais déjà commencé à faire des films. Et, du moment où j’ai commencé à faire des films, j’ai cessé d’écrire sur le cinéma, bien sûr… encore que d’aucuns – mais cela reste des exceptions – ont moins de scrupules que moi ! Donc, j’avais fait deux films – « Désordre » (1986) et « L’enfant de l’hiver » (1989) – et Serge Toubiana m’a proposé de faire cet entretien avec Bergman. Il y a eu une sorte de coïncidence très frappante. En fait, je venais de faire mon second film où j’étais venu progressivement à comprendre qu’il y avait quelque chose du cinéma de Bergman qui, presque inconsciemment, me portait, dans le sens où j’avais choisi d’utiliser des personnages centraux féminins très forts et de filmer leurs visages un peu comme j’avais sans doute vu faire. D’une certaine façon, j’étais troublé par la façon dont Bergman s’était un peu invité, de façon presque inconsciente, dans ma manière de faire des films. Et je me suis dit, au fond, c’est peut-être le bon moment pour moi de me confronter à cette question-là. La rencontre s’est donc passée de la façon suivante : Bergman nous recevait trois après-midis de suite dans sa loge, au Dramaten – Théâtre national suédois – où il était en train de monter une pièce, je crois bien que c’était « Peer Gynt » d’Ibsen. On avait donc à peu près deux heures et demie en sa compagnie, trois après-midis de suite. Et assez vite j’ai dit à Serge Toubiana que cela me semblait plus intéressant d’en faire un livre. Donc, les éditions des Cahiers du cinéma ont publié le livre, et les bonnes feuilles de cet entretien ont été publiées par les Cahiers simultanément.

Comment s’est déroulé l’entretien et dans quelle langue ? Parlait-il bien français ou bien Stig Björkman en assurait l’interprétation ?
L’interview s’est déroulée en anglais, mais l’anglais de Bergman n’était pas parfait. C’est donc moi qui ai fait la transcription et la traduction en français. Je pense que ça ne pouvait pas être traduit de façon brute par quelqu’un qui n’aurait pas été sur place et qui n’aurait pas compris ce qu’il voulait dire. Donc, le fait que j’étais présent et que j’interprétais ce qu’il disait m’a permis d’être très fidèle à ses propos et à sa pensée. Et, de son côté, Stig Björkman a fait publier le livre en suédois, qui existe aussi en italien, en allemand, mais pas en anglais.

Olivier Assayas - MasterClass
Pourquoi ce choix des « Communiants » pour votre Master Class ?
Ce n’est pas moi qui ai choisi le film, mais le Festival. De toute manière, on m’aurait posé la question, j’aurais sans doute choisi « Les communiants » tout de même, parce que c’est un de ses très grands films, un de ses films les plus importants.

Le rôle des femmes est central dans l’oeuvre de Bergman et les personnages de femmes sont également souvent au centre de vos films. Quels sont les films de Bergman qui vous ont le plus marqué et en quoi ont-ils influencé votre travail ?
C’est ce que j’essayais de dire tout à l’heure, c’est-à-dire qu’il y a la figure de Harriet Andersson qui a fortement inspiré le personnage principal de « L’eau froide ». J’ai été hanté par la figure de Harriet Andersson dans « Monika ». Ce n’est pas seulement que cette figure-là a influencé ce film-là spécifiquement, c’est que vraiment, si je devais choisir dans l’histoire du cinéma la performance d’actrice qui m’a le plus impressionné, la présence cinématographique d’actrice qui m’a le plus marqué, c’est sans doute Harriet Andersson dans « Monika ». Je trouve qu’elle arrive à saisir quelque chose d’extraordinaire, d’unique dans une forme de rébellion adolescente mais, en même temps, avec quelque chose d’une humanité profonde. La façon dont Bergman le formulait, il disait : « La caméra l’aime ». Je ne sais pas s’il parlait de Harriet Andersson ou de quelqu’un d’autre mais, en tout cas, ça s’applique de façon frappante à Harriet Andersson. C’est quelqu’un qui a une présence cinématographique qui la dépasse, qui est au-delà de son propre talent, de sa propre personnalité. Donc, cela m’a certainement beaucoup marqué. Un autre film de Bergman qui m’a beaucoup marqué, c’est « L’heure du loup » qui n’est peut-être pas un des films que je préfère, mais je l’ai vu à 13 ans et ce film m’a fait peur, m’a beaucoup impressionné, et c’est resté avec moi. Pour ce qui est de « Scènes de la vie conjugale », que j’ai vu à 19 ans quand le film est sorti, il y avait pour moi l’évidence d’un chef-d’oeuvre absolu du cinéma. Je pense que c’est une oeuvre absolument unique, indépassable presque d’une certaine façon, une sorte de film-somme. Et puis, effectivement, « Les communiants » à cause de la figure du pasteur. C’est une sorte de résumé de la condition humaine moderne, de notre rapport à la métaphysique, et Bergman le saisit mieux que quiconque. Pour finir, je pense que « Fanny et Alexandre » est sans doute son chef-d’oeuvre ; c’est un film-somme aussi.

Connaissez-vous Jörn Donner, réalisateur finlandais mais aussi producteur de « Fanny et Alexandre » et avez-vous vu son récent documentaire « The Memory of Ingmar Bergman » constitué de fragments inédits de deux longues interviews réalisées en 1975 et 1997 (précisément le 14 juillet 1997 – jour de ses 80 ans) ?
J’en ai effectivement entendu parler mais je n’ai pas vu, hélas, son documentaire.

Margarethe von Trotta vient de réaliser également un long métrage documentaire « Searching for Ingmar Bergman » dans lequel vous intervenez et qui sortira en France en 2019. Que nous révèle ce documentaire que nous ne connaissions déjà ?
Je ne le connais pas non plus. J’ai fait, en effet, un entretien avec Margarethe von Trotta mais je n’étais pas à Cannes où le film a été montré.

A l’occasion de ce centenaire, participez-vous également à des hommages rendus à Ingmar Bergman, des manifestations organisées en France ou à l’étranger ?
Il va y avoir cette rétrospective à La Rochelle où je ne pense pas pouvoir me rendre parce que je ne serai pas à Paris à ce moment-là mais, encore une fois, j’ai écrit ce texte de présentation qui a quand même été intéressant pour moi parce que ça m’a permis de faire le point d’une certaine façon. Le texte s’appelle « Où en est-on avec Bergman ? » (*) où j’essaie un peu, de façon très personnelle, de comprendre au fond de quelle manière il est encore présent dans le cinéma contemporain.

Depuis votre dernière venue au Festival du soleil de minuit, en 2014, où vous présentiez « Sils Maria », vous avez réalisé « Personal Shopper » pour lequel vous avez remporté du Prix de la Mise en scène au Festival de Cannes 2016 – à noter que c’est votre première récompense à Cannes (hormis le Prix d’interprétation féminine pour Maggie Cheung dans « Clean » en 2004). Par ailleurs, vous avez écrit le scénario du dernier film de Roman Polanski « D’après une histoire vraie » qui est une adaptation du roman éponyme de Delphine de Vigan. Comment est née cette collaboration ?
Je ne connaissais pas personnellement Roman Polanski. On s’était croisés deux fois, mais on ne se connaissait pas du tout. Il se trouve qu’on a le même agent. Un jour, j’ai reçu un message de mon agent François Samuelson qui disait que Roman Polanski souhaiterait beaucoup travailler avec moi l’adaptation du roman « D’après une histoire vraie » de Delphine de Vigan. Cela m’a étonné dans le sens où un travail de scénariste, je n’avais pas fait ça depuis longtemps. J’avais fait ça, en fait, surtout avec André Téchiné dans les années 80, mais avant de faire des films moi-même, et donc, ça remontait à assez loin. Disons que, tout d’abord, ça m’a touché que Polanski me le propose, que ça vienne de ce cinéaste-là. Et puis, il y avait presque cette curiosité de savoir si j’étais encore capable d’écrire un scénario pour quelqu’un d’autre, de voir ce que ça allait donner et quel en serait le processus. Il se trouvait que j’avais le temps de le faire. Je ne connaissais pas du tout le livre, que j’ai lu et qui m’a beaucoup intéressé, je dois dire, même s’il m’a effrayé d’une certaine façon. Je l’ai trouvé à la fois douloureux et très dérangeant. J’ai eu le sentiment que, par certains côtés, le livre était très long, touffu, mais qu’il y avait peut-être moyen de se frayer un chemin. En tout cas, quand j’ai lu le livre, j’ai compris pourquoi il y avait besoin de quelqu’un pour l’adapter. Ça ne me semblait pas simple du tout mais, en le lisant, je voyais à peu près comment il y avait moyen d’en faire un film. Le bilan, c’est que j’ai eu beaucoup de plaisir à écrire et que le processus m’a intéressé, sauf qu’au bout d’un certain temps, évidemment, il y a le moment où je donne le scénario à Polanski qui a plutôt envie de faire un film de Polanski. Et donc, il prend le scénario, le retriture, le met à sa sauce, etc. et, même si je suis là pour l’aider et le fais volontiers avec lui, je continue à penser que ma version était plutôt mieux. Ce n’est sans doute pas vrai, mais néanmoins je me retrouve avec ce genre de frustration qu’on peut avoir quand on est scénariste et non pas réalisateur qui est de rester avec l’hypothèse que « peut-être j’aurais dû le faire moi-même », même si j’adore Roman et que je trouve que c’est un cinéaste de très grand talent. J’avais, pour ma part, écrit quelque chose de plus bergmanien et disons que Roman a tiré quelque chose de plus grinçant qui n’était pas dans mon adaptation.

Votre prochain long métrage « Doubles vies », que vous situez dans le monde de l’édition, sortira début 2019, avec de nouveau Juliette Binoche à l’affiche. Comment vous est venu le sujet de ce film qui met en scène un écrivain et un éditeur en prise avec les nouveaux codes de notre société ?
Du fait que je venais de faire deux films en anglais et que le prochain va être en anglais aussi et en espagnol, je crois qu’il y a eu une sorte de malaise, comme s’il y avait la nécessité de revenir à un film qui parlerait au temps présent. Et sans doute aussi parce que j’avais fait, avant « Sils Maria » et « Personal Shopper », deux films d’époque sur les années 70. Il m’a semblé donc qu’il y avait longtemps que je n’avais pas fait un film où je me confrontais au monde contemporain, à Paris, autour de moi. « Doubles vies » est vraiment un film d’acteurs, dans le sens où non seulement c’est écrit pour les acteurs – c’est écrit de ce point de vue-là comme du théâtre, un peu comme Bergman d’ailleurs, même si ce n’est pas un film si bergmanien que ça, enfin moins que d’autres que j’ai faits, car il y a un ton de comédie qui n’est pas celui de Bergman – mais c’est aussi un film d’acteurs dans le sens où j’ai vraiment eu la chance d’avoir tous les acteurs que je voulais dans l’option idéale. J’ai donc eu, d’une certaine façon, beaucoup de plaisir à les regarder et je crois qu’eux-mêmes ont eu beaucoup de plaisir à le tourner. Je pense que c’est un film assez libre, d’où se dégage une certaine légèreté, mais qui effectivement parle des questions qu’on se pose aujourd’hui autour de l’évolution, de la transformation du monde.

Huit ans après « Carlos » qui avait pour interprète principal Edgar Ramírez, vous faites de nouveau appel à cet acteur pour votre projet de film « Wasp Network ». Quelle est l’histoire de ce film et comment vous en est venue l’idée ?
C’est une histoire vraie qui est l’histoire d’un réseau d’espionnage cubain au début des années 90 qui a infiltré les organisations anti-castristes à Miami. En fait, c’est un projet qui m’est venu par mon producteur Charles Gillibert. Ce dernier avait rencontré un financier brésilien qui avait les droits de cet ouvrage « Os Últimos Soldados da Guerra Fria » du Brésilien Fernando Morais (disponible en anglais sous le titre « The Last Soldiers of the Cold War: The Story of the Cuban Five » – NDLR), qui est en fait un ouvrage journalistique qui raconte les faits de façon brute. Il m’a donc recommandé de le lire car il pensait que ça pouvait m’intéresser. Et, de fait, je l’ai lu et ça m’a beaucoup intéressé. J’ai trouvé que c’était très fouillis, mais j’avais le sentiment que les faits historiques, la façon dont ils étaient documentés, la possibilité de retrouver des sources, de faire un travail un peu d’historien, similaire au travail aussi que j’avais fait sur « Carlos », c’était quelque chose qui pouvait me correspondre, en tout cas qui m’excitait. Je me suis plongé dedans et ça s’est confirmé. Du coup, j’ai écrit ce film qu’on va tourner au début de l’année prochaine, dans les Caraïbes.

Qu’en est-il de votre projet « Idol’s Eye » avec, entre autres, Sylvester Stallone (Robert Pattinson, Rachel Weisz) ?
Aujourd’hui, il est plutôt programmé après « Wasp Network ». C’est un projet auquel je tiens et donc si le financement est là, après « Wasp Network », c’est le film que je fais.

Canal+ finançait pour une grande partie le cinéma français en attribuant 12,5 % de son chiffre d’affaires au pré-achat de films. Or, ayant perdu récemment les droits de retransmission de la Ligue 1 qui constituaient une manne pour la chaîne, pensez-vous que l’on peut craindre pour l’avenir du cinéma français ?
Il y a toutes les craintes à avoir. Pour ma part, je ne m’intéresse pas beaucoup à la politique du cinéma dans le sens où je ne la suis pas de près. Mon impression vue de loin et de façon très subjective, c’est que récemment Canal+ a été géré en dépit du bon sens. Donc, au fond, il y a la sanction du mauvais travail d’une équipe qui n’a pas su maintenir la position de Canal+ au coeur du cinéma français. Aujourd’hui, si ça s’arrête, se réduit ou se transforme, cela va être assez violent parce que tout d’un coup le cinéma français va se retrouver à se poser des questions métaphysiques, dans le sens où le cinéma ne marche plus tant que ça à la télévision, exception faite de certains blockbusters avec des stars comiques. Enfin, à part ça, on est plutôt un média qui est en déclin. Les subventions, certes elles existent, tout ça est assez solide, mais est-ce que ça suffit à financer des films ? Je n’en sais trop rien. S’il faut se baser sur un financement déterminé par la salle, la salle c’est, hélas pour 95 pour cent des films, une source de recettes relativement secondaire. Quand je dis que je ne m’intéresse pas à la politique, je vais être obligé de m’y intéresser dans le sens où Canal+ a toujours été la variable d’ajustement des films français. C’est-à-dire qu’en général on réunit le financement et puis on va voir Canal+ et on leur dit ce qui nous manque. Après, eux, ils font la jonction souvent. S’il n’y a plus personne pour faire ça, y compris s’il n’y a plus la volonté politique de faire ça, et là je ne parle pas des films de Danny Boone, je parle de films qui sont plus compliqués à monter, qui sont des films d’auteur, des films qui créent la notoriété ou le prestige du cinéma français à l’étranger, s’il n’y a donc plus la volonté politique que ces films-là existent, sans Canal+, ça ne va pas être simple. Pour ma part, cela fait un moment que je suis un peu à l’écart de ça, c’est-à-dire que comme je fais des films qui sont un peu atypiques, qui sont souvent en anglais, j’ai de ce fait très peu accès au financement du cinéma français. Dans ces cas-là, comme pour mes deux derniers films, Canal+ est présent aussi mais pas du tout au niveau où ils sont présents dans le cinéma français, parce que comme ce sont des films en anglais, ce sont d’autres quotas, d’autres financements. Je dirais que sur un film comme « Sils Maria » ou « Personal Shopper », on a à peu près un tiers de ce qu’ils mettraient sur un film normal français et, par ailleurs, on n’a droit à aucun des autres financements du cinéma français, c’est-à-dire ni SOFICA, ni crédit d’impôt, ni avance sur recettes du fait que ce n’est pas en langue française. Donc, du coup, cela fait quand même un moment, des années que je travaille et que je fais vivre mes films dans un système qui n’est pas celui du cinéma français. Et je m’en réjouis parce que, si c’était le cas, c’est vrai qu’aujourd’hui je me poserais plus de questions que je ne m’en pose.

Le fait de tourner dans une langue étrangère, comme dans vos deux derniers films « Sils Maria » et « Personal Shopper », n’a jamais, semble-t-il, été un obstacle – sans doute parce que vous parlez vous-même plusieurs langues. Quels sont les avantages et les désavantages de tourner à l’étranger ?
Le fait d’être à l’aise avec une langue étrangère facilite, entre autres, la communication avec les acteurs. Mes films – et parfois ça m’énerve un peu – sont présentés comme des films importants dans le rayonnement du cinéma français. Et quand j’entends ça, ça me crispe un peu. Certes, je m’en réjouis… néanmoins, quand l’essentiel du cinéma français est subventionné et aidé, il se trouve que, moi, je ne le suis pas.

Quels sont vos autres projets ? On suppose que pour occuper votre temps libre, vous avez sûrement aussi un livre en cours d’écriture (!?)
En plus, oui. Mais ça n’a rien ou peu à voir avec le cinéma… et ça nous mènerait un peu loin. Donc, pour ce qui est des projets cinématographiques, c’est surtout « Wasp Network ». Par ailleurs, ce que je suis en train de faire, qui n’est pas littéraire mais qui a à voir avec une passion personnelle, c’est à nouveau la restauration des films de Guy Debord. Je m’étais, en effet, déjà occupé de la restauration de ses films quand j’avais « chapeauté » leur réédition, leur restauration et leur édition en DVD dans un coffret Gaumont. Aujourd’hui, on fait la numérisation 4K des films pour avoir des DCP (Digital Cinema Package : format de la projection numérique – NDLR), pour pouvoir les projeter dans les meilleures conditions possibles et je supervise aussi la traduction anglaise des films qui n’ont jamais été disponibles en anglais. Cela fait des années que j’essaie de trouver la façon de le faire car ils sont très difficiles à traduire. Et donc, finalement, avec l’aide des « Films du losange », j’y suis arrivé.

Propos recueillis par Aline Vannier-Sihvola
Sodankylä, le 15 juin 2018

(*) Texte de présentation de la rétrospective Ingmar Bergman (1918-2007) au Festival de La Rochelle : « Où en est-on avec Bergman ? », texte signé Olivier Assayas
https://festival-larochelle.org/fr/festival-2018/retrospective-ingmar-bergman

Coup de projecteur sur LA TORTUE ROUGE / THE RED TURTLE, film d’animation de MICHAËL DUDOK DE WIT

LA TORTUE ROUGE / THE RED TURTLE
Michaël Dudok de Wit

France / Belgique / Japon (2016), 81 min
Film d’animation – une fable écologique et poétique sans paroles
TV5 (Finlande) : mercredi 28 avril à 14 h 10
OCS Max (France) : lundi 26 avril à 22 h 05 / mercredi 28 avril à 19 h 15

A cette occasion, lire l’entretien avec Michaël Dudok de Wit, invité du Festival international du film Espoo Ciné en mai 2017.

RENCONTRE AVEC MICHAËL DUDOK DE WIT

Michael Dudok de Wit
Michaël Dudok de Wit, réalisateur néerlandais, est venu présenter ce printemps « La tortue rouge », son premier long métrage d’animation, à l’occasion de la XXVIIIe édition du Festival international du film Espoo Ciné (5-14 mai 2017). Le film raconte les grandes étapes de la vie d’un être humain à travers l’histoire d’un naufragé sur une île déserte tropicale peuplée de tortues, de crabes et d’oiseaux. « La tortue rouge » est un véritable poème cinématographique qui s’impose par sa pureté et son innocence.
« La tortue rouge » est une histoire sans paroles, toutefois la bande son est extrêmement sophistiquée, grâce à un mélange étudié de bruitages et de musiques.

Célèbre dans le monde de l’animation pour ses deux précédents courts métrages « Le moine et le poisson » (sorti en 1994 – César du Meilleur court métrage en 1996) et « Père et fille » (sorti en 2000 – Oscar du Meilleur court métrage en 2001), Michaël Dudok de Wit n’en a pas moins démérité avec « La tortue rouge », Prix spécial « Un certain regard » au Festival de Cannes 2016 et nommé aux Oscar ainsi qu’aux César 2017 comme Meilleur film d’animation.
Outre Isao Takahata (du studio Ghibli – co-producteur du film) qui a prodigué avis et conseils mais a laissé une entière liberté à Michaël Dudok de Wit, le scénario a bénéficié de la contribution de la réalisatrice française Pascale Ferran.

Suite à la projection de « La tortue rouge » dans le cadre du Festival Espoo Ciné, une master class a été conduite sur le making of du film par Michaël Dudok de Wit. A l’issue de cette master class, le réalisateur a répondu à quelques questions en français.

La tortue rouge dessin

Combien de dessins avez-vous réalisés au total et combien en avez-vous gardés pour la version finale du film ?
Cela ne fonctionne pas comme ça, car le dessin est décomposé en plusieurs parties. Ce n’est pas comme un dessin qui serait fini à chaque fois. Par tradition, en animation, on dessine bien plus que ce que l’on peut voir à l’écran au final.
Une partie énorme de dessins n’est pas retenue et se retrouve en quelque sorte jetée à la poubelle. Au moins 3 fois plus que ce que l’on voit à l’écran. En moyenne, pour ce film d’animation, il faut compter 16 à 18 images par seconde.

Comment se fait-il que, pour l’écriture du scénario, vous ayez requis la collaboration de la cinéaste Pascale Ferran qui n’est pas particulièrement versée dans l’animation ?
C’était plutôt pour l’histoire, pour l’adaptation de l’histoire. Elle était fascinée. Pour elle, c’était étonnant de faire le montage avant le tournage. Par ailleurs, elle s’y connaissait en animation. Elle avait vu pas mal de films japonais aussi. En fait, c’est Pascal Caucheteux, mon producteur de Why Not Productions, qui l’a contactée et lui a demandé si le projet l’intéressait. Nous nous sommes alors rencontrés et c’est ainsi qu’a commencé notre collaboration sur « La tortue rouge ».

Comment la France se retrouve-t-elle impliquée dans ce film ?
C’est une coproduction surtout franco-japonaise. Il y avait beaucoup d’argent français. La France s’est donc ainsi retrouvée impliquée dans ce film pour deux raisons : il y avait beaucoup de talents et une grande partie du budget était français. Mais on a aussi travaillé sur une partie du film en Wallonie.

Etes-vous dessinateur avant d’être cinéaste ?
Dessinateur, je l’étais déjà enfant ; je faisais des petites BDs. En fait, j’aime les deux ; j’aime dessiner mais ça doit aboutir à quelque chose. J’ai étudié l’animation, et c’est seulement en m’attelant à la tâche, par la pratique que j’ai appris le langage du cinéma, le côté narratif.

Aline Vannier-Sihvola
Propos recueillis en français – Helsinki, mai 2017